Bonne nouvelle : la petite entreprise du polémiste antisémite Dieudonné connait la crise. D’insultes en magouilles, de mensonges en provocations, il a braqué sur lui l’attention des autorités et celle de la justice. Et cela commence à lui coûter vraiment cher…
L’ancien humoriste Dieudonné commence à perdre pied dans sa propre fange : trop de haine tuerait-elle la haine ? En tous cas, il court d’échecs en échecs. Le plus récent a eu lieu le 17 mai, voici quatre jours à peine.
Yvan Mayeur, le bourgmestre de Bruxelles a interdit un spectacle que l’ex-pitre voulait présenter sans autorisation dans notre capitale. Il espérait contourner ainsi l’interdiction que lui avait signifiée le Tribunal de Bruxelles de jouer chez nous. Caramba, encore raté !
C’est que dans tous les pays francophones, tant les autorités que les tribunaux semblent résolus à ne plus rien lui passer : son masque d’humoriste est tombé et sa tenue de défenseur de la liberté d’expression est en haillons.
Dessous, on voit le vrai Dieudonné : un antisémite haineux couplé à un escroc financier. Du coup, l’an passé, son spectacle précédent a été interdit dans plusieurs villes de France et, contrairement à ce qui se passait auparavant, la justice a confirmé ces interdictions.
Mieux, en mars de cette année, elle a aussi interdit la commercialisation du DVD tiré de ce spectacle. Le tribunal a jugé qu’il contenait «des provocation à la haine et à la violence et des apologies et contestation de crimes contre l’Humanité »
Son nouveau spectacle est autorisé mais sous surveillance. Il devait être joué à Casablanca fin avril mais le Maroc a préféré l’interdire. Ce 30 juin, Dieudonné pourrait connaître un nouveau revers : la justice décidera s’il sera ou non expulsé du théâtre qu’il loue sans contrat depuis des années.
Seule bonne nouvelle pour lui : le 23 mars, il a été acquitté pour avoir traité le 1er Ministre français Manuel Valls de «Mussolini à moitié trisomique». On a les victoires qu’on mérite. Mais tout ce qui précède n’est que broutilles face à ce qui lui importe vraiment : l’argent
Le site du Nouvel Obs a listé* les principales peines que la justice a infligées à Dieudonné et ce qu’elles lui ont coûté : ces 15 dernières années, il a perdu 16 procès et récolté 233.872 € d’amendes ou de dommages intérêts.
Même s’il tarde ou refuse de payer, c’est du lourd. Encore cette somme ne prend-elle pas en compte ses nouvelles condamnations. On y trouve les 55.000 € que la justice l’a condamné à payer en janvier 2015 aux ayants-droits de la chanteuse Barbara.
Car le pauvre type avait jugé drôle de détourner son célèbre « Aigle noir » en un « Rat noir » aux paroles antisémites et assorti de remarques obscènes et insultantes sur l’inceste qu’elle avait subi. Le tribunal avait aussi interdit la diffusion de la vidéo de ce clip sur son site
Mais l’article de l’Obs ne reprend pas la nouvelle amende infligée ce 12 mai : la vidéo étant toujours visible, il a été condamné à payer 80.000 € de plus. Depuis, le clip a disparu. Comme quoi, ce n’est pas à la tête de Dieudonné qu’il faut parler mais à son portefeuille.
Un mendiant millionnaire
C’est ce qu’a fait, quelques jours plus tard, ce 15 mai, le juge Renaud van Ruymbeke en le mettant en examen pour « organisation frauduleuse d’insolvabilité ». Un dossier qui concerne les dettes en tous genres que l’ex-humoriste a systématiquement refusé de régler.
Il est d’abord accusé « d’abus de biens sociaux » pour avoir détourné les recettes en espèce de ses spectacles. Entre 2009 et 2014, il aurait ainsi envoyé à l’étranger plus de 450.000 euros. Et en perquisitionnant chez lui, début 2014, la police a trouvé 650.000 euros en liquide…
D’où une mise en examen supplémentaire pour « blanchiment de fraude fiscale ». Tout cet argent étant planqué afin de ne payer ni les amendes dues à l’État ni les dommages et intérêts qu’il doit verser aux associations.
Et cela chiffre : Dieudonné a été condamné sept fois pour « incitation à la haine raciale ». Et, jusqu’au début de 2014, il n’avait jamais versé quoi que ce soit ni à l’un ni aux autres. A cette date, il a commencé à rembourser 65.000 euros dus au trésor public. Mais toujours rien aux associations…
N’empêche, plus d’un million d’euros… Pas mal pour un malheureux qui se plaint de « gagner dix fois moins que ses collègues en travaillant dix fois plus » Et qui a va ensuite mendier auprès des poires qui forment son public de quoi payer ses amendes.
Ce qui lui vaut d’ailleurs un autre procès : le procédé est illégal. A quoi s’ajoute une autre mise examen, celle pour fraude fiscale. Le très désargenté Dieudonné est soupçonné d’avoir minoré ses biens au titre de l’impôt sur le revenu.
Mieux : d’avoir aussi tenté d’échapper à l’ISF (l’impôt sur la fortune) qui ne s’applique qu’aux revenus supérieurs à 1,3 millions €… Par ailleurs, la justice se demande également d’où vient l’argent de sa compagne qui se prétend aussi pauvre que lui.
Où, par exemple, la pauvre a bien pu trouver 550.000 € pour racheter une de ses propriétés que le fisc avait confisquée afin de récupérer une partie des 900.000 € que ce grand distrait lui doit.
Comble de malheur, Dieudonné risque de voir son « affaire du siècle » lui passer sous le nez. Car, depuis que son ex-associé, l’ex-député Laurent Louis s’est fâché avec lui**, son projet de soi disant « assurance antisystème » prend l’eau.
L. Louis, crédible pour une fois, a en effet révélé qu’il s’agissait d’une magouille permettant à Dieudonné de devenir courtier auprès des grandes assurances du « système » et de gagner ainsi d’autre millions €….
De quoi ouvrir les yeux à ceux qui croient vraiment aux causes que Dieudonné instrumentalise à son propre bénéfice. Par ailleurs, le 12 de ce décidément joli mois de mai, le néo-nazi Alain Soral, maître à penser » de l’ex-humoriste, a lui aussi été frappé par la justice.
En cause, une « quenelle » qu’il a faite au Mémorial de la Shoah de Berlin, fin 2013. Bien que cet éminent intellectuel ait plaidé « qu’il n’avait jamais cherché à porter atteinte à la mémoire des déportés », il a été condamné à 10.000 euros d’amende pour « injures publiques à caractère racial ».
Le même jour, le même Soral été condamné dans une autre affaire : il avait pris comme exemple l’homme d’affaires Pierre Bergé dans un livre où il liait homosexualité et pédophilie. Résultat : 4.000€ d’amende pour « diffamation publique » et 10.000 autres de dommages et intérêts à la victime.
Oui, trop de haine finira peut être par tuer la haine…
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