Affaire Al Dura : un communiqué pour rien ?

Les partisans de la thèse du complot médiatico-planétaire (et antisémite, forcément antisémite) dissimulé dans le reportage de Charles Enderlin sur la mort du petit Mohammed Al Dura frétillent d’enthousiasme : dix ans après, ils ont enfin arraché une déclaration (*) du Bureau du Premier Ministre israélien sur l’affaire. Hélas pour eux, elle n’apporte rien de neuf.

 
Il est évident que le gouvernement israélien préfère la thèse d’une mise en scène à celle de l’assassinat par Israël d’un enfant. Mais, comme les services de Benjamin Netanyahou ont le sens du ridicule, eux, leur communiqué est d’une prudence de Sioux.
 
-Il comporte nombre de restrictions verbales (enfin, « scripturales ») : «éveillent des doutes »… « aurait été touché »…  « Une forte probabilité a plutôt été évoquée, »….
 
-Il botte en touche : « depuis l’incident, des méthodes ont été révélées par lesquelles les palestiniens ont créé et mis en scène des événements médiatiques »…
 
Il pose des affirmations non démontrées : « Il est clair à présent »… « Il est toujours avéré »… ou s’appuie sur les thèses des complotistes eux-mêmes : « Les éléments révélés réfutent les assertions »…
 
En définitive, le seul élément concret (point 4) est un rappel : « L’enquête (de Tsahal) avait constaté l’impossibilité de démontrer de manière claire et nette l’identité de la personne qui aurait atteint le jeune garçon ».
 
Dit autrement, le gouvernement ne sait pas qui est coupable et renvoie les deux parties dos à dos. Ce que les anti-Enderlin, avec leur clarté d’esprit et leur lucide habituelle, considèrent comme un appui sans faille à leurs  théories….
 
 
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