BDS a appelé au boycott du Festival Pays de danses organisé au Théâtre de Liège, en raison de la programmation de Three, le spectacle du chorégraphe israélien mondialement connu, Ohad Naharin. Cette initiative de boycott soutenue par le chorégraphe belge Alain Platel n’a heureusement pas fait plier la direction du Théâtre de Liège qui a maintenu Three en ouverture de son festival le 28 janvier 2016.
Le directeur de la très réputée Batsheva Dance Company, le chorégraphe israélien Ohad Naharin, a découvert à ses dépens les absurdités du boycott des artistes israéliens. Son spectacle Three fait l’ouverture du festival Pays de danses organisé au Théâtre de Liège du 28 janvier au 5 mars. Ses productions ont fait le tour du monde dans les salles les plus réputées, et voilà que BDS et les tenants du boycott d’Israël s’en prennent à cet artiste tout simplement parce qu’il est israélien.
Et le pire, c’est qu’un danseur et chorégraphe belge, Alain Platel, se joint au mouvement pour boycotter Ohad Naharin et sa troupe. Alain Platel, directeur des Ballets C de la B et ardent défenseur de la cause palestinienne, veut absolument que la situation des Palestiniens cesse de se dégrader. La cause est louable et légitime. Mais son homologue israélien est-il responsable de ce chaos ? D’autant plus qu’Ohad Naharin condamne publiquement l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens par Israël.
BDS reproche alors à Ohad Naharin de bénéficier de subsides des pouvoirs publics israéliens. Quel reproche stupide. Quand on sait que le gouvernement israélien mène une chasse aux sorcières contre toutes les voix discordantes dans le monde de la culture, il ne manquerait plus que tous les artistes israéliens favorables à la création d’un Etat palestinien se voient privés de financements publics ! Si c’était le cas, il n’y aurait plus qu’une « culture » officielle, patriotique et kitsch telle que la ministre de la Culture Miri Reguev la conçoit.
Si l’on suit le raisonnement de BDS, il faudrait alors réclamer un jour des comptes à Alain Platel, bénéficiaire de financements de la Flandre. Il se peut qu’un jour des artistes et des associations des droits de l’homme de pays européens boycottent Alain Platel parce qu’il est financé par le gouvernement flamand présidé par la N-VA dont certaines prises de position peuvent heurter la sensibilité démocratique de citoyens attachés aux droits de l’homme. Que dira Alain Platel ? « Boycottez-moi, c’est génial ».
Heureusement, Serge Rangoni, le directeur du Théâtre Liège, ne s’est pas plié aux diktats de BDS et aux gesticulations d’Alain Platel. Three reste programmé en ouverture du festival. Il faut surtout retenir de cet échec de boycott culturel que de nombreuses personnalités culturelles et artistiques ont également réagi ouvertement pour dénoncer ce boycott, ainsi que l’attitude absurde d’Alain Platel.
Absurde, car en dépit de son appel au boycott, Alain Platel se dit prêt à boire un café avec Ohad Naharin pour en discuter ! Etonnant comme attitude. Alain Platel dégaine, tire, et discute ensuite.
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