Suzy Falk, de la cave de la Gestapo aux lumières de la scène

Le 25 janvier 2016, à 20h, le CCLJ s’associe au milieu du théâtre pour rendre un hommage tout particulier à l’actrice et metteur en scène Suzy Falk. L’occasion de revenir avec ceux qui l’ont connue et aimée sur une carrière à part.

Un destin tient parfois à un fil… se retrouvant, suite à une délation, avec sa maman, dans les caves de la Gestapo du 347 avenue Louise, la jeune Suzy Falk va interpréter un des rôles majeurs de sa vie en rentrant dans la peau d’une tuberculeuse se mettant tout doucement à toussoter. Affolés, craignant la contagion, les nazis les chasseront. Un responsable de l’hôpital israélite sera prié de venir les chercher, elle et sa maman. C’est ainsi qu’elle quittera et se sauvera de ce cauchemar pour se plonger corps et âme dans son avenir… Plus tard elle dira : « Ce fut mon plus beau rôle ».

Un grand dénuement, contrastant avec la vie aisée qu’elle a connue dans sa famille avant la guerre, la nécessité de se cacher ne l’ont pas empêchée de se démener pour se faire remarquer, d’abord dans le théâtre amateur et ensuite dans les théâtres professionnels, avec les tournées des comédiens routiers, les opérettes, les revues, interprétant de nombreux rôles dans la plupart des théâtres qui ont existé depuis septante ans : de Bertolt Brecht à Samuel Beckett. Ne jouant plus au loto, car disait-elle, elle avait gagné le gros lot, elle a engagé sa vie pour un enjeu extraordinaire : sans cesse, elle se remettait à l’ouvrage, ne se contentant pas d’à peu près, peaufinait, exigeante à outrance, d’abord pour elle-même.

Sa vie va se caractériser par une grande cohérence entre scène et vie : elle a beaucoup donné, interprétant des rôles tantôt légers, tantôt engagés, et elle s’est impliquée avec la même fougue et le même bonheur dans tout ce qu’elle investissait, marquait les esprits pour les petits rôles comme pour les grands. Mettant aussi en scène les professionnels, ainsi que les amateurs, elle a parti-cipé à de nombreuses émissions de radio et de télévision : sa filmographie est impressionnante.

La passion des rapports vrais

Cadette de trois enfants d’une famille juive, elle héritera de l’ouverture d’esprit de ses parents. Elle disait d’eux : « C’étaient des humanistes ». Ouverte sur le monde, intéressée et passionnée par l’actualité, elle avait son franc-parler, considérait tout un chacun avec le plus grand intérêt. Comme complice de conscience, elle s’était tournée vers un théologien écrivain et poète : Gabriel Ringlet. Passionnée de rapports vrais, l’amitié et le partage seront des piliers de sa vie en se créant des enfants et des petits-enfants de cœur, sans parler des centaines de gens célèbres, ou non, avec qui elle entretenait des rapports privilégiés. Amie des animaux et des fleurs, elle ouvrait sa maison à tous. Et il y avait toujours une jatte ou une
« clouche » pour le visiteur.

D’une grande humilité, elle a assumé et soutenu tous les métiers du théâtre. On pouvait alors la voir en journée, dans les rues d’Avignon, du haut de ses 85 ans, promouvoir le spectacle dans lequel elle se produisait le soir.

Riche de sa vie et de ses rôles, rien d’étonnant qu’elle décide de porter, sur la scène et pour tous, ses petites histoires, en se racontant elle-même, pour autant que l’on puisse en retirer une leçon de vie. Le chapeau de Claude Etienne (chapeau qu’il portait dans une pièce de Pirandello qu’ils jouèrent ensemble en URSS) sera l’excuse, lui donnant l’occasion de transmettre sa soif de communication, de toucher et d’émouvoir, de s’exprimer avec brio, avec humour et générosité, pour aller plus loin à la rencontre du public qui le lui rendra bien. Le « chapeau de Suzy » restera donc le symbole de l’acte du partage que nous prolongeons aujourd’hui. Ce « chapeau de Suzy », nous avons voulu le fêter et le poursuivre le 25 janvier 2016 au CCLJ. Un chapeau qui circulera à nouveau parmi le public invité, pour tirer au sort des histoires nouvelles : des histoires que nous avons vécues avec elle ! Venez nombreux pour nous la raconter. 

Réservation indispensable au 02/543.02.70 ou info@cclj.be

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