Pour l’UPJB, sionistes = islamistes !

A l’occasion de la Journée internationale contre l’islamophobie, deux groupuscules juifs antisionistes, l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) et l’Union juive française pour la paix (UJFP) dénoncent l’islamophobie en assimilant le sionisme à l’islamisme.

Quelle est la meilleure manière de dénoncer les amalgames ? En usant et abusant aussi d’amalgames. Telle est la réponse que donneraient à coup sûr les l’UPJB et l’UJFP suite au communiqué commun que ces deux groupuscules ont publié le 10 décembre 2015 et intitulé « Des Juifs contre l’islamophobie ».

On peut en effet lire dans ce communiqué que « Personne n’a le droit de mélanger à l’envi islam, islamisme et terrorisme, pas plus que d’assimiler Juifs et sionistes » !

Si l’on suit bien le raisonnement de nos « Juifs contre l’islamophobie », les sionistes sont aux Juifs ce que les islamistes sont aux musulmans. Comme amalgame et comme comparaison douteuse incitant à la haine, on ne peut faire mieux.

Il est d’ailleurs étonnant que des adversaires acharnés du sionisme ignorent à ce point la réalité de cette idéologie, son histoire et les nombreux courants politiques qui la traversent. 

Que l’UPJB et l’UJFP cultivent le déni de réalité en refusant obstinément de voir le lien entre islamisme et terrorisme ou en niant que les islamistes se nourrissent précisément de textes sacrés où ils trouvent ce qu’ils recherchent, c’est leur problème. Mais qu’ils aient besoin de mêler le sionisme à leur aveuglement, c’est grave.

C’est d’autant plus grave que leur communiqué s’adresse précisément à ceux qu’ils désignent comme « nos sœurs et à nos frères arabes, turcs, musulmans, « d’apparence musulmane », nés et éduqués ici ou venus d’ailleurs ». Et quand on sait la signification délirante, diabolique et complotiste que la conscience collective musulmane attribue généralement au sionisme, on peut craindre légitimement que cet amalgame grossier ne fasse que confirmer les pires préjugés musulmans à l’égard des Juifs, majoritairement sionistes (dans son acception la plus large) et donc attachés à l’existence d’Israël. 

Deux poids, deux mesures diront certains. Dans son dernier numéro de Points critiques, l’UPJB s’empresse de voler au secours d’Amin al-Husseini, le Grand Mufti de Jérusalem, en poussant les nuances tellement loin qu’il en arrive à présenter son adhésion au nazisme comme un élément de langage de la propagande sioniste. Mais quand l’UPJB parle d’Israël et du sionisme en présentant ce dernier comme l’équivalent de l’islamisme et du terrorisme, le sens de la nuance lui échappe complètement. Décidemment, avec l’antisionisme le pire est toujours à venir. 

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