Le CCLJ renonce à participer à la Semaine d’actions contre le racisme du MRAX

Le Cercle du Libre Examen (Librex) a démarché le Centre communautaire laïc juif David Susskind (CCLJ) pour lui demander de participer à une conférence organisée dans le cadre de la Semaine d’Actions contre le Racisme (SACR) 2015 du Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) du 20 au 27 mars 2015. 

Prévue à l’Université libre de Bruxelles (ULB) le 24 mars 2015, la conférence porte sur « Les évolutions du racisme et de l’antiracisme. » Le panel réunit Carlos Crespo, président du MRAX, Anne Morelli, historienne et professeure à l’ULB, Rokhaya Diallo, administratrice de European Network Against Racism (ENAR) et Nicolas Zomersztajn, rédacteur en chef de Regards, revue du CCLJ, avec Hamza Belakbir, président du Librex, pour modérer les débats.

Par ailleurs, le CCLJ participe, comme de coutume, au Festival A Films Ouverts. Le MRAX a inclu le Festival dans sa SACR 2015. Avec son logo, le CCLJ figure en bonne place dans le fascicule de présentation.

C’est avec stupéfaction que le CCLJ a, avec ce fascicule, découvert le programme complet de la SACR 2015. L’événement phare de l’organisme de référence en matière de lutte antiraciste omet complètement la lutte contre l’antisémitisme. A l’exception du « A » historique du MRAX , le visuel bannit jusqu’au mot, devenu sans doute tabou aux yeux des organisateurs.

Si nous reconnaissons bien évidemment la réalité du racisme sous toutes ses formes, il est difficile toutefois de nier que le fait antisémite reste hélas toujours pleinement actuel. En huit mois, des terroristes islamistes ont perpétré des tueries antisémites à Bruxelles, à Paris et à Copenhague. Les institutions juives vivent sous la protection de policiers et de militaires. Les Juifs constituent la seule population de ce pays contrainte à une sorte d’état de siège permanent. Depuis des années, les Juifs identifiables par leurs signes convictionnels (kippa, étoile de David, etc.) risquent l’agression physique dans certains quartiers. Des enfants juifs quittent l’école publique suite aux brimades et aux harcèlements de leurs condisciples. Les professeurs se plaignent de ne pouvoir enseigner sereinement l’histoire de la Shoah. On peut allonger la liste des griefs. La situation se dégrade au point que certains envisagent d’émigrer vers des cieux plus cléments.

Tout ceci semble échapper à l’avant-garde de l’antiracisme militant. Elle a placé sa SACR 2015 sous le slogan « Exclusions … à qui le tour ? » On se demande ce qu’il lui faut de plus. Faut-il s’en étonner ? A vrai dire, non. En 2014, une note interne relative aux « Axes de travail du MRAX » ignorait déjà la lutte contre l’antisémitisme. De même le programme de la SACR 2014. La SACR 2015 s’inscrit dans cette continuité.

Au-delà d’un indéniable renouvellement de ses cadres dirigeants, la composition des instances du MRAX indique par ailleurs que l’association se trouve encore très loin d’avoir tourné la page de ses dérives politiques passées. L’élargissement récent de son conseil d’administration laisse même planer un doute quant à sa volonté d’y parvenir.

Dans ces conditions, il devenait évident pour le CCLJ de renoncer à participer à la Semaine d’Actions contre le Racisme du MRAX, édition 2015. Nous n’avons ni le goût, ni la vocation de tenir le rôle du Juif de service.

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