Selon le magazine Forbes, le Premier ministre israélien n’est que la 26ème personne la plus puissante du monde. Serait-ce parce qu’il n’a plus la cote dans l’administration Obama?
Il faut être très clair sur la question : personne, absolument personne, n’éprouve le moindre intérêt pour les innombrables classements dont une certaine presse abreuve le public. Mais tout le monde y jette un œil, juste pour voir…
C’est sur ce constat que le magazine Forbes a fondé sa réussite* en publiant des listes annuelles de tout : les entreprises les plus performantes, les milliardaires les plus riches, les meilleures villes pour célibataires, les célébrités mortes qui rapportent le plus, etc.
Sans oublier le classement des personnes les plus puissantes du monde. Bien qu’il n’ait, lui non plus, aucune importance, voici, afin de vous éviter des clics inutiles, les cinq premiers : Vladimir Poutine, Barack Obama, Xi Jinping, le pape François et Angela Merkel.
C’est bien ce qu’on disait : à part leurs familles, qui cela intéresse-t-il ? Plus titillantes à cet égard sont les sous -listes dressées par les « communautaristes » : combien de femmes, d’Africains, d’homosexuels, d’Asiatiques… ou de Juifs dans cette liste ?
Nous non plus, on n’en à rien à faire mais on a tout de même louché sur cette dernière catégorie: Benjamin Netanyahou est 26ème. D’une part, ce n’est pas mal quand on sait que l’ONU compte quand même 193 pays. D’autre part, ce n’est pas terrible.
Il est battu par quatre autres personnalités juives : Janet Yellen (n° 6), présidente de la Réserve fédérale américaine, Sergey Brin (n° 9), cofondateur de Google, Mark Zuckerberg (n° 22), fondateur de Facebook et Michael Bloomberg (n° 23), ancien maire de New York.
Certains se consoleront en notant que le 1er Ministre israélien se trouve loin devant le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi (51e) et le « Calife » autoproclamé du soi-disant « Etat islamique » (54e)
Il y a aussi un point qu’il ne faut pas non plus négliger : Forbes est un magazine américain (ce qui explique sans doute que 26 de ces 72 personnalités les plus puissantes viennent des Etats-Unis) et cela fait un moment que B. Netanyahou n’a plus la cote à Washington.
On a encore pu le vérifier dans une interview accordée voici peu par de hauts responsables de l’administration Obama** au mensuel « The Atlantic ». Extraits : « Le truc avec Bibi, c’est que c’est une poule mouillée. (chickenshit) ».
« Le bon côté, c’est qu’il a peur de mener des guerres. Le mauvais, c’est qu’il ne fera rien pour arriver à un compromis avec les Palestiniens ou avec les pays arabes. La seule chose qui l’intéresse, c’est d’éviter une défaite politique ».
Certes, la Maison Blanche a réagi mais mollement : tout en qualifiant ces propos de « contre-productifs et inappropriés », son porte-parole a expliqué : « Parfois nous sommes en désaccord avec les actions du gouvernement israélien et nous devons exprimer nos inquiétudes »
Dans un tel climat, le Premier israélien devrait déjà s’estimer heureux d’être classé parmi les 30 premiers…
Une fois juif, toujours juif ?
Tout autre chose (quoique) : dans leur enthousiasme à ajouter des personnalités à leurs palmarès, les dresseurs de listes juifs flirtent parfois avec… l’antisémitisme.
Ainsi, le site « The Times of Israël » (en français) a-t-il jugé bon d’affirmer*** que le nouveau maire de Toronto, John Tory était « juif selon la halakha », ce qui fait de lui, le 4ème « des nôtres » à occuper cette éminente position****.
Explication : à la demande du Times of Israël , un généalogiste a découvert que sa grand-mère maternelle, Helen Yvonne Solomon était juive et donc… D’ailleurs, n’a-t-il pas promis, s’il était élu, de proposer un plan afin de financer les écoles religieuses et donc les juives ?
Léger souci : John Tory est membre de l’Eglise Unie du Canada, la 1ère église protestante du pays. Comme ses parents. Et comme la dite grand-mère qui s’est convertie dans les années 1920 lorsqu’elle a épousé le très calviniste Howard Bacon.
De même, leur fille Elizabeth s’est mariée avec le tout aussi protestant John A. Tory, de descendance écossaise. Dit autrement, le futur 65ème maire de Toronto, même s’il a ¼ de sang juif, est un protestant de la 3ème génération.
Mais, au Times of Israël, on semble avoir la même (sale) manie que les nazis ou le régime de Vichy : une fois juif, toujours juif. Pour l’heure, J. Tory n’est repris dans aucune liste de Forbes. Mais si ce bonheur lui advenait, on gagerait qu’il serait immédiatement catalogué comme juif par des esprits bien (ou mal) intentionnés…
*Forbes, est publié en 21 langues dans 63 pays. Il compte 6 millions de lecteurs aux Etats-Unis et 75 millions dans le monde.
*** http://fr.timesofisrael.com/le-nouveau-maire-de-toronto-membre-de-leglise-unie-est-juif/
**** Pour ceux que cela pourrait intéresser : le 1er a été Nathan Phillips de 1955 à 1962, le 2ème , Philip Givens (1963-1966) et le 3ème, Mel Lastman (1998-2003)
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