Ingénieur dans des multinationales industrielles et ancien associé de Deloitte Consulting, Serge Rozen a été élu (92% des voix) ce jeudi 5 mars 2015 à la présidence du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB). Actif au sein de la communauté juive en tant que secrétaire général de la Fondation Simon et Lina Haïm, il entend renforcer l’action du CCOJB auprès des pouvoirs publics.
Pourquoi avez-vous décidé de présenter votre candidature à la présidence du CCOJB ?
Il est important pour moi de contribuer à la vie de la communauté juive : de donner, d’aider, de travailler pour la communauté à laquelle j’appartiens, avec fierté. Et en raison des circonstances difficiles que nous connaissons aujourd’hui, nous avons besoin d’une communauté juive plus forte, plus unie et bien représentée auprès des autorités du pays. A cet égard, j’ai beaucoup apprécié le travail accompli par le président sortant du CCOJB, Maurice Sosnowski, et de son équipe, pour renouer ce dialogue avec les autorités dans un climat constructif. Je vois donc clairement dans quelle direction il est nécessaire d’orienter l’action du CCOJB. C’est un travail qui doit être mené en équipe, une fois que le comité directeur sera élu par l’assemblée générale du CCOJB.
Avez-vous une expérience du monde juif et ses institutions ?
Oui. Je suis administrateur et secrétaire général de la Fondation Simon et Lina Haïm depuis plus de dix ans. Cette fondation créée en 1966 soutient financièrement des institutions, des écoles, des œuvres sociales, des associations, des mouvements, des synagogues de la communauté juive bruxelloise, tout en réservant une part de ses donations au Keren Hayessod. Je suis très fier d’avoir pu ainsi contribuer avec cette fondation à développer des projets axés sur la Mémoire, l’éducation et l’aide aux membres plus démunis de notre communauté. J’ai donc été amené à côtoyer les responsables communautaires et à comprendre le fonctionnement des institutions juives. Dans le cadre de ces activités, je pense avoir démontré ma neutralité politique au sein de la communauté juive : j’ai toujours veillé à ce que des fonds soient attribués aux institutions juives sans parti pris.
Comment envisagez-vous la présidence du CCOJB ?
Je suis un homme de dialogue et à l’écoute des autres. Je ne suis pas marqué d’un côté ou de l’autre de l’échiquier politique. J’apporte donc une certaine neutralité et indépendance. J’ai un bon sens de l’organisation, de la gestion et je suis un « team player ». J’envisage donc cette présidence sur base d’une réflexion que j’ai pu avoir tout au long des discussions avec les représentants des organisations constitutives du CCOJB. J’ai rencontré des gens faisant preuve d’un dynamisme extraordinaire et d’un dévouement formidable pour la communauté juive. J’ai aussi entendu leurs craintes et leurs incertitudes par rapport à l’avenir des Juifs de Belgique, leur soutien indéfectible à Israël et leur déception en ce qui concerne le manque d’unité et de coordination dans certains cas. Sur base de ces éléments, je suis convaincu que le CCOJB doit renforcer son action auprès des pouvoirs publics pour garantir la sécurité des institutions juives. Mais les mesures de sécurité, aussi importantes soient-elles, ne sont pas suffisantes. Il faut que le monde politique belge prenne conscience de la peur réelle de la communauté juive en ce qui concerne son avenir en Belgique. Pour ce faire, le dialogue franc et constructif doit être installé, afin que des initiatives soient prises en vue de restaurer un cadre véritablement civique. Il n’y a plus de place pour le laxisme. Il faut appliquer l’arsenal législatif en vigueur pour combattre l’antisémitisme.
Comptez-vous relancer le dîner du CCOJB tel que Maurice Sosnowski l’avait organisé ?
Evidemment. J’ai eu l’occasion d’assister à ces dîners et ils démontrent à quel point nous pouvons adresser des messages précis et clairs au monde politique de manière positive et constructive. L’année dernière, le Premier ministre Elio Di Rupo était présent. Il a entendu le message que le Président du CCOJB lui a adressé et il a pu à son tour s’exprimer sur les problématiques qui nous préoccupent. Cette initiative doit donc être maintenue.
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