Face à l’islamisme, la République ne doit pas trembler

Beaucoup reprochent aux musulmans de se taire face aux islamistes, comme si leur silence valait approbation. Une critique assez absurde : est-ce que les Juifs de diaspora approuvent les exactions contre les mosquées et les églises parce qu’ils ne condamnent pas soir et matin les petites crapules des colonies de Cisjordanie qui s’y livrent ?

Quoi qu’il en soit, l’hebdomadaire Marianne* vient de publier un texte, initié par Mohammed Sifaoui, président de l’Association du 11 janvier** et signé par nombre d’intellectuels musulmans qui devrait mettre fin à cette querelle de néant. Extraits. O.W.

Nous sommes des citoyens de culture, de tradition ou de confession musulmane ; nous sommes athées, agnostiques ou croyants ; nous sommes d’origine arabe, africaine, perse, berbère, turque ou kurde.

Nous sommes des Français ou des amis de la République vivant à l’étranger. Nous sommes surtout – et avant tout – des démocrates attachés à la laïcité et aux principes de la République. Nous sommes enfin des femmes et des hommes libres, universalistes, amoureux de la France, de sa culture et de ses valeurs (…)

A l’occasion de la célébration de la Révolution française nous demandons avec force :

-Au président de la République, au gouvernement, à l’ensemble des partis politiques républicains de demeurer fermes et vigilants face aux revendications contraires aux valeurs universelles, au principe de laïcité, portées et incarnées activement par les courants ou les personnalités liés ou proches des Frères musulmans et des salafistes.

Aucune élection, aucune gestion de carrière, aucun calcul politique ne peut souffrir de compromission avec les tenants du projet intégriste et totalitaire instrumentalisant l’islam. L’islamisme nous impose une guerre et sa principale arme est le terrorisme, mais l’islamisme nous impose aussi une grande bataille idéologique que nous devons assumer collectivement.

– Aux élus locaux de ne pas reculer et de faire front face aux pressions des islamistes qui tentent, au-delà des crimes terroristes barbares, d’imposer au quotidien, de manière sournoise et pernicieuse, un mode de vie rétrograde, antirépublicain et un projet antidémocratique (…)

-À l’institution judiciaire de montrer une intransigeance et une sévérité intraitables, contre tous ceux qui tuent, menacent, s’attaquent aux biens et aux personnes dans le but de créer un climat délétère et terrifiant.

Il n’est pas admissible que nous vivions dans une logique de peur où les tentatives d’attentats et les attaques islamistes succèdent aux menaces de mort et aux intimidations. Nous refusons ce climat de terreur et la société toute entière le refuse. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, pour sa croyance ou pour sa non-croyance (…)

– À la société civile de se mobiliser et de puiser dans les valeurs de la République, les ressources nécessaires afin de répondre à tous les partisans, de la haine et des divisions. Lorsqu’il s’exprime en Occident, l’islamisme clive et vise à alimenter les courants d’extrême droite et les tenants de la xénophobie, mais aussi à s’alimenter de leur vision antidémocratique et haineuse (…)

– Aux intellectuels de ne pas céder au chantage à « l’islamophobie », véritable escroquerie intellectuelle qui vise à anesthésier et à atrophier le débat, à interdire la critique d’idéologies ou de groupes extrémistes, voire d’une religion ou d’un dogme, et d’instaurer une sorte de délit de blasphème déguisé.

Il faut lutter  — auprès des organisations antiracistes — contre le racisme et les discriminations qui visent souvent des personnes de confession ou de culture musulmane.

Il convient aussi de demeurer vigilant quant à l’instrumentalisation des combats antiracistes par d’obscurs groupuscules qui visent à empêcher la liberté d’expression et le droit au blasphème et qui, sciemment, se refusent de condamner les crimes abjects et surtout de nommer leurs auteurs : l’islamisme, le salafisme et/ou le salafisme djihadiste (…)

– À tous les Français, à toutes les personnes résidant sur le territoire de France et à tous les amis de la République, de continuer d’œuvrer tous ensemble contre la misogynie, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’homophobie.

Et de construire une France fraternelle, solidaire et rassemblée, malgré les différences, les divergences et les contradictions, autour du socle républicain qui doit transcender les clivages politiques et idéologiques et dépasser les identités singulières (…)

Nous lançons ce signal d’alarme parce que nous refusons l’idée que la République puisse prendre le risque de se retrouver déstabilisée et ébranlée, par l’hydre islamiste, devenu malheureusement un péril intérieur.

Oui l’islam spirituel, lorsqu’il accepte de se soumettre aux lois et aux règles intangibles de la nation française, peut se fondre harmonieusement et s’exprimer sereinement et dignement dans la République.

Mais nous affirmons très clairement que l’islamisme, ce totalitarisme, est un fléau qui nous menace tous sans exception.

*http://www.marianne.net/agora-face-islamisme-republique-ne-doit-pas-trembler-100235454.html

**L’Association « 11 janvier » se situe dans l’esprit de la gigantesque manifestation de 2015 qui a vu les Français s’unir pour rejeter l’extrémisme religieux et la haine. La liste des signataires se trouve en fin d’article 

 

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