Ah ! Si Godefroid de Bouillon avait connu mon bouillon de poule…

 

D’après une étude publiée en 2015 dans la revue 60 millions de consommateurs, il s’avère que seule une minorité de médicaments en vente libre (27 sur 61), parmi les plus utilisés contre le rhume, le mal de gorge, la grippe ou les troubles intestinaux, est efficace et inoffensive. Ce qui signifie que les 34 autres médicaments sont à jeter à la poubelle. Bon à savoir !

Et pour ne pas devenir les pigeons de l’industrie pharmaceutique, ressortons les vieux remèdes qui ont fait leurs preuves : la pharmacopée de ma grand-mère et de la vôtre certainement, avec son fameux bouillon de poule.

La légende court que le Sultan Saladin avait contracté une infection pulmonaire. Il fit venir le grand médecin, rabbin et philosophe : Moïse Maïmonide. Et que lui prescrit-il ? Du bouillon de poule ! Exactement comme ma grand-mère !

Il soignerait, écrit Maïmonide dans un de ses traités de médecine, les refroidissements, les infections respiratoires, renforcerait les convalescents, accroîtrait le potentiel sexuel, et servirait d’antidote à l’anxiété et aux troubles de l’humeur.

La « pénicilline juive », car c’est ainsi que la surnomment les non-Juifs, soignerait non seulement le corps, mais réconforterait l’âme en peine.

Dans The apartment (1960), une comédie déjantée de Billy Wilder, la femme du docteur Dreyfuss vient consoler Shirley MacLaine de son chagrin d’amour avec du bouillon. Elle lui noue une serviette autour du cou et le lui sert à la cuillère comme une authentique et redoutable Yiddishe Mame. Vous n’êtes pas obligé de faire exactement la même chose. Le bouillon suffira.

Si au beau milieu de l’hiver, dans ces froides soirées aux pieds gelés, vous voulez inviter le soleil dans votre assiette, faites comme dans la cuisine séfarade. Ajouter du curcuma dans votre bouillon. Voilà de quoi vous réchauffer aussi le cœur.

Au cas où vous voudriez vous coller davantage à la tradition, ajoutez des kreplèkh, des knaidlekh et pourquoi pas des mandl, ces carrés de pâtes frits, les shkedey marak (en hébreu) : succès garanti et qui, si vous avez de la chance, épatera votre belle-mère, et peut-être même votre belle-sœur (le bouillon aidera).

BOUILLON DE POULE

  • 1 poule d’1 kg
  • 1l d’eau
  • 3 pommes de terre moyennes épluchées et coupées
  • 2 carottes coupées dans la longueur
  • 1 poireau coupé
  • 2 gros oignons épluchés (ne pas couper)
  • 5 gousses d’ail épluchées
  • quelques branches de persil et d’aneth frais
  • 1 cube de bouillon, facultatif (même dans les meilleures cuisines !)

Recette

  • Bien laver la poule et les légumes.
  • Les déposer dans une grande casserole recouverte d’eau. Saler, poivrer.
  • Porter à ébullition, puis baisser le feu et couvrir.
  • La  poule est par nature très coriace. Sa chair l’est tout autant. Il faudra alors la cuire longtemps avant qu’elle ne devienne tendre. Lorsque ce sera le cas, la sortir et la découper en petits morceaux que l’on rajoutera au bouillon.
  • A conserver au frais. Le lendemain, une couche de graisse se sera formée à la surface. Il sera préférable
    de l’enlever avant de réchauffer
    le bouillon.
     

MANDL OU SHKEDEY MARAK OU CARRÉS DE PÂTES À POTAGE

  • 4 œufs battus
  • 1 pincée de sel
  • 1càs d’huile
  • farine
  • huile pour friture

Recette

  • Battre les œufs dans une terrine. Ajouter le sel et l’huile. Incorporer la farine petit à petit, jusqu’à l’obtention d’une pâte pas trop sèche.
  • Fariner votre plan de travail et abaisser la pâte. Découper en fines lamelles et ensuite en petits carrés. Faites chauffer l’huile pour y faire frire les carrés en petites quantités, jusqu’à ce qu’ils soient dorés et croustillants. Les égoutter dans du papier absorbant.
  • A conserver au sec dans une boîte.

Bon appétit !

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