Fascisme islamiste : la gauche en finira-t-elle avec l’angélisme ?

A Bruxelles, quand on est de gauche – comme moi – il est mal vu de dénoncer la « lepénisation » d’un certain islam. Camarades, ouvrez les yeux : la priorité, aujourd’hui, c’est le combat contre le fascisme islamiste.

Bien sûr, elle condamne le carnage de Charlie Hebdo et du magasin Cacher. Bien sûr, son indignation est sincère. Il n’empêche : une partie de la gauche a un lourd passif en matière de lutte contre le fascisme islamiste. Elle est souvent passée  à côté de l’essentiel. Ce qui est en cause, pour rependre l’expression du cinéaste français Romain Goupil, ancien militant trotskiste et leader lycéen de Mai 68, c’est la « lepénisation » d’une partie de l’islam.

La gauche islamolâtre a longtemps joué à l’autruche. En Belgique et particulièrement à Bruxelles, la réalité est pourtant sombre. Proportionnellement à son nombre d’habitants, notre pays est de loin celui qui envoie le plus de djihadistes en Syrie et en Irak. C’est aussi en Belgique que le taux d’approbation, sur Internet, des messages islamistes et pro-djihad, est le plus élevé. Bruxelles est, par ailleurs, devenue la capitale de l’antisémitisme : dans certains quartiers, il est pratiquement impossible de se promener avec une kippa sur la tête. De plus en plus, nos compatriotes juifs y vivent dans la peur.

J’espère qu’une certaine gauche tirera les leçons de ces constats alarmants. Qu’elle cessera de traiter d’ « islamophobes » ceux qui dénoncent, chez nous, les dérives de l’islam réactionnaire, qui n’est pas tout l’islam, mais une partie non négligeable de l’islam. Comme journaliste de sensibilité socialiste, j’ai moi-même été la cible de la gauche islamolâtre aux longues œillères. Le 6 juillet 2009, j’ai publié dans Le Soir une carte blanche dans laquelle j’exprimais mon inquiétude face à l’offensive des musulmans rigoristes qui mettent en cause les conquêtes laïques et particulièrement  les droits des femmes. Le 21 juillet 2009, le coordinateur du groupe « Vigilance musulmane » a déposé plainte contre moi – et contre le parlementaire Alain Destexhe, cosignataire du texte – auprès du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, pour « incitation à la haine sur base des convictions religieuses ». Cette plainte a évidemment été classée sans suite. Mais la gauche islamolâtre m’a excommunié. Le socialiste Philippe Moureaux m’a traité en quasi fasciste, l’écologiste Henri Goldman m’a exclu de son blog, le politologue Marc Jacquemain (U.Lg) refuse tout débat avec moi. Et tant d’autres m’ont mis sur une liste noire…

Choqué par les réactions sectaires de cette gauche islamolâtre, j’ai prolongé la réflexion en publiant, avec Alain Destexhe, un livre intitulé « Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’islam réac » (éditions du Cerisier). Les attaques ont redoublé. Parce que je me revendique de la gauche, j’ai été traité en apostat : cosigner un texte avec un élu libéral, c’était un sacrilège. Je persiste et signe : face aux dérives islamistes, l’union de tous les démocrates est indispensable.

Depuis 2009, la situation s’est aggravée, particulièrement à Bruxelles, le maillon faible du combat contre le fascisme islamiste. Lors de la plupart des manifestations pro-palestiniennes, des petits groupes de jeunes d’origine arabo-musulmane, certes très minoritaires, scandaient des slogans anti-juifs tout en affichant leur sympathie pour  la galaxie islamiste ( Hezbollah, Hamas, Etat islamique…). Moins grave, mais néanmoins interpellant : la manifestation bruxelloise de ce 11 janvier, suite aux attentats de Paris, a été fort peu multiculturelle et peu en rapport avec la sociologie de la Région,  où un habitant sur quatre est de confession ou de culture musulmane. La faible participation des citoyens d’origine arabo-musulmane ne signifie évidemment pas, de leur part, approbation du terrorisme. Le climat, pourtant, est malsain. Dans plusieurs établissements scolaires, des élèves ont refusé d’observer une minute de silence à la mémoire des victimes.  Il est même arrivé que quelques élèves applaudissent les actes affreux de ces derniers jours. Et lors de la manifestation du 11 janvier, de petits groupes d’adolescents issus des quartiers immigrés, circulant  le long des trottoirs, agitaient des drapeaux palestiniens et scandaient « Charlie, fils de p… ».

Autre signe d’un raidissement de la part des défenseurs de l’islam réac : vendredi dernier, le président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, Noureddine Smaili, a tenu sur Bel RTL des propos détonants sur la liberté d’expression, y compris celle de caricaturer  le prophète, et sur les citoyens d’origine arabo-musulmane, qui « doivent s’intégrer – voire s’assimiler – ou partir ». Invité ce dimanche sur les plateaux télévisés de RTL-TVi et de la RTBF, Noureddine Smaili brillait par son absence. Il aurait été l’objet de menaces et aurait été désavoué par ses collègues de l’Exécutif des musulmans (le vice-président,  Mohamed Achaïbi, l’a explicitement désapprouvé). Pour remplacer l’infortuné Noureddine Smaili sur les plateaux TV, l’Exécutif des Musulmans avait envoyé … le porte-voix de « Vigilance Musulmane », ce lobby pas vraiment « éclairé » qui avait, en 2009, tenté de me faire taire en déposant plainte contre moi, parce que j’avais mis sur le grill la tendance le plus réactionnaire de l’islam en Belgique.

J’espère que les représentants de la gauche conformiste et islamolâtre tireront enfin le signal d’alarme face aux signaux qui s’accumulent, témoignant d’une fermeture croissante d’un certain islam. « On supporte ce qui vient de l’islam par tonnes, quand on refuse un gramme de ce qui vient du christianisme. Et c’est un athée qui vous le dit », déclarait récemment le philosophe de gauche, Michel Onfray.

Il est temps que les musulmans éclairés fassent entendre leur voix pour combattre l’islam « lepénisé ». Il est temps que tous les musulmans comprennent  la caducité de l’argument selon lequel le caractère sacré du prophète Mahomet implique qu’il ne peut être ni représenté ni, a fortiori, caricaturé. Le sacré de mes compatriotes musulmans n’est pas le mien, ni celui de mes compatriotes chrétiens, juifs, boudhistes ou athées. Libre à eux de ne pas acheter Charlie Hebdo, et même de fermer les yeux lorsqu’ils en aperçoivent un exemplaire sur la devanture d’un kiosque. Agnostique de culture catholique, il m’est arrivé de trouver que Charlie Hebdo en faisait un peu trop dans les caricatures du pape. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de demander la censure de Charlie Hebdo.

La gauche islamolâtre doit faire son examen de conscience. Qu’elle commence par désigner les choses par leur nom : les partisans de l’islam réac, chez nous, à Bruxelles et dans d’autres villes belges, sont des fascistes. Qu’elle cesse de trouver des excuses à ces fascistes qui, à entendre certains « camarades », se radicalisent à cause de leur « stigmatisation par les islamophobes ». Qu’elle prenne enfin à bras-le corps la question sociale. La montées des inégalités – également lorsque la gauche est au pouvoir – n’est évidemment pas étrangère au succès des campagnes de recrutement de jeunes djihadistes, chez nous, par les fous d’Allah.

Une partie de la gauche pardonne (presque) tout à l’islam parce qu’elle serait « la religion des opprimés ». Cette victimisation des musulmans est un parfait contresens. Tout le monde le sait, les émirs du pétrole, Dubaï, le Qatar, l’Arabie saoudite…, sont parmi les plus grands exploités de la terre ! Si nul ne peut nier que, chez nous, le racisme anti-musulman  est une réalité qu’il faut combattre, un peu partout dans le monde, ce sont des musulmans qui massacrent d’autres musulmans. De quoi contredire le jingle de la gauche angélique, claironnant en boucle que l’islam ne peut être qu’une « religion de paix ».

Je regrette que trop de démocrates, socialistes, écologistes, féministes, s’autocensurent face à la montée du cléricalisme musulman ultra-conservateur, terreau du terrorisme islamiste. J’espère que leur silence sera bientôt rompu. Je ne suis pas optimiste car je connais trop le sectarisme de cette partie de la gauche qui, dans l’Histoire, a souvent  refusé de regarder le réel lorsque celui-ci contredisait ses théories fumeuses.

Malgré tout, j’espère un sursaut de ceux qui, à gauche, ont longtemps sous-estimé le danger du fascisme islamiste et proposaient de mettre notre liberté d’expression (notamment le droit au blasphème) entre parenthèses pour ne pas déplaire aux musulmans rigoristes et réactionnaires. Non sans hypocrisie, cette gauche-là a défilé le 11 janvier dans les rues de Bruxelles pour défendre un Charlie hebdo qu’elle vouait aux gémonies pour sa verve libertaire. Camarades, encore un effort pour devenir de vrais antifascistes !

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