Ils lisent aussi Regards…

A l’occasion des 50 ans de Regards, nous avons également tenu à donner la parole à des personnalités des différentes communautés culturelles et religieuses du pays.

Maurice SosnowskiPrésident du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB)

La parution de Regards permet d’offrir, partout, une vision de la communauté juive, que ce soit dans les milieux politiques, les centres culturels et communautaires, et bien sûr dans la société civile de Belgique et d’ailleurs. Sa lecture nous fait réaliser à quel point la communauté juive peut être ouverte et riche de ses positions, sans forcer l’unanimité, riche de sa culture et de ses intérêts. Avec cette volonté de pouvoir librement s’exprimer, de partager les points de vue, de débattre. Tout en relayant les combats chers au CCLJ, centre communautaire volontairement intégré dans la ville, con-cer-nant le monde juif, Israël, et plus largement la société dans son ensemble. Regards peut être fier de son parcours, je lui souhaite un aussi bel avenir.   

Julien KlenerPrésident du Consistoire central israélite de Belgique

Le numéro anniversaire, que vos lecteurs ont sous les yeux, peut être qualifié de “cinquantièmement” dense. Les documents qu’il contient, les opinions qui s’y expriment, les questions qui y sont traitées, concernent la sphère juive à divers titres, mais tous avec la même intensité. Ces problèmes, dont on ne saurait assez souligner l’acuité, touchent, comme d’habitude, aux deux faces, de notre condition : rapports entre nous et rapport extra muros, les deux étant d’ailleurs dans la réalité, liés en étroite interdépendance. Aussi, dans l’exacte mesure de ses moyens et dans la stricte perspective que lui tracent ses propres choix politiques et culturels, il témoigne de et pour la présence du judaïsme et de la pérennité d’Israël. Car il atteste que, sans l’apport et le rayonnement diversifié de la spiritualité juive, il ne saurait jamais y avoir de pérennité pour notre peuple. Et la réciproque est tout aussi vraie. Si nous voulons maintenir et assurer notre existence millénaire, il nous faut la justifier, aussi bien sur le plan de l’esprit que sur le plan physique, par un dynamisme polyvalent et par une vitalité à la mesure des exigences de notre temps. Notre salut et notre simple survie ont toujours été à ce prix, ce que Regards, à sa manière, illustre depuis un demi-siècle. 

Henri BartholomeeusenPrésident du Centre d’Action Laïque (cal)

Pour le mouvement laïque, le Centre communautaire laïque juif (CCLJ) revêt un caractère particulier : il s’agit de la seule association constitutive du CAL qui se réclame d’une communauté et d’une culture particulière. A priori, cela pourrait paraître antinomique avec la posture universaliste de la laïcité. Il n’en est rien. La richesse d’une communauté consiste aussi à défendre les valeurs universelles. L’engagement sincère et profond du CCLJ vis-à-vis de la laïcité plaide en
faveur de cette consubstantialité. Il faudrait peu de choses pour que d’autres associations communautaires fassent un che-min analogue. Il suffirait, pour suivre l’exemple, que sans les trahir elles enrichissent leurs traditions de l’exigence humaniste qui sommeille au cœur de chacun d’entre nous. Depuis 50 ans, Regards se fait l’écho de cet idéal au sein duquel les héritages de la religion se fondent harmonieusement dans la culture populaire. Depuis 50 ans, Regards propose une vision sans fard de l’humanisme juif dans ce qu’il a de profondément généreux et pacifique. Il s’interroge sur ses racines, la transmission des valeurs avec la volonté affichée de contribuer au progrès et au bonheur de l’Humanité. Il évalue les politiques sans complaisance et avec un constant souci d’objectivité. S’il honore les membres de sa communauté, c’est avec mesure et dignité. Les temps actuels sont particulièrement difficiles pour les Juifs de Belgique et d’ailleurs. Dans ce climat, il serait facile de céder à la vindicte ou à la victimisation. Regards ne fait rien de tel. Si Regards était humain, ce serait un Mensch.   

Leila ShahidAmbassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne

Cinquante ans, c’est un demi-siècle, c’est un itinéraire, une longue route qui mérite d’être saluée. Je suis heureuse de voir que la revue Regards a une longue tradition derrière elle et j’espère un long avenir, parce qu’elle remplit un rôle essentiel dans une capitale belge, mais aussi européenne. Depuis une vingtaine d’années que je le connais, Regards a su trouver les mots justes dans un conflit israélo-palestinien difficile, où le vocabulaire n’est pas toujours propice au dialogue ni au respect de l’autre. A la veille de ces 50 ans, il est essentiel de tirer les leçons de cette nécessité aujourd’hui. Vingt ans après Oslo, nous n’avançons pas beaucoup que ce soit tant au niveau politique que sur le terrain, en Israël comme en Palestine. La situation devient même de plus en plus dure, 47 années d’occupation ayant entrainé une misère économique, un enfermement des esprits et des régressions sur le plan régional, avec une montée de l’antisémitisme qui accompagne la montée du djihadisme islamique radical et des attaques, depuis celle du Musée juif à celle de l’Hypercacher, en passant par la Rédaction de Charlie Hebdo. Cette montée de l’islamisme qui a dépassé les frontières du Proche-Orient exige un effort supplémentaire au niveau de la tentative de compréhension du monde. Et Regards s’intéresse à un monde qui m’intéresse aussi. Il n’existe pas beaucoup de publications qui s’attardent sur la société israélienne et la diaspora juive en Belgique et en Occident en général, mais aussi sur la Palestine et son peuple. Et l’on a besoin de ces deux regards. Regards a eu l’intelligence d’aller chercher des points de vue d’intellectuels, de personnalités du monde académique, de conférenciers qu’elle accueille au CCLJ et qui trouvent dans Regards un écho de leurs débats. Au lendemain de ces terribles attentats et face à ce sentiment de peur justifié malheureusement des communautés juives en Europe, le CCLJ et Regards peuvent aider à rapprocher les citoyens, en rappelant que la majorité des musulmans ne partage pas le radicalisme, le terrorisme et la barbarie que les islamistes utilisent, qu’elle n’est pas coupable de l’idéologie qu’ils ont détournée à leur profit. Regards peut jouer un rôle important dans un dialogue qui doit ramener la majeure partie des musulmans de Belgique vers la reconnaissance de leur commune humanité, avec les Juifs de Belgique, mais aussi avec tous les citoyens de Belgique et d’Europe. Le CCLJ et Regards constituent un outil très efficace pour aller vers cette communauté musulmane de Belgique qui, souvent, parce qu’elle est sans repère, ne sait pas faire le premier pas. Nous avons le devoir, au moins dans une capitale comme Bruxelles, de trouver un terrain où l’on apprend à se respecter, à se connaitre. J’ose penser que Regards avec les positions courageuses de son comité éditorial et du CCLJ, de reconnaissance de l’Etat palestinien, de critique des politiques meurtrières à Gaza, qui ont aussi entrainé des dégâts terribles en Israël, peut créer cet espace de dialogue entre les citoyens belges de toutes confessions. La laïcité, pour moi, c’est avant tout le respect de toutes les religions, avec une vraie prise de conscience de la richesse de nos civilisations.   

Michel MahmourianPrésident du Comité des Arméniens de Belgique

Le CCLJ est devenu un des pôles majeurs de la communauté juive de Belgique d’après le génocide. Il s’est doté d’un organe de presse au nom bien modeste; comme sont modestes ses dirigeants qui se comparent volontiers au canari, que les mineurs emportaient avec eux sous terre pour leur sécurité. Même si elle ne le crie pas sur les toits, la Belgique sait ce qu’elle doit à ses citoyens juifs, notamment ceux qui ont contribué à son honneur et à sa gloire. En revanche, au présent, le royaume semble dédaigner les regards de ceux de ses enfants qui portent la mémoire juive, une mémoire si précieuse pour la vie, si familière aux Arméniens. En haut lieu, on semble plus enclin à écouter leurs plaintes que leurs avertissements. Heureusement, par la qualité de ses sources, de ses analyses, de ses plumes, Regards ne cesse d’augmenter son audience et de mériter sa place au soleil de la presse belge. Le canari chante comme un rossignol. Je lui souhaite longue vie.   

Gabriel RingletPrêtre, théologien, journaliste, écrivain, ancien vice-recteur de l’UCL

Regards m’encourage et me réjouit. Par son information, son imagination, sa largeur de vue. Raconter Israël par des chemins parfois inattendus et inviter à la coexistence des entités. Mais raconter aussi la culture juive (remarquablement), nous faire goûter la cuisine et, en permanence -brûlante et douloureuse actualité- donner à l’humour tous ses droits (oh, l’œil de Kickha !). Sans oublier les « humeurs », « libre pensée » et « point de vue ». Quelle jeunesse à cinquante ans ! Et quel avenir ! 

 

A l’occasion de son jubilé, nous souhaitons à Regards 50 nouvelles années riches en information,
en analyses et en articles instructifs et constructifs pour le bien-être de la communauté juive de Belgique
et pour l’avenir de l’Etat d’Israël. Joyeux anniversaire !
Ambassade d’Israël, Bruxelles
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