Déjà presque trois mois. Les attentats du début janvier ont marqué la France, le monde entier. Un jeune français et juif témoigne aujourd’hui, avec du recul, sur son ressenti des événements et les mois qui les ont suivis. Il raconte. Son témoignage a été publié sur Regards d’étudiants*.
Ce texte est probablement très maladroit et peut être un peu naïf. Mais c’est la première fois que je m’attelle à un tel exercice, et j’ai tenté de faire de mon mieux pour mettre des mots sur une pensée que j’ai mûrie pendant plusieurs mois et qu’il est difficile de traduire dans un texte sans en trahir en partie l’esprit.
Je vais poser les bases très rapidement : je ne suis pas réellement pratiquant. Je dîne en famille les vendredis soirs pour shabbat, et je prie Dieu à ces occasions dans des mots hébreux dont je ne saisis pas tout le sens. Je vais à la synagogue principalement pour les fêtes religieuses ou les bar-mitsvas, et quand j’y suis, je hoche la tête en rythme avec mes voisins de rangée visiblement bien plus au fait que moi de la ligne à laquelle nous en sommes dans la prière. Je ne mange pas de porc ni de fruits de mer, mais plus par tradition que par pure conviction religieuse. Je ne vais donc pas disserter longuement sur les pratiques du judaïsme, mais plutôt tenter de donner mon ressenti plus de 2 mois après les événements de janvier.
Je me considère comme juif, en tant que personne appartenant à une religion ayant une histoire, un vécu, et des traditions, aux racines profondes. Mes parents sont de toute façon juifs, je le suis donc « techniquement », et si quelqu’un veut me faire du mal en raison de ma religion, ma naissance sous le signe de la Torah suffira. Si cette personne me considère juif, autant le faire moi-même.
* Lire l’article dans son intégratlité sur Regards d’étudiants
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