Alain Granat et Jonathan Demayo : Comment savoir si vous êtes juif

Le 28 octobre 2015 à 20h, le fondateur de Jewpop Alain Granat et le scénariste et metteur en scène Jonathan Demayo seront au CCLJ pour présenter leur livre Comment savoir si vous êtes juif (éd. J’ai Lu). Une soirée second degré, pour déconstruire les clichés ! Rencontre.

Vous parlez de votre projet comme d’un projet salvateur, y avait-il urgence ? Le rire est-il selon vous la seule arme efficace ?

A. Granat et J. Demayo : Non, ce n’est pas la seule arme, bien sûr. Les Kalachnikov marchent assez bien ces temps-ci, mais on manque d’entraînement. Enfin, de notre point de vue, le rire est certainement l’arme la plus puissante pour calmer les esprits et ramener tout le monde à la raison. Il permet de faire réfléchir, de relativiser et de se dire qu’au fond, tout ça n’est pas si grave ! Vous reprenez « les phrases insupportables » et tellement vraies à notre sujet, mais « on a beau contrôler le monde », l’ignorance à notre encontre demeure totale. Ce livre a-t-il aussi pour ambition de casser ce fantasme concernant les Juifs ? AG et JD : Pas du tout ! On adore les clichés antisémites ! Evidemment que non, quand on s’est mis sur le livre, casser les préjugés était l’une de notre motivation principale, après l’argent. En plus de se moquer de nous-mêmes !  Entre théorie du complot et la réalité, il y a… la mère juive, c’est un peu le fil conducteur que vous avez choisi ?
JD : En fait, je pense que la mère juive, c’est le peuple juif. Qu’est ce qui me lie à ma religion ? Ma mère ! Qui est ce qui prépare le shabbat ? Ma mère. Alors, c’est normal qu’elle soit au centre du livre, non ?  AG : La mère juive est un complot en soi. Elle est partout, tire les ficelles, pour toujours et pour notre plus grand bonheur.  Parler aussi des sujets qui fâchent, c’était indispensable ? AG et JD : Oui, on adore recevoir des lettres d’insultes. Pourquoi ne pas en parler ? La Shoah, le conflit israélo-palestinien, les antisémites virulents, les juifs antisémites… On ne voit pas ce qui nous dispenserait de rire de ces sujets. C’est surtout là qu’on attend l’humour juif en ce moment.  Un livre qui fait rire dès la lecture du sommaire, et de la première à la dernière page, ce n’est pas courant et ça fait un bien fou, on imagine le plaisir que vous avez eu à l’écrire. Comment l’Ashkénaze et le Séfarade que vous êtes, avez-vous travaillé ? JD : Eh bien d’abord, merci ! Mais je tiens à préciser qu’Alain n’a rien foutu ! Comme je suis le plus jeune, je me suis tout tapé ! C’est le prix à payer pour faire un livre à mon âge… Je plaisante bien sûr. Alain est l’une des rares personnes qui a l’âge de mes parents et qui a l’esprit d’un gosse de 14 ans et ça, ça n’a pas de prix ! Parfois, c’était même moi qui essayait de le calmer quand il allait trop loin, même si, je l’avoue, on ne s’est pas beaucoup censuré.   AG : En fait, c’est Jonathan qui a écrit toutes les réponses à cette interview. C’est normal, à mon âge, on se fatigue vite… Restez-vous convaincus que l’on peut rire de tout, avec tout le monde ? JD : C’est une question tellement vaste… Mais oui, si cela se fait dans le respect et l’empathie, alors on peut rire de tout avec tout le monde. Le AVEC est très important.  AG : Oui, enfin tout le monde, à l’exception des Juifs tunisiens.

]]>