Né d’un père kabyle et d’une mère catholique, l’acteur réalisateur français qui s’est converti au judaïsme voilà plus de douze ans est cette semaine de passage en Israël pour présenter son dernier-né, Supercondriaque.
Le comédien Dany Boon réussira-t-il son pari, celui de faire rire les Israéliens, avec Supercondriaque, son quatrième long-métrage derrière la caméra ? Une chose est sûre, l’acteur comique n’a pas hésité à prendre son bâton de pèlerin et à se rendre en Terre sainte pour défendre son « dernier-né ». Le réalisateur de Bienvenue chez les Ch’tis, le plus gros succès français de tous les temps avec 20 millions d’entrées, est cette semaine de passage en Israël – sa première visite « à titre professionnel ». Et ce, à l’occasion de la sortie de Hypoconder – Mavrik -titre hébraïque du film distribué par la société Eden Cinéma- ponctuée par plusieurs projections organisées en sa présence dans les cinémathèques de Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem.
Un « road show » qui prend forcément une tournure personnelle. De son vrai nom Daniel Hamidou, Dany Boon, né dans le nord de la France d’un père algérien kabyle, ex-boxeur devenu chauffeur routier, s’est en effet converti au judaïsme au début des années 2000. Et ce, à la suite de son mariage avec Yaël Harris, avec laquelle il a eu trois enfants, Eytan, Elia et Sarah. « Pour la cérémonie, ma mère qui est catholique a brodé pas moins de 100 « kippot ». Elle s’est fait un véritable « kippa elbow ! » », confiait hier l’humoriste devant le public ravi de l’Institut français de Tel-Aviv.
« En fait, je suis passé du Nouveau à l’Ancien Testament », a pointé Dany Boon, qualifiant sa conversion de « retour aux origines de la religion ». Avant de poursuivre : « Mes parents qui m’ont transmis la tolérance ont eux-mêmes fait l’expérience du racisme et des réactions de rejet, tant du côté français que du côté arabe. Cela dit, être détesté, c’est aussi comprendre l’autre, une attitude d’ouverture qui est centrale dans le judaïsme ».
Records au Box-office
Empruntant son nom de scène à une série TV ayant pour héros un trappeur américain, Dany Boon qui se passionne pour l’art dès son plus jeune âge, a été formé au dessin en Belgique, à l’école Saint-Luc de Tournai. Il démarre sa carrière dans les années 1990 comme comique, enchaînant les one-man-show dans les cafés théâtres. Il fait ses premiers pas à l’écran en 2004 avec des films comme Pédale dure ou Joyeux Noël, dans lequel son rôle de soldat de l’humour lui vaudra une nomination au César. Suivront La doublure avec Gad Elmaleh en 2006, Meilleur ami avec Daniel Auteuil, puis la réalisation avec La Maison du bonheur, adaptation à l’écran d’une pièce à succès qu’il a écrite et mise en scène.
En 2008, Bienvenue chez les Cht’tis, le film qui parodie la région dont il est originaire, bat tous les records d’entrées au box-office tricolore (dépassant le succès de La Grande Vadrouille). Suivront dès lors des films ambitieux : De l’autre côté du lit où Dany Boon partage l’affiche avec Sophie Marceau, Le code a changé de Danièle Thompson et « Micmacs à tire-larigot » de Jean-Pierre Jeunet (Amélie Poulain, Délicatessen). En 2011, il réalise son deuxième long-métrage avec Rien à déclarer.
Il enchaînera ensuite les tournages jusque Surpercondriaque qui met en vedette Romain Faubert (Dany Boon), un célibataire de 40 ans, dont le métier – photographe pour dictionnaire médical en ligne – n’arrange rien à une hypocondrie maladive qui fait de lui un peureux névropathe. Il a comme seul et véritable ami son médecin traitant, le Docteur Dimitri Zvenska (Kad Merad), qui dans un premier temps le prend en affection, avant de le regretter amèrement.
Jamais à court de projets, Dany Boon -l’un des acteurs les mieux payés du cinéma européen, ce qui lui vaut quelques détracteurs- travaillait voilà peu à Londres pour le tournage de Lolo, la prochaine comédie de Julie Delpy, rencontrée à Los Angeles, où il a résidé jusqu’à l’été dernier. Le Nordiste a récemment déclaré travailler à une adaptation chinoise de Bienvenue chez les Ch’tis. Et a été choisi pour présider le 20 février prochain, la 40e cérémonie des Césars. Avant de faire son grand retour sur les planches, sur la scène de l’Olympia à l’horizon fin 2016… Un authentique hyperactif.