Le gouvernement de la République du Costa Rica a dévoilé hier après-midi un plan de 5 millions d’Euros (250 millions de Colons) destiné à encourager l’alya des Juifs de Belgique dans ce pays d’Amérique centrale, souvent désigné comme un « petit Paradis ». Reste à voir si la communauté juive suivra cet appel, comme une alternative à Israël.
« Nous savons que les Juifs de France choisissent principalement Israël pour fuir la recrudescence de l’antisémitisme de ces derniers mois. Nous entretenons d’excellentes relations avec la Belgique, raison pour laquelle nous avons décidé d’apporter notre aide à l’installation des Juifs de Belgique dans notre pays », a déclaré lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mardi Manuel Gonzalez Sanz, le ministre des Affaires étrangères costaricain. « Pour bien connaitre notre communauté juive qui est ici parfaitement intégrée, je peux dire que le Costa Rica vous attend les bras ouverts ».
Cette annonce s’inscrit par ailleurs dans une politique migratoire visant à accroître le développement de ce pays, facteur de stabilité politique et de croissance économique en Amérique centrale. Un pays à l’économie « ouverte et dynamique », comme le saluait récemment notre ministre des Finances, Didier Reynders.
Notre compatriote Liora Balog, 31 ans, est arrivée au Costa Rica il y a six mois. « Je vivais en Israël où j’ai fait mon alya il y a treize ans », nous explique-t-elle. C’est l’opportunité d’un travail de shaliah (responsable « envoyé ») pour son mari qui a motivé le couple à choisir cette destination plutôt qu’un éventuel retour en Belgique. Elle témoigne de la vigueur de la communauté juive du Costa Rica, forte de quelque 3.000 membres. « L’Hanoar Hatzioni est le seul mouvement qui existe ici, mais il rassemble quelque 120 jeunes ! Il fait partie d’un plus vaste ensemble communautaire, le Centro israelita sionista (CIS) qui se trouve dans la capitale San José et comporte un centre culturel, une synagogue, un musée juif, un centre sportif, et une école où les enfants peuvent suivre toute leur scolarité ».
Une mezouza à l’entrée des magasins
Se définissant comme religieuse, la communauté juive qui se situe plutôt dans une classe sociale aisée n’en est pas moins très ouverte, et « très bien intégrée », assure Liora Balog. « Si la communauté est relativement discrète, cela n’empêche pas certains Juifs de se faire remarquer dans les affaires. Près de 80% des magasins du grand centre commercial de la capitale ont placé une mezouza dans leur entrée, même chose chez les médecins, et il n’est pas rare de voir des rabbins se promener dans la rue avec une kippa ».
Ici, en effet, aucune trace d’antisémitisme et même une étonnante sécurité dans un pays qui ne possède pas d’armée ! « Un vrai Paradis pour les Juifs, 100% sûr », confirme un journaliste local, qui nous rappelle l’établissement des premiers pionniers dans les années 30. « Ce sont à l’époque cinq jeunes Juifs qui sont partis de Pologne pour les Etats-Unis, mais faute de visa, ils se sont arrêtés au Costa Rica en se faisant passer pour des travailleurs agricoles. Ils ont ensuite faire venir leur famille, leurs amis, leurs voisins, presque la moitié du Shtetl de Gelehov ! Dans l’espagnol du Costa Rica, le verbe « polaquiar » qui signifie « colporter » est toujours utilisé et nous le leur devons ».
Côté politique, l’ancien vice-président Lieberman n’a jamais caché ses origines juives, de même que Sandra Pisk, ancienne ministre du Travail, toujours active au Parlement, pour le parti de centre-gauche, Liberación nacional. Et la ministre de l’Education, Sonia Marto Mora, a adopté les circulaires ministérielles pour garantir l’équivalence des diplômes universitaires belges destinés à faciliter l’accès des nouveaux immigrants juifs au marché de l’emploi et aux universités costariciennes.
Le climat, tropical, chaud et sec de décembre à avril, et l’environnement, mélange de plage et de jungle, sans parler de la faune et de la flore, ont eux aussi tout pour séduire, jusqu’aux autres pays de la Région qui ont fait du Costa Rica la principale destination de l’alya sud-américaine. Sept petites heures d’avion séparent nos deux pays, qui sait peut-être est-ce la destination que vous choisirez pour vous installer. N’hésitez pas lors de votre visite de repérage à faire une halte à l’hôtel El Rancho Margot tenu par la famille Sostheim à Arenal, ou à découvrir les délices du Citrus, « le meilleur restaurant d’Ojochal ». Les patrons sont belges…