Une dizaine de milliers de personnes se sont rassemblées dans la soirée du 1er novembre 2014 à Tel-Aviv pour commémorer le 19e anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin. « Revenir sur la place et ramener l’espoir » était le mot d’ordre de la manifestation du souvenir organisée cette année par l’Initiative israélienne pour la paix, une organisation présidée par Yuval Rabin, le fils du Premier ministre assassiné en 1995.
L’ancien président de l’Etat d’Israël et ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Rabin entre 1992 et 1995, Shimon Peres, a ouvert la cérémonie en rappelant que « la paix était le but ultime d’Israël ».
« Il y a ceux qui ont fait du mot ‘paix’ un terme péjoratif, et il y a ceux qui considèrent les partisans de paix comme des gens qui délirent », a déploré Shimon Peres. « Je le dis clairement aujourd’hui : ce sont ceux qui ont renoncé à la paix qui délirent ». Et d’ajouter ensuite : « Ceux qui ont renoncé à chercher à faire la paix sont des naïfs, qui vivent dans l’illusion et ne sont pas patriotes ».
« Nous avons toutes sortes de gens soi-disant intelligents qui parlent de gérer le conflit au lieu de la paix. Regardez ce qui est arrivé à Gaza durant l’été et ce qui se passe à Jérusalem dernièrement. C’est à cela que ressemble la gestion du conflit », a lancé Shimon Peres dans son discours (le premier discours public depuis son départ de la présidence en juillet 2014).
« Il est dommage que la seule initiative de paix soit arabe », a souligné Shimon Peres. « Où est l’initiative de paix israélienne ? (…) ». Shimon Peres faisait évidemment référence au plan de paix de l’Arabie saoudite, plus connue aujourd’hui sous le nom d’Initiative arabe. Ce plan de paix propose la normalisation des relations entre tous les pays arabes et Israël, en échange du retrait israélien des territoires occupés depuis 1967.
Cette allusion est importante, car cette soirée d’hommage à Yitzhak Rabin était organisée par l’Israeli Peace Initiative (Initiative isarélienne pour la paix), au sein de laquelle on trouve d’anciens officiers supérieurs de Tsahal, ainsi que d’anciens responsables des services de sécurité, tels que Yaakov Peri (directeur du Shin Beth entre 1988 et 1994 et actuel ministre des Sciences) ou Danny Yatom (directeur du Mossad entre 1996 et 1998).
Créée en 2011 pour encourager les dirigeants israéliens à formuler une contre-proposition exhaustive à l’Initiative de paix arabe, proposée par l’Arabie saoudite en 2002, approuvée par la Ligue arabe cinq ans plus tard et reformulée à plusieurs reprises, l’Israeli Peace Initiative appelle donc les autorités israéliennes à considérer les termes de l’Initiative de paix arabe comme une base à des négociations, tout en formulant des contre-propositions.
Cette initiative israélienne est aujourd’hui présidée par l’homme d’affaires israélien Yuval Rabin, le fils du Premier ministre assassiné. Présent à la cérémonie d’hommage à son père, il a tenu a indiquer les raisons pour lesquelles l’implication des Etats arabes est essentielle : « L’Autorité palestinienne devra prendre des décisions extrêmement difficiles. Ils ne peuvent pas faire de compromis au sujet de Jérusalem ou sur le droit de retour sans un large soutien panarabe ».
« Je pense qu’Israël a abandonné la voie diplomatique pendant la majeure partie des 19 ans qui ont suivi l’assassinat de mon père », a expliqué Yuval Rabin. « Notre absence laisse un vide qui sera forcément rempli par d’autres initiatives, et par des choses que l’on ne peut pas deviner, comme les Intifada et d’autres activités violentes ».
Dix-neuf ans après cet assassinat qui a également tué le processus de paix engagé à Oslo, la famille de Yigal Amir n’exprime toujours aucun regret. Pire, l’assassin de Rabin a de grands espoirs d’être gracié et libéré. L’année dernière, l’ancien Président de l’Etat d’Israël, Shimon Peres, avait déclaré que Yigal Amir devait servir la totalité de sa peine : « Le meurtrier ne sera jamais pardonné ». Yigal Amir (44 ans) purge une peine à perpétuité pour l’assassinat qu’il a commis. Hagaï Amir, le frère de l’assassin et son principal complice, a quant à lui surpris l’opinion publique en déclarant dans un reportage diffusé le 24 octobre sur la deuxième chaîne de télévision israélienne que la solution à deux Etats doit être poursuivie, même s’il n’exprime aucun regret en ce qui l’assassinat d’Yitzhak Rabin.
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