Ces inventions « made in Israël » qui nous changent la vie

Dans la « Start-up Nation », qui fête ses 67 ans, les trouvailles technologiques ne manquent pas. Tour d’horizon de celles qui ont bouleversé les habitudes des utilisateurs, qu’ils soient israéliens ou résidant partout ailleurs.

Cette année, l’innovation a été mise à l’honneur lors de la cérémonie marquant le 67e anniversaire de l’Etat hébreu. Parmi les quatorze personnalités choisies pour allumer les torches sur le mont Herzl le Jour de l’indépendance, plusieurs incarnent des inventions israéliennes qui ont bouleversé la vie des habitants du pays, voire pour certaines, des utilisateurs du monde entier. C’est notamment le cas du développeur Ehoud Shabtai, l’un des fondateurs de l’application GPS Waze ; de l’ingénieur Danny Gold, inventeur et développeur du fameux Iron Dome (Dôme de Fer), système anti-missile qui a contribué significativement à protéger la vie des Israéliens ; du professeur Marta Weinstock-Rosin aussi, de l’Université hébraïque de Jérusalem, qui a mis au point Exelon, un médicament permettant de ralentir la maladie d’Alzheimer ; du docteur Gabriel Idan, qui a développé une caméra miniature que les patients peuvent ingérer au lieu de subir des procédures invasives ; ou encore de Rafi Mehoudar, un ingénieur honoré pour ses inventions dans le domaine de l’irrigation, qui ont aidé Israël et les pays en voie de développement à conserver l’eau.

Voici quelques (autres) percées dont le génie dépasse les frontières de l’Etat hébreu.

Waze

Ce GPS communautaire racheté par Google en juin 2013 pour près d’un milliard de dollars a totalement changé la vie des conducteurs israéliens, avant de séduire les utilisateurs du monde entier. Basée à Raanana (près de Tel-Aviv), la société voit le jour en 2006 sous la forme du projet amateur Freemap. Le développeur Ehoud Shabtai a l’idée de créer une application pour localiser les radars de vitesse sur les routes israéliennes ! Rejoint deux ans plus tard par les entrepreneurs Uri Levine et Amir Shinar, Waze devient un outil collaboratif ultra populaire en Israël, qui a pour particularité de s’appuyer sur une cartographie élaborée par ses propres utilisateurs. La suite de la success story est connue. Waze compte aujourd’hui plus de 60 millions d’utilisateurs dans le monde. Et les Israéliens ne peuvent plus se passer de cette app mobile. Selon un sondage réalisé pour la société Marketing Information Systems, plus de la moitié des automobilistes israéliens utilisent l’application Waze lors de leurs déplacements.  « L’application est tellement populaire ici, que les Israéliens s’en servent aussi lors de leurs déplacements à pied ; au risque de brouiller les données de Waze puisque les piétons peuvent être confondus avec un embouteillage ! Cet usage atypique a même obligé la start-up à modifier ses algorithmes », confie un connaisseur.
 
Autre signe qui ne trompe pas : Waze est devenu un objet d’études pour la recherche académique israélienne. Les chercheurs du laboratoire Deutsche Telekom et du département d’ingénierie des systèmes d’informations, tous deux basés à l’Université Ben Gourion, dans le Néguev, ont ainsi passé en revue pendant un mois les données de Waze, afin d’évaluer l’impact des appli-cations de géolocalisation sur la sécurité routière. Leur conclusion : les services de GPS communautaires peuvent jouer un rôle dans la prévention des accidents de la route. « On commence tout juste à découvrir le gigantesque potentiel de ces données collectées au quotidien », note l’institution académique. Un « data mining » qui ouvre un nouveau champ de recherche et d’application.
 

Moovit

Comme Waze, Moovit (fondée en 2011) propose un GPS collaboratif, mais cette application mobile est centrée cette fois sur l’usager des transports en commun. De fait, parmi les cofondateurs de la société israélienne figure Yaron Evron, un ingénieur spécialisé dans le design d’équipements pour le secteur des transports publics. A la recherche d’une « solution statistique », ce dernier s’est demandé si l’information en temps réel fournie par les usagers ne pouvait pas améliorer le fonctionnement des transports en commun. Et changer cette expérience dotée d’une grande part d’incertitude. L’objectif de Moovit est de favoriser la meilleure source d’information existante, à savoir les voyageurs. En plus des horaires, du planificateur de trajet, et de la navigation étape par étape, Moovit relaie les informations générées par la communauté des utilisateurs en temps réel. En se déplaçant avec l’application ouverte, les voyageurs diffusent en direct des informations sur la vitesse et la position du véhicule dans lequel ils se trouvent. Les usagers peuvent aussi envoyer des rapports sur la circulation, la propreté, la disponibilité du Wifi, etc. Présent dans 45 pays, Moovit revendique plus de 15 millions d’utilisateurs. 

Mobileye

Lors de sa première visite officielle en Israël, en mars 2013, Barack Obama a consacré dix bonnes minutes à découvrir le « Système Avancé d’Aide à la Conduite » (ADAS) de la start-up de Jérusalem, Mobileye. Dans le viseur du Président américain, un système embarqué de caméra intelligente qui détecte piétons, motos ou cyclistes, reconnaît la signalisation au sol, calcule les distances entre les véhicules, et prévient le conducteur, via un signal sonore, des risques de collision frontale. Pour ses initiateurs, cette technologie offre un moyen efficace et peu onéreux de faire chuter le nombre d’accidents de la circulation… Fondée en 1999 par l’entrepreneur Ziv Aviram et Amnon Shashua, professeur de sciences informatiques à l’Université hébraïque de Jérusalem (dépositaire des brevets), la société revendique 80% du marché des applications d’assistance visuelle à la conduite du secteur.

Consumer Physics

Pour les cofondateurs de Consumer Physics, une start-up basée dans la région de Tel-Aviv, l’heure du « consumérisme intelligent » a sonné. Tel est du moins le credo de Dror Sharon et de Damian Goldring, deux diplômés du Technion, passés par les rangs du fonds de capital-risque Gemini Israel Ventures (pour le premier), et de Tessera, la société californienne spécialisée dans la miniaturisation des technologies (pour le second). Et pour cause, le tandem est sur le point de lancer un objet de science-fiction : le premier capteur moléculaire miniature capable d’analyser la composition chimique des denrées alimentaires, des plantes ou encore des médicaments. Ce qui lui vaut déjà le surnom de « Shazam » des aliments…

NaNose

Spécialiste en génie chimique, le chercheur arabe-israélien Hossam Haick, natif de Nazareth, a convaincu le monde médical du bien-fondé de son invention, le NaNose. Il s’agit d’un « nez électronique » révolutionnaire, capable de dépister les cancers et d’autres pathologies graves à partir du souffle des patients. Agé de 39 ans, le scientifique de l’Institut Technion (de Haïfa) pilote une équipe de 36 collaborateurs, répartis sur neuf laboratoires pour cette trouvaille totalisant 28 brevets. Il est parvenu à lever près de 15 millions de dollars -notamment auprès de l’Union européenne- pour son « NaNose » qui revendique 95% d’efficacité.

 

Sales-Predict

L’invention est signée Kira Radinsky, une scientifique israélienne capable de prédire l’avenir ! Originaire de Kiev, la jeune femme « montée » en Israël à l’âge de 4 ans avec sa mère mathématicienne, et également formée au Technion, a développé « Sales-Predict », un logiciel d’analyse de données qui produit des prédictions très fines. Entrée dans la liste des 35 jeunes chercheurs les plus prometteurs du prestigieux MIT de Boston, la chercheuse entend s’en servir pour aider les entreprises à vendre mieux, et, in fine, rendre le monde meilleur. Celle qui signe ses e-mails par la mention « Change the world Kira » ne cache pas ses ambitions. « A 40 ans, j’espère pouvoir accomplir de grandes choses, entreprendre des projets soutenus pas une vision et non un objectif strictement financier », confie Kira Radinsky, qui rêve de marcher dans les pas de Bill Gates. Rien de moins. 

Le high tech israélien à la pointe  La « Silicon Wadi » affiche 4.900 jeunes pousses au compteur et s’est forgé une réputation de « Start-up Nation ». Signe du dynamisme high tech local, l’année 2014 a été synonyme de nouveau record de transactions pour les start-up de l’Etat l’hébreu qui ont été introduites en Bourse ou vendues pour un total de 15 milliards de dollars, soit le double du montant enregistré en 2013 (7,6 milliards), selon une étude publiée par PwC.  Deux institutions jouent un rôle moteur dans cette Success Story : l’armée israélienne, commanditaire de nombreuses inventions, par le biais de ses unités technologiques. Et le Technion de Haïfa, un campus universitaire riche en innovations. Avec entre autres trouvailles : la clé USB, la rasagiline -un médicament (commercialisé sous le nom d’Azilect) contre la maladie de Parkinson-, l’irrigation goutte-à-goutte, ou encore le système de défense anti-missile « Iron Dome ».
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