Quand le BDS verse dans l’antisémitisme crasseux.

Depuis sa création en 2005, le mouvement BDS (« Boycott, désinvestissement et sanctions ») vit dans l’ambiguïté. Il appelle à boycotter Israël de toutes les façons possible mais il n’a, en théorie, rien contre le pays lui-même. Et il n’est pas non plus antisémite. En théorie toujours.

De ce qu’il affiche, les actions du BDS visent seulement à ce que l’État juif cesse d’occuper –et coloniser- la Cisjordanie et qu’il accorde l’égalité des droits aux citoyens arabes israéliens.  Des objectifs qu’on peut ne pas apprécier mais qui n’en restent pas moins honorables.  

Sauf que le BDS a un 3ème but –qu’il met en général beaucoup moins en avant que les deux premiers : le respect du « droit au retour » des réfugiés palestiniens de 1948.  Qui constitue lui, un appel à peine déguisé à la destruction de l’État juif.

Et une idée que ne saurait accepter aucun Israélien ni aucun sioniste de Diaspora, fut-il, comme nous, pour la reconnaissance puis la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. BDS (à moins d’avoir clairement renoncé à cette dernière idée) est donc anti-israélien.

Ce qui n’en fait pas un mouvement antisémite pour autant. Ses dirigeants le répètent d’ailleurs avec régularité. En Europe du moins. Aux États-Unis, c’est une autre chanson.  Voyez la page Facebook « I Acknowledge Apartheid Exists » (« Je reconnais que l’apartheid existe »)

Déjà, le nom de la page (créée en mars 2013) est d’un humour douteux. C’est une partie d’une phrase soi-disant prononcée par une personnalité juive : « Je suis Dustin Hoffman (ou Woody Allen) et je reconnais que l’apartheid existe en Israël »

Partie sur de telles bases, la page, qui soutient à fond BDS et compte 91 000 « amis » utilise tous les moyens pour soutenir la cause palestinienne.  Comme, bien sûr, la comparaison entre Israéliens et Nazis.

Sauf que celle-ci est devenue si banale chez les ennemis d’Israël, y compris chez les plus excités des Juifs ultra-orthodoxes qu’on la remarque à peine. Pour mieux se faire remarquer, la page « Je reconnais… » a donc été plus loin dans la comparaison.

Elle a publié une photo « améliorée » de survivants squelettiques des camps de concentration portant des panneaux : « Israël assassins », « Arrêtez l’Holocauste à Gaza » et légendée : « Qu’est donc devenu le « Plus jamais ça » ?

Les nombreuses réactions indignées n’ont pas eu plus d’effet que les plaintes pour « contenu inapproprié ».  Facebook a répondu que cette image « ne contrevenait pas à ses règles ».  De fait, on n’y voyait pas un de ces bouts de sein qui déclenchent les alarmes à Palo Alto…

Quant aux responsables de la page, ils ont répondu : « Nous n’allons pas arrêter de poster des photos parce que certains ne les comprennent pas. Nous avons une leçon à faire passer. Si (…) nous cessions de poster parce que certains n’y comprennent rien, autant ne plus poster du tout »

Et pour être tout à fait bien compris, ils ont recommencé.  A nouveau, une photo de survivants, derrière des barbelés, cette fois, légendée « Le peuple juif comprend « Je ne peux plus respirer »*** De la Palestine à Auschwitz.

Juste en dessous un photo montage d’un soldat israélien étranglant un enfant palestinien légendée « Le peuple palestinien comprend « Je ne peux plus respirer »…   Bien sûr, ce ne sont que des crétins fanatiques.  Bien sûr, ce n’est pas l’ensemble du BDS.

Bien sûr, les dirigeants du mouvement ont déjà bien assez de soucis pour organiser leurs boycotts. Pourtant, on est assez naïf pour espérer que l’un ou l’autre prendra le temps de déplorer, de s’indigner voire de condamner ce qui se fait en leur nom. …Allô ? Non mais allô, quoi !

*Selon Wikipédia

**http://www.algemeiner.com/2014/11/28/bds-group-spreads-photoshopped-image-of-concentration-camp-inmates-holding-anti-israel-posters/

*** « Je ne peux plus respirer ! » : derniers mots d’Eric Garner, ce Noir de New York dont la mort, étranglé par un policier blanc, fait scandale aux États-Unis en ce moment  

 

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