Recherche colocataire pour la Moishe House de Bruxelles

Moishe House est un réseau de maisons communautaires offrant des activités juives pour jeunes adultes (22-30 ans). L’idée maîtresse est de permettre à de jeunes Juifs de créer leur propre communauté, sans affiliation particulière à une synagogue ni à une institution communautaire. Une Moishe House est en train de se créer à Bruxelles et ouvrira ses portes dès octobre. Adam Amir, partie prenante du projet nous en parle.

Qu’est-ce qu’une Moishe House ? Adam Amir : Le concept a été créé aux Etats-Unis à Oakland en 2006 à l’initiative de Morris « Moishe » Bear Squirre, un psychologue américain ayant fait fortune dans le domaine hospitalier. Il s’agit d’une maison qui sera ouverte au public à certaines occasions, et dans laquelle vivent quatre à cinq participants chargés d’organiser des activités. Si les Moishe Houses visent la tranche d’âge des 22-30 ans, c’est précisément parce qu’une fois les études supérieures achevées, les institutions communautaires déjà existantes n’offrent pas ou très peu de structures pour les jeunes adultes. Et lorsque ces structures existent, elles ne sont pas portées par des jeunes de cette tranche d’âge.
 

Vous ne cherchez pas à concurrencer l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB) ? A.A. : Pas du tout. Nous sommes conscients que sur les campus universitaires, il existe déjà des structures juives comme les Hillel Houses dans le monde anglo-saxon ou l’UEJB en Belgique. Elles font un excellent travail pour les étudiants. Or, la Moishe House s’adresse aux jeunes adultes ayant achevé leurs études et entrant dans la vie active. C’est une période pendant laquelle ils confrontent leurs rêves au monde réel et s’interrogent sur leur identité. La Moishe House permet justement aux jeunes de réinventer et de renouveler leur judaïsme. L’initiative y est donc encouragée, la créativité recommandée, le tout dans le respect de l’environnement de la communauté juive locale.Enfin, nous entendons conserver notre indépendance et rester en dehors de certaines prises de positions publiques, afin que chacun s’y sente le bienvenu. Ce qui ne veut pas dire que le débat n’aura pas lieu au sein même de la maison…
 

Il s’agit donc d’une maison juive… A.A. : Oui. Mais bien que la Moishe House soit juive, elle est ouverte à tous. Il s’agit d’un lieu de vie inclusif, pluraliste et ouvert sur la cité. Il n’y a pas d’exclusion, et nous entendons mener une vie en communauté, sans affiliation particulière à un courant religieux, qu’il soit orthodoxe, conservateur ou même réformé. Les résidents et leurs invités créent leur propre communauté comme ils l’entendent.  Quel type d’activités comptez-vous proposer ? A.A. : Nos activités reposent sur le principe juif de Tikkoun Olam (réparation du monde) lié à la justice sociale et aux valeurs dites humanistes. Cela implique surtout l’idée de partage et d’ouverture sur le monde qui nous entoure. Il s’agira bien entendu aussi de faire connaître le judaïsme aux non-Juifs sans préjugés, et de permettre à ceux qui en sont éloignés d’apprendre à mieux le connaître, sans que cela soit nécessairement synonyme, comme trop souvent, d’une adhésion à la pratique religieuse. À ce sujet, nous avons déjà défini quatre types d’activités. Nous organiserons des activités culturelles : des projections de film avec débats, des visites de musées ou des lieux de vie juive, des sorties au cinéma. Nous comptons aussi organiser des activités éducatives : des cours d’histoire juive, de yiddish, d’hébreu et de Talmud. J’ai l’intention de développer mon projet de Yeshiva laïque où l’on discutera de textes juifs et non-juifs en suivant le mode d’étude typique des écoles talmudique, et la méthode talmudique. Une attention toute particulière sera portée sur l’apprentissage et l’interprétation des textes basés sur le principe du Libre Examen, qui nous est cher. Nous organiserons également des activités à caractère social. Cela peut être un « Noël des sans Noël », en aidant des personnes défavorisées à fêter Noël, ainsi que du bénévolat pour des associations comme la Croix Rouge, et de l’aide aux réfugiés venant de Syrie. Enfin, nous organiserons des repas de Shabbat, une fois par mois, ainsi que des repas pour les différentes fêtes juive, auxquels seront associées des activités de type loisir comme des ateliers de cuisine juive adaptées aux différentes fêtes.

Comment comptez-vous vous organiser pour faire fonctionner votre maison ? A.A. : Nous bénéficierons d’un certain budget mensuel. Le loyer est partiellement financé par l’organisation Moishe House en contrepartie de notre activisme. Selon le type d’activités proposés et les coûts impliqués, différentes bourses seront proposées aux locataires. À terme, l’objectif étant de trouver des sources de financement au niveau local. L’expérience n’est pas neuve : il existe déjà 79 Moishe Houses réparties dans 18 pays différents. Nous serons donc la 80e Moishe House.

Êtes-vous entièrement prêts pour commencer ? A.A. : Oui, mais j’aimerais profiter de cet entretien pour préciser qu’il reste encore une place dans la maison pour quiconque souhaiterait s’engager activement dans nos activités. Cela demande un certain investissement et beaucoup de dynamisme et d’enthousiasme, s’agissant de la première maison de ce genre à Bruxelles. Les demandes seront traitées par l’organisation via un formulaire d’inscription.

Si vous êtes tentés par le projet Moishe House à Bruxelles en devenant colocataire ou si vous souhaitez recueillir des informations supplémentaires, adressez-vous à adam@moishehouse.org

Vous pouvez également consulter et « liker » la page Facebook https://www.facebook.com/MoHoBxl

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