Près d’une centaine de personnes se sont rassemblées ce jeudi 26 février 2015 au CCLJ pour célébrer en beauté le 50e anniversaire de Regards. Avec ce souhait unanime : poursuivre sur sa voie, jusque 120 ans !
Anciens collaborateurs, chroniqueurs de longue date, journalistes bénévoles, lecteurs invétérés ou simplement amis, ils étaient tous là ou presque ce 26 février pour fêter l’événement comme il se doit.
Le président du CCLJ, Henri Gutman, n’a pas manqué de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à l’histoire de Regards, certains disparus qui ont fait Regards « avec amour, avec passion », tels David Susskind, Victor Cygelman, Albert Szyper, Jojo Lewkowicz.
« A l’heure où des journalistes-caricaturistes et des Juifs tombent sous les balles des terroristes islamistes, il est heureux qu’une presse juive, à côté des autres médias de nos démocraties, porte la voix du combat contre l’antisémitisme et l’antisionisme », a-t-il également relevé en revenant sur l’actualité tragique de ce début d’année. Et de rappeler les principes fondateurs du CCLJ, qui se trouvent au cœur de la ligne éditoriale du mensuel : « Voilà 50 ans que Regards, dans plus de 1.000 numéros applique sans relâche la charte du CCLJ immuable depuis 1959 et qui dit : « le programme de nos activités doit contribuer à l’élaboration d’un judaïsme laïque, participer à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le fascisme, renforcer notre solidarité avec Israël et avec toutes les communautés juives dans le monde qui mènent le combat pour assurer leur existence physique, morale et culturelle » ».
Nicolas Zomersztajn, rédacteur en chef, a tenu à rappeler l’investissement sans relâche de David Susskind, dans la création du journal, mais aussi et pendant de longues années, dans l’écriture de sa Tribune. « David Susskind est évidemment celui sans qui Regards n’existerait pas », a-t-il insisté. « Il voulait plus que tout que le CCLJ ait son journal, un journal de qualité, lui un homme dévorant la presse. (…) Mais il était surtout le plus grand lecteur de Regards : il lisait tout, de la première à la dernière page, éditorial, chroniques, dossiers, activités, petites annonces, agenda communautaire et pubs. Rien ne lui échappait et si vous en doutiez, deux ou trois questions qu’il vous pose et vous comprenez qu’il a tout et qu’il est inutile de lui raconter n’importe quoi. (…) Permettez-moi de vous révéler le secret de fabrication de sa tribune, et j’utilise le mot fabrication à dessein, car Suss ne l’écrivait pas, il nous la dictait en cette langue unique au monde : le Suss. Et c’était à nous de la transcrire en français correct sur le plan de la syntaxe, la grammaire et le vocabulaire. Il arrivait en milieu d’après-midi avec la même manière de dire bonjour : « quelle nouvelle » et nous commencions par parler de tout et de rien. (…) Après un quart d’heure de bavardage, on lui rappelait l’objet de sa visite. Il nous demandait alors un thé et 5 minutes pour rassembler ses idées en place. On avait droit à quelques Nigen ou smiren en yiddish et en hébreu. Il nous disait ensuite qu’il était prêt et il se lançait dans sa dictée d’une traite. Et c’est là que le miracle juif laïque se produisait : le texte dicté ne dépassait jamais le nombre de signes prévus pour sa page ! »
L’occasion aussi de se remémorer son modèle en matière de presse : le Nouvel Observateur et son fondateur Jean Daniel, auquel Suss vouait un culte, avant de remercier de façon collective pour n’oublier personne tous ceux qui ont fait de Regards ce qu’il est aujourd’hui. Et d’inviter le public à transmettre ses vœux sur une Une de Regards géante, placée à la sortie de l’auditorium.
Les interventions d’Henri Gutman et Nicolas Zomersztajn seront suivies d’un film « Ils ont fait l’histoire de Regards » recueillant les témoignages et anecdotes de rédacteurs en chef (Viviane Teitelbaum, Olivier Boruchowitch), directeurs du CCLJ (Simone Susskind), directeur de publication (Sara Zajtman, Joël Kotek), de chroniqueurs aussi (Guy Haarscher, Elie Barnavi), de la concurrence enfin (Henri Benkoski pour Radio Judaïca), et du président du CCOJB, Maurice Sosnowski.
A la cérémonie succédera l’inauguration de l’exposition « 50 couvertures pour 50 ans »*, ou les 50 couvertures les plus marquantes de Regards articulées autour de huit thèmes : le CCLJ et l’affirmation de l’identité juive laïque; les mobilisations du CCLJ; la lutte contre l’antisémitisme et le négationnisme; la vie des communautés juives à travers le monde; l’actualité politique israélienne; les évolutions de la société israélienne; le devoir de mémoire de la Shoah et la solidarité envers les victimes des génocides du 20e siècle (Arméniens et Tutsi du Rwanda) et enfin, les grandes questions de société.
Dans une ambiance particulièrement conviviale, agrémentée par les retrouvailles entre anciens collaborateurs de Regards, la soirée se conclura autour du verre de l’amitié.
*En dehors des expositions ponctuelles, l’exposition restera accessible tout au long de l’année au CCLJ.
]]>