Adnan Kandyoti reçoit le prix Yakir Keren Hayesod

Moteur des actions philan-thropiques en diaspora, le Keren Hayesod – Appel Unifié pour Israël poursuit de concert avec l’Agence Juive son action indispensable dans le recrutement et l’intégration des immigrants en Israël, ainsi qu’en faveur du développement agricole de l’Etat juif. L’importance de l’idéal sioniste de peuplement du désert reste d’actualité et, face à la crise économique, il faut assurer l’aide socio-économique des immigrants récents en donnant la priorité au développement du Neguev et de la Galilée. Le Keren Hayesod organise aussi des campagnes d’aide aux familles des victimes du terrorisme palestinien. Le Congrès mondial de la fondation s’est tenu du 15 au 18 juin en Galilée. A cette occasion, Avi Pazner, président mondial du Keren Hayesod, a décerné le prix Yakir Keren Hayesod à une personnalité de la communauté juive de Belgique, Adnan Kandyoti. Cette distinction honore chaque année l’engagement communautaire et le leadership de Juifs de la diaspora. Comme le souligne Adnan Kandyoti, le judaïsme belge est en crise : Il faut arrêter la division communautaire! Chacun doit défendre ses idées politiques en respectant celles des autres. L’antisémitisme est en train de refaire surface et pour le combattre efficacement, il faut unir toutes nos forces. Je vis ici depuis 34 ans et sais à quel point la communauté aime Israël! Né à Istanbul, j’ai étudié la chimie à Londres pour m’établir ensuite en Belgique. J’ai connu ici des moments forts, dès mon arrivée. Lors de la guerre en 1973, le Keren Yahesod a fait une collecte unique, et toute la communauté a répondu, marquant son attachement total à Israël. Pendant ma présidence du Keren Hayesod, de 1995 à 2001, j’ai cherché à rassembler tous les mouvements en dépolitisant nos actions. Chaque pays a son organisation indépendante et mène ses objectifs propres dans le cadre de l’orientation générale de l’organisation mondiale. Nous contribuons aux projets de développement, par exemple en agriculture, en finançant des infrastructures et le logement. Je pense qu’il faut en priorité combattre la pauvreté en Israël. Partisan d’une communauté juive de Belgique unie dans sa solidarité avec Israël, Adnan est par nature européen et multiculturel. Il veut renforcer les liens entre l’Europe et le Proche-Orient, en particulier avec Israël et la Turquie : Chez moi, à la maison, on parlait turc, français et ladino. J’avais des amis grecs et j’ai appris leur langue. J’ai appris l’anglais à l’école et l’italien dans mon travail de chimiste. Entre Israël et l’Europe, je vois un manque de dialogue, une méfiance totale. Notre communauté doit inciter l’Union européenne à jouer un rôle de médiateur pour résoudre le conflit. Suite à l’entrée de Chypre dans l’Union, l’Europe est à 32 kilomètres d’Israël! La Turquie entretient de bonnes relations avec Israël. Je pense que l’Europe a tort de retarder l’entrée de la Turquie dans l’Union. C’est mauvais pour les laïcs et les démocrates en Turquie. L’isolement favorise le nationalisme. Son engagement communautaire va l’inciter à lutter activement pour le renouveau du leadership des organisations juives de Belgique : Il faut que les jeunes prennent des responsabilités. Si on ne veut pas tuer la communauté, on doit leur faire de la place. Il faut rassembler les leaders communautaires avec des jeunes, mettre les problèmes sur la table et les examiner tous ensemble…

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