Les Juifs désertent le nord de Bruxelles

Le 13 mai 2009, le premier pavé de la mémoire en Belgique était posé à Schaerbeek. Moins de sept années plus tard et en l’espace d’un an, deux synagogues ont été mises en vente dans la commune bruxelloise. La vie juive s’éteint peu à peu dans la commune du nord de la ville. Bientôt seuls les pavés seront là pour rappeler une présence juive autrefois importante.

Brusselnieuws.be, la publication en ligne de l’hebdomadaire Brussel Deze Week nous emmène cette semaine dans la commune de Schaerbeek à la recherche d’une illustre vie juive qui y disparait peu à peu.

A Schaerbeek, Séfarades et Ashkénazes sont logés à la même enseigne. Après la synagogue de la rue du Pavillon, vendue l’année dernière, la synagogue de la rue Rogier est à vendre. Ces ventes successives démontrent que quelque chose ne tourne pas rond.

Le CCIB (Consistoire central israélite de Belgique) se garde toutefois de donner plus d’information, ne souhaitant pas communiquer davantage sur un sujet devenu sensible d’après Michel Laub.

« Il n’y a quasiment plus de Juifs dans ce quartier », poursuit Michel Laub. « Pourtant, cette partie de Schaerbeek près de la Gare du Nord fut à une époque un important quartier juif. La plupart d’entre eux déménage maintenant ailleurs à Bruxelles ».

Les raisons du départ

La synagogue de la rue du Pavillon a été inaugurée en 1970. Elle était destinée aux membres de la communauté Séfarade, dont les ancêtres vivaient en Espagne et au Portugal.

Aujourd’hui, la plupart d’entre eux ont quitté les lieux. « Ils se sont déplacés principalement vers Uccle et Ixelles », indiquait récemment Daniel Natan, l’un des représentants de la communauté, dans les colonnes du journal La Capitale.

Pourtant, d’après ce dernier, à l’inverse de ce qu’on pourrait penser, ce ne seraient pas les incidents antisémites qui se trouvent à la source de ces départs – car il y en a très peu – mais plutôt un sentiment d’insécurité lié à la présence d’une importante communauté musulmane perçue comme hostile.

Ainsi, un dommage collatéral de la désertion des Juifs est une rupture de plus en plus prononcée entre communautés juives et musulmanes, qui ne se côtoieront plus dans cette commune pourtant connue pour sa diversité.

À nous de recréer des espaces de rencontre pour que les Schaerbeekois de demain n’associent pas aux Juifs que ces petits dés de métal de 10 cm de côté enfoncés dans le sol ou que, faute de connaitre un Juif en chair et en os, ils ne se limitent pas aux préjugés colportés qu’ils ne peuvent confronter à la réalité. 

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