Fin de partie pour Sodastream en Cisjordanie

Pour le mouvement pro palestinien BDS (boycott désinvestissement et sanctions), c’est une victoire. Pour Sodastream, il s’agit d’une décision purement commerciale…

 

En tout état de cause, le fabricant israélien de machines à gazéifier vient d’annoncer son intention de fermer « par étapes d’ici à fin 2015 » son unité de production de Mishor Adoumim, une zone industrielle située à quelques kilomètres à l’Est de Jérusalem, en Cisjordanie. Le groupe, qui va également se séparer de son usine d’Alon Tavor (près de Nazareth), compte transférer ces activités dans son nouveau site israélien de Lehavim (situé dans le Néguev, dans le sud du pays), lequel a commencé à fonctionner en mai dernier. Des mesures qui font partie d’un « plan de croissance » visant à restaurer l’efficacité opérationnelle de la société.

Il n’empêche. En renonçant à son usine de Mishor  Adoumim, Sodastream met fin à plus d’un an de polémique. Depuis l’annonce d’un contrat de promotion passé début 2014 avec l’actrice Scarlett Johansson, la marque a été sous le feu des critiques. La star américaine a dû dans la foulée démissionner de son poste d’ambassadrice de l’ONG Oxfam International, hostile à la colonisation israélienne en Cisjordanie Et Sodastream n’a cessé de se faire reprocher l’existence de cette usine controversée. Le PDG de la compagnie, Daniel Birnbaum, avait pourtant fait valoir à ses détracteurs que l’unité de Mishor Adoumim, l’une de ses 22 usines du groupe, se présentait comme un « modèle de coexistence » employant 500 Palestiniens sur un total de 1.300 employés.

Il avait expliqué que ces travailleurs étaient rémunérés à égalité avec leurs collègues juifs ou arabes israéliens, à un niveau de salaire trois à quatre fois plus élevé que celui proposé dans l’Autorité Palestinienne. Mais le patron de Sodastream avait dans le même temps reconnu que sa localisation, non loin du bloc de colonies de Maale Adoumim, était « une épine dans le pied ». La zone a beau faire partie du « consensus israélien », à savoir d’un ensemble de territoires qu’il est exclu d’intégrer dans le périmètre d’un futur Etat Palestinien, elle est de nature à porter ombrage à une société implantée dans 45 pays et cotée au Nasdaq.

Employés réaffectés

D’autant que le spécialiste de boissons faites maison traverse une phase délicate. « Après sept années consécutives de croissance à deux chiffres, la tendance s’est interrompue », a fait valoir mercredi dernier la direction de Sodastream qui a encore revu à la baisse ses prévisions de résultats annuels. Reste à savoir si le mouvement BDS sera à même d’exploiter l’affaire Sodastream pour faire avancer sa cause. « Notre mouvement a progressivement affecté la réputation de Sodastream sur le plan international. La pression exercée a eu un impact sur les détaillants de la marque en Europe et en Amérique du Nord, ainsi que sur le cours de Bourse du groupe qui a plongé ces derniers mois », a affirmé Rafeef Ziadah, la porte-parole de BDS, dans un communiqué.

Une explication que récuse totalement le célèbre fabricant de machines à sodas. La société compte du reste proposer une solution de continuité à ses employés palestiniens. « Nous avons demandé aux autorités israéliennes de nous fournir des permis de travail afin de permettre à ces employés de rejoindre les rangs des effectifs de Lehavim », a indiqué Daniel Birnbaum, le PDG de Sodastream. Une implantation industrielle pour laquelle le groupe a reçu une subvention de 20 millions de dollars du gouvernement israélien. 

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