Zemmourisation ou FN-isation des esprits ?

La gauche a perdu… Deux ans et demi après le début du mandat de François Hollande, les Français sont lassés par la politique de leur président, une politique faite d’avancées qui se font attendre et de reculades trop nombreuses. Même remanié, le gouvernement socialiste dirigé par Manuel Valls continue de prendre le chemin de la cacophonie. Le message présidentiel est sans cesse brouillé, chaque jour amène sa bourde, son faux pas.

Qu’en est-il de la Droite ? Voyez Alain Juppé. Depuis quelques semaines, l’ancien Premier ministre est en ordre de bataille. Il prépare les primaires de son parti, rêve de « siéger » en 2017 au « Château » élyséen, à la même place que son ancien guide, Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy n’est pas en reste. Comme on pouvait le présager, l’ancien Président de la République a annoncé son retour. Depuis lors, comme depuis toujours, il fait preuve d’un fort pouvoir d’attraction et d’une détermination sans limites. Mais les affaires pourraient le limiter. D’ailleurs les sondages sont mauvais. On pouvait penser que la faillite socialiste allait profiter à la Droite, mais l’UMP patauge. Pourquoi ? Car l’extrême droite pousse l’UMP à prendre des positions toujours plus tranchées sur des grands sujets de société, mais également sur la question de l’immigration.

Il n’y a en fait qu’au Front National que l’on semble trouver une vraie dynamique. Nous en parlions ici même il y a plusieurs mois, Marine Le Pen a ripoliné la façade du parti de son père pour le transformer en une puissante entreprise de communication. Elle a écarté les éléments les plus extrémistes du parti, attiré des cadres rompus à l’exercice médiatique et intégré des jeunes pousses aux dents longues. Le résultat ? Une omniprésence médiatique qui, à force, commence à persuader la population française. En cette période de crise morale et économique, le FN commence à être perçu comme un recours… Derrière Louis Alliot, Florian Filippot, Marion Maréchal ou Marine Le Pen, qu’observe-t-on ? Le spectacle d’une opinion publique préparée par des éditorialistes toujours plus réactionnaires. Parmi ceux-ci, quelques Juifs dont on se demande quel idéal ils poursuivent… Ainsi, lorsqu’à des heures de grande écoute Eric Zemmour raconte les éventuels bienfaits du régime de Vichy, il manipule l’opinion et nombre d’esprits dépourvus des clés pour interpréter sa parole. Intellectuels, journalistes, citoyens engagés, il est de notre responsabilité de lutter contre cette réécriture de l’Histoire et ces dérives extrémistes. Problème : la communauté juive française en a-t-elle encore les moyens lorsque, de son plein gré, elle écoute les prêcheurs du pire et s’informe sur des sites et blogs communautaires colportant mensonges, exagérations et rumeurs ? Rien n’est moins sûr… 

]]>