Législatives du 17 mars : vers une coalition encore plus à droite ?

Après la dissolution du Parlement israélien entérinée aujourd’hui par la Knesset, la campagne électorale des prochaines législatives fixées au 17 mars 2015 a déjà commencé.

Moins de 24 heures après que Benyamin Netanyahou eut annoncé à grand fracas le limogeage de ses deux ministres centristes, Yair Lapid, le chef de file du parti Yesh Atid, aux Finances, et Tsipi Livni Justice, leader de la formation Hatnuah à la Justice, les paris sont lancés pour savoir à quoi ressemblera la 20e Knesset. A n’en point douter, le chef de file du Likoud, officiellement « exaspéré » par l’hostilité manifestée par ces deux partenaires de sa coalition, a fait ses calculs avant de demander la dissolution du Parlement, entérinée aujourd’hui par la Knesset.

« Bibi » qui brigue un quatrième mandat penche en effet pour une coalition gouvernementale associant ses « alliés naturels », la droite nationaliste, les sionistes religieux et les ultra-orthodoxes (relégués depuis vingt mois dans l’opposition). Alors que le résultat des élections de janvier 2013 lui avait imposé à l’inverse un attelage hétérogène formé de  cinq partis allant du centre à la droite religieuse, dont les tiraillements l’avait rendu « ingouvernable », selon ses termes. Le chef de l’exécutif n’est également pas sans savoir que les derniers sondages, dont ceux publiés hier soir, donnent une large majorité des sièges à une coalition de droite n’incluant pas de formations centristes.

Pour l’heure, le Likoud de Netanyahou est crédité de 22 à 24 sièges contre 18 actuellement (sur 120), le « Foyer Juif » de Naftali Bennett passerait de 12 à 16-17, Israel Beitenou d’Avigdor Lieberman reculerait à 10-12 mandats, tandis que Yesh Atid et Hatnuah subiraient une forte baisse, passant de 25 sièges à 14-15, selon les sondages. Considéré comme le plus probable, le scénario d’un glissement à droite, et d’une nouvelle victoire de Netanyahou, n’est toutefois pas le seul envisagé. « Il suffirait que le Likoud perde cinq sièges au profit d’un parti présentant une réelle alternative de centre droit, pour mettre un terme au règne de Netanyahou », estimait hier Ben Dror Yemini, un commentateur de Yediot Aharonot, pourtant peu suspect de sympathie pour le centre-gauche.

L’éditorialiste fait notamment référence à l’hypothèse d’une candidature de l’ex-ministre du Likoud, Moshe Kahlon, lequel est désireux de lancer un nouveau parti chassant sur les terres des classes moyennes (et de Yesh Atid). Bien qu’il ne se soit pas encore lancé officiellement dans la course, les sondages le créditent déjà de 10 à 12 sièges. Pour sa part, Chemi Shalev, du quotidien de gauche Haaretz, dressait ce matin la liste des « quinze raisons susceptibles de causer la défaite de Benyamin Netanyahou » aux prochaines élections. Le slogan tout sauf Netanyahou qui a fonctionné la dernière fois que Bibi a perdu en 1999 pourrait bien reprendre du service, avance le journaliste. « Après vingt-six ans en politique, quatorze comme membre du cabinet, neuf en en tant que Premier ministre, les Israéliens souhaitent du sang neuf ».

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