La tribu de Lévi est, selon le récit biblique, une des douze tribus d’Israël. Elle descend de Lévi, troisième fils de Jacob. Moïse et son frère Aaron appartiennent à cette tribu qui devient lors de la traversée du désert la tribu du service divin. Depuis lors, seuls les Lévi peuvent devenir Cohen (prêtre) au Temple de Jérusalem. Si tous les Cohanim (pluriel de Cohen) sont des Lévi, tous les Lévi ne deviennent pas pour autant Cohanim !
Etant dédiée au service de Dieu, la tribu de Lévi a la particularité de ne posséder aucune région en Terre d’Israël, mais seulement des villes dispersées dans le Royaume d’Israël sur lesquelles ils exerçaient un pouvoir administratif et politique. Au Temple de Jérusalem, les Lévi assumaient de hautes fonctions, notamment dans l’enceinte même du temple où ils assuraient un service voué à Dieu, tel que la purification. Par ailleurs, les Lévi contrôlaient les accès au Temple de Jérusalem. Ils exerçaient également des fonctions importantes dans la magistrature.
Depuis la destruction du Second Temple, le nom a continué à se transmettre de père en fils. Les Cohanim et les Lévi jouissent toujours d’un statut distinctif dans le judaïsme, et sont astreints à des règles particulières dans la prière, les offices à la synagogue, les cimetières et les règles de mariage. « L’aspect folklorique prédomine, même s’il s’agit d’un folklore au substrat halakhique incompatible avec la réalité des mélanges qui se sont produits à travers les siècles », souligne le rabbin David Meyer, professeur de littérature talmudique à l’Université grégorienne de Rome.
La persistance de cette ségrégation tribale souligne l’aspect ethnique du judaïsme. C’est bien du peuple juif dont il question, même s’il existe une tentation moderne d’évacuer toute notion ethnique du judaïsme. « Cette dimension ethnique ne signifie pas pour autant que les Juifs doivent se comporter de manière tribale », rappelle David Meyer. « Il s’agit surtout de garder à l’esprit qu’on ne peut pas se lancer dans une réflexion où toute trace de tribalisme est écartée, même si on aspire à une vision plus universaliste ».
Dans son dernier livre, La vocation de la Terre sainte (éd. Lepsius), David Meyer s’appuie sur la Charte lévitique (règles concernant les Lévi) pour envisager un nouveau rapport à la Terre d’Israël. Une des conséquences de la sainteté supérieure des Lévi est l’interdiction de posséder des terres. Cette situation crée un détachement de la souveraineté. « Concernant la problématique actuelle de la colonisation des territoires palestiniens, les Juifs en quête de sainteté ne doivent jamais oublier que la Charte lévitique interdit la possession de la terre ! », explique David Meyer. De cette manière, les Lévi deviennent le symbole d’un rapport à la terre ne passant pas par la possession de celle-ci.
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