Une nouvelle ONG basée à Jérusalem veut aider les Juifs en détresse partout où elle le pourra. Ses fondateurs ? Des hommes d’affaires belge, américains et israéliens qui ambitionnent de dépoussiérer le secteur de l’humanitaire juif.
A première vue, la réunion qui se déroulait mardi soir dans un immeuble de bureaux jouxtant le palais de justice de Tel-Aviv ne présentait aucun caractère extraordinaire : dans une salle de conférence sans cachet, des businessmen venus d’horizons divers discutaient de choses et d’autres, en attendant qu’un avocat, qu’un comptable, et qu’une nuée de secrétaires leur apportent des papiers à signer.
Pourtant, ceux qui se trouvaient là ne s’étaient pas déplacés pour gagner de l’argent mais… pour en donner. En effet, à l’appel de l’homme d’affaires belgo-israélien Elie Renous et de son associé Moshé Baks, le fils d’un ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, les participants ont donné naissance à une nouvelle ONG internationale baptisée « Tzedek lelo gvoulot » (Justice sans frontières). Basée dans un immeuble classé appartenant à la mairie de Jérusalem, cette organisation entend apporter une aide concrète aux membres de communautés juives en difficulté qui la solliciteraient. Aux personnes âgées ou isolées dans les pays du Caucase, par exemple, mais également aux Bneï Menashé, ces Juifs du nord-est de l’Inde qui affirment descendre de l’une des douze tribus perdue, ou encore aux Juifs d’Amazonie.
« Nous sommes des hommes d’affaires, donc des gens plongés dans l’action quotidienne qui ont appris à saisir la balle au bond en évitant les pesanteurs administratives », explique Elie Renous. « Ces méthodes, nous allons les appliquer au secteur de l’humanitaire, afin que l’aide soit plus rapide, mieux ciblée, plus efficace ». Et de poursuivre : « Nous sommes parfaitement conscients qu’il existe d’autres organismes et associations poursuivant le même objectif, mais elles sont soit directement liées à Israël ou à de gros appareils bureaucratiques rongés par la politique. Ce ne sera pas le cas à « Tzedek lelo gvoulot », puisque nous travaillerons avec une infrastructure légère et professionnelle ».
Elie Renous et Moshé Backs dirigent « 3A connection Ltd », une entreprise internationale notamment active dans les secteurs de l’ingénierie, de l’agriculture et du développement vert.
Perpétuer l’héritage juif
D’autres co-fondateurs de l’ONG sont actifs dans le domaine de la finance. Ils ont donc les reins solides et ont décidé d’affecter une partie des bénéfices de leurs affaires respectives à faire le bien. « Il ne s’agit pas de tenter de nous donner une belle image sociale », assène Renous. « Nous pensons simplement que le fait de réussir dans les affaires ne doit pas nous empêcher de partager et d’être à l’écoute de l’autre. C’est un aspect important de l’héritage juif que mes associés et moi tenons à perpétuer en agissant comme nous le faisons ».
Quoi qu’il en soit, les projets de l’ONG sont ambitieux. Ceux-ci prévoient notamment de faire « adopter » des personnes malades ou isolées par des familles de donateurs qui entretiendraient des relations directes avec leur « filleul ». En préparation également, la construction en Israël de plusieurs homes pour personnes âgées.
Pour l’heure, cinq « adoptions » sont déjà en cours et leur nombre devrait atteindre une trentaine en 2015. Durant la même année, une délégation de « Tzedek lelo gvoulot » se rendra d’ailleurs en Inde, pour y rencontrer des Bnei Menashé. D’autres missions se dérouleront en Europe de l’Est, mais aucune date précise n’a encore été fixée.
« Nous aiderons également nos « filleuls » s’ils décident de s’installer en Israël », promet Renous. « Bien sûr, nous n’envisageons pas de concurrencer l’Agence juive ou n’importe quel autre organisme. Plutôt de travailler à notre rythme et à notre manière, avec nos propres critères ».
Les ASBL et autres fondations caritatives pullulent en Israël, ainsi que dans la Diaspora. Mais « Tzedek lelo gvoulot » est la première du genre et ses initiateurs promettent que l’on entendra souvent parler d’elle.
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