Antoine Liebhaberg, petit écrivain deviendra…

Lorsqu’il est venu nous interviewer à la Rédaction de Regards, dans le cadre de sa bar-mitzva, il nous a tout de suite séduits par sa curiosité, son engagement et sa vivacité d’esprit. Antoine Liebhaberg est de ces enfants qui vous touchent, sans trop savoir pourquoi. Alors quand il nous a confié, à 12 ans, sa passion pour l’écriture de polars, nous avons voulu en savoir davantage.

« Je sais que je suis juif depuis que je sais réfléchir », affirmait-il le 27 juin 2015 à la cérémonie de clôture de l’Année de judaïsme des Bnei-Mitzva, devant près de 800 personnes. Juif laïque, avec une forte conscience d’être juif, Antoine Liebhaberg se sent fier de son identité, sans pour autant qu’elle le différencie des autres enfants. Scolarisé d’abord à l’Ecole Hamaide et conquis par la pédagogie active, c’est au Lycée français qu’il a néanmoins choisi de poursuivre ses secondaires, à la recherche d’une plus grande rigueur. Avec toujours la littérature, comme fil conducteur. « J’écris depuis l’âge de 6 ans », nous explique-t-il. « J’ai commencé par faire des BD, et puis j’en ai eu assez, et je suis passé aux livres ». Des romans, le plus souvent policiers, qu’il écrit en s’inspirant de ses propres lectures, un certain Alex Rider, jeune espion de 14 ans créé par Anthony Horowitz et dont Antoine est fan. « Je voudrais que mon style d’écriture ressemble à ce que l’on trouve en librairie, mais avec une histoire différente », reconnait le jeune garçon, honnête : « Au début, je copiais un peu trop, sans parvenir à prendre de la distance par rapport aux autres auteurs. Je dois trouver encore comment me distinguer… ».

Après un premier tome racontant les aventures d’un agent secret américain du nom de David Lee, déjà écrites sur une centaine de pages à l’ordinateur, Antoine travaille actuellement sur le second tome. Avec les idées bien en place quant à la suite de son œuvre. « Je poursuivrai l’écriture de mon roman “Horizon rouge”, et puis “Les entrailles du fief” que j’avais entamé quand nous avons étudié à l’école la période du Moyen Age, j’ai voulu m’inspirer d’éléments historiques réels… ». S’il s’inspire de la matière scolaire, ses copains de classe ne sont pas pour autant au courant de cette passion à laquelle il se livre presque au quotidien. « Parfois, c’est tous les jours, parfois tous les deux jours. Je rentre à la maison et l’envie d’écrire me prend. Je ne me mets pas devant une feuille blanche à attendre. J’écris uniquement quand j’ai quelque chose de précis en tête. Cela m’arrive souvent d’avoir un tas d’idées qui jaillissent, cela devient alors un besoin de les retranscrire ».

Antoine Liebhaberg n’en demeure pas moins son premier critique. « C’est une passion pour l’instant, je ne sais pas si j’en ferai mon métier. J’essaie en tout cas de m’améliorer. Je dois par exemple encore créer une famille à David Lee pour le rendre plus crédible, pour qu’il ne soit pas tout seul et puisse s’appuyer sur ses proches ». Comme Antoine a pu le faire avec ses parents et son frère jumeau Alexandre, sur lequel il sait qu’il pourra toujours compter.

En attendant d’un jour peut-être devenir un grand écrivain, le jeune lecteur des Trois Mousquetaires, du Grand Meaulnes et de Jonathan Livingston le goéland est comme beaucoup de garçons de son âge passionné de foot. A défaut de déjà pouvoir lire ses romans, allez découvrir son blog RedBelgium-Rappty, il vous dira tout sur les qualifications des Diables rouges à l’Euro 2016 ! 

« Horizon rouge » (extrait) La forêt se dégageait de ses derniers manteaux blancs. L’herbe humide se chauffait aux rayons du soleil et le ciel était bleu comme un océan calme. Les oiseaux volaient, aussi gracieux qu’agiles. Le monde se réveillait à l’arrivée du printemps. Au milieu de cette grande forêt appelée « Vivecombe », le village d’Alarais était animé par des enfants en fête courant joyeusement dans tous les sens. Monsieur Téraux, instituteur de l’école primaire, regardait l’horizon avec un léger sourire aux lèvres, alors qu’il se trouvait dans la cour de récréation. Une voix le tira de sa rêverie. C’était Dunier, un grand gaillard de quinze ans de l’école secondaire, toujours en colère contre les autres, mais sans que personne ne sache véritablement pourquoi. – « Monsieur, dit Dunier, comment expliquez-vous que ces gamins s’amusent au printemps ? L’école n’est pas finie, si je puis dire. » L’instituteur, amusé par cette question, réfléchit un instant avant de dire : – « Hé bien, mon gaillard, ces enfants profitent de la nature qui s’éveille, et, malheureusement dit-il en souriant, de la fin des cours. Allez donc les rejoindre, Dunier. Vous voulez vraiment vous noircir la vie ? » L’élève s’assit de manière nonchalante et arrogante à côté de Monsieur Téraux. – « A quoi bon s’amuser ? Une guerre peut surgir à tout moment. Et je me réfugie chez vous, car mes professeurs ne se rendent pas compte des tensions qui règnent. On dirait que vous non plus. » Téraux respira l’air frais de mars. Appuyé sur le rebord de la fenêtre, il alluma pensivement une pipe. Dunier ne fut pas joyeux de ce geste. Il haussa la voix, serrant un crayon dans ses mains, jusqu’à le briser. (…)
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