Réintéresser les jeunes à la politique, un pari (trop) ambitieux ?

« De toute façon, ils sont tous pareils ! ». Derrière cette phrase se cache le désenchantement d’une part de la population de plus en plus importante pour la politique. Avec une catégorie plus durement touchée que les autres, la jeunesse. Raison pour laquelle la Maison de la Jeunesse Juive Laïque a décidé d’organiser durant cinq semaines des rencontres avec des politiciens en herbe des principaux partis francophones (DéFi, CDH, Ecolo, PS et MR). En voici le bilan.

La thématique mise en avant lors de ces rencontres était le vivre-ensemble, valeur qui nous est chère au CCLJ et qui est durement mise à l’épreuve ces derniers mois. Cependant, le débat n’était pas fermé, et les questions ont vite dépassé ce cadre. Le choix de limiter ces rencontres aux jeunes politiques a rendu l’échange plus aisé que ne l’aurait été une confrontation avec des grandes personnalités politiques. De plus, en l’absence de confrontation entre les différents partis, les sujets ont pu être explorés en profondeur, les politiciens étant focalisés sur le contenu, plutôt que sur des adversaires. 

De fait, les sujets abordés furent variés. Le vivre-ensemble fut une porte d’entrée vers d’autres thématiques. A travers les enjeux contemporains comme la crise des réfugiés ou encore les problèmes liés au terrorisme, le vivre-ensemble est ébranlé et les jeunes ont pu discuter de leurs craintes avec leurs homologues des partis.

Un autre thème largement abordé fut la participation des jeunes à la politique. Deux constats ont rapidement été posés. Le premier est que l’architecture institutionnelle de la Belgique est très (trop ?) complexe, rendant le système illisible pour beaucoup de jeunes et donc ne favorisant pas leur participation. Le deuxième constat, qui apparait surtout comme une solution, est d’améliorer l’éducation des jeunes à la politique. Dans cette problématique, le consensus était de mise entre toutes les formations… Parallèlement à cela, les sujets plus classiques tels que la mobilité bruxelloise, les questions d’emploi ou de budget, ont été évoqués. Les jeunes se sont même parfois désolidarisés de leur formation sur certains sujets…

Succès mitigé

Le public très restreint de ces rencontres a malheureusement illustré tout le problème du désintérêt de la jeunesse pour la politique. En effet, les jeunes ont brillé par leur absence. Pourtant, à l’heure où, dans certains pays d’Europe, comme en Pologne, la démocratie est menacée, il est plus que temps que les jeunes prennent conscience du pouvoir qu’ils ont entre les mains, notamment grâce au vote. Il faut qu’ils prennent conscience qu’ils peuvent devenir acteurs du futur de leur pays et du monde, et ne plus vivre les événements en tant que spectateurs. Ce droit démocratique n’a pas été obtenu facilement, et est le fruit de luttes acharnées. Aujourd’hui, loin d’être un acquis, la démocratie doit rester un combat permanent.

Les jeunes ayant répondu à l’appel ont toutefois trouvé ces rencontres particulièrement enrichissantes, et ont déjà montré leur intérêt pour participer à de nouvelles tables rondes.

Il est important de souligner que, malgré l’enthousiasme des intervenants lors des rencontres, le travail en amont pour organiser ces rendez-vous ne fut pas de tout repos. Malheureusement, les partis semblent en effet plus enthousiastes à participer à ces rencontres en période électorales qu’entre les scrutins. Si ces tables rondes n’ont pas rencontré le succès escompté, il reste primordial de continuer ce travail de sensibilisation et d’éducation du monde politique à la jeunesse, et inversement, quand on sait que cette jeunesse est appelée à construire le monde de demain.

Comme le dit cette phrase de Hillel l’ancien, souvent répétée au CCLJ, « Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? ».

Retrouver toutes les photos des rencontres.

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