Haut lieu de mémoire inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le camp d’Auschwitz-Birkenau attire chaque année près de deux millions de visiteurs. Se détériorant malheureusement sérieusement avec le temps, le site fait l’objet depuis deux ans d’un vaste chantier de rénovation. Un travail que Manfred Van Eyk, directeur de Scienceview et réalisateur, a décidé de filmer. Pour en laisser une trace aux nouvelles générations.
Lorsqu’il a visité Auschwitz il y a un an, Manfred Van Eyk a été impressionné par les efforts de conservation entrepris par le directeur du Musée d’Auschwitz-Birkenau, Piotr Cywinski, visant à garder autant que possible dans leur état d’origine tous les bâtiments et les objets personnels retrouvés dans le camp. C’est ce qui lui a donné l’idée d’immortaliser dans un projet audiovisuel des travaux qu’il juge essentiels. « J’ai beaucoup voyagé à travers le monde en m’intéressant à la façon dont les gouvernements tentaient de conserver l’héritage culturel, comme au Cambodge, à Phnom Penh… », souligne-t-il. « Il arrive que l’on détruise plus que l’on ne conserve. A Auschwitz-Birkenau, c’est très différent. Certains baraquements sont devenus dangereux tant ils sont aujourd’hui dégradés, mais il a néanmoins été décidé d’entreprendre ce long et coûteux travail de rénovation pour ne pas les perdre définitivement. Il a fallu faire d’innombrables photos, prendre les mesures, analyser les constructions et ce qu’il en reste dans les moindres détails pour les restaurer en étant fidèle au site. Pour tester la stabilité et la résistance de leur travail, sans endommager plus le site de Birkenau, ils ont été jusqu’à reconstruire deux murs à Cracovie. C’est tout cela que nous avons voulu filmer ».
La compagnie de production et de réalisation néerlandaise Scienceview, spécialisée depuis 25 ans dans les documents à vocation scientifique, historique, culturelle et éducative, a en outre choisi de se rendre sur place avec quatre rescapés, venus d’Israël, des Etats-Unis et de Pologne, qui racontent leur histoire, en nous expliquant comment ils ont survécu dans le camp à la faim, au froid, aux punitions et aux piqûres d’insectes. Des témoignages poignants qui contribuent fortement à illustrer l’intérêt du travail scientifique des conservateurs et restaurateurs.
Collecte de fonds
Comme la conservation des baraques en briques, les processus de conservation d’objets spéciaux tels le livre des morts, des objets de la chambre à gaz, des chaussures, des jouets seront également filmés, de même que la conservation de murs, de sols et de sanitaires dans les blocs 2 et 3.
Les points de vue des survivants déportés et des scientifiques (conservateurs, restaurateurs, historiens) se complètent pour expliquer pourquoi il est fondamental de conserver Auschwitz-Birkenau et comment conserver les 155 bâtiments répartis sur 200 hectares, les 13 km d’enceintes, 250 m d’archives, 43.000 photos, 110.000 chaussures, 3.800 valises, 12.000 batteries de cuisine, 260 châles de prières, 470 prothèses orthopédiques, 40 kg de lunettes, 2 tonnes de cheveux, 6.000 objets d’art, 1 poupée…
Si de nombreux films ont déjà été réalisés dans chaque pays, l’idée de Manfred Van Eyk est de partager son travail et de diffuser son documentaire sous-titré en plusieurs langues, avec différentes versions à destination de la télévision, du cinéma, des écoles, des universités et des musées, dont celui d’Auschwitz, qui soutient la création du film. Le tournage démarré en avril 2015 devrait s’achever fin 2017 jusqu’à la fin de la conservation des baraques en briques B123, B124. « Pour financer notre projet, nous avons besoin entre 250.000 euros à 300.000 euros. Nous avons déjà investi nous-mêmes plus de 50.000 euros et nous recevrons de la Fondation Edli en Hollande environ 75.000 euros, mais ce n’est pas suffisant », précise le directeur de Scienceview, qui poursuit activement la collecte de fonds.
« Nous avons bien entendu demandé à nos témoins : « Est-il vraiment nécessaire de conserver un tel lieu ? » », poursuit Manfred Van Eyk. « Ils nous ont immédiatement répondu : « Oui, s’il vous plait ! C’est la seule façon de montrer ce qui s’est passé aux jeunes générations, de les préserver peut-être de telles atrocités » ».
Vous souhaitez soutenir ce projet ou en savoir plus : www.scienceview.eu – Tél. 0031 (0)35.624.99.50
Pour voir le petit film d’introduction, demandez le mot de passe à viverrafilms@cs.com ou c.vacle.scienceview@gmail.com
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