Arafat prêt à réformer l’Autorité palestinienne

Après avoir indiqué que son peuple «continuerait la lutte», le président palestinien a annoncé mercredi matin la tenue rapide d’élections. Premier pas vers une refonte des structures de son régime. Le moment est venu du changement et des réformes.» Très attendu, autant par les Palestiniens que par les Israéliens, Yasser Arafat a, lors de son discours devant le Conseil législatif palestinien, mercredi matin, pris les devants en annonçant d’importants changements à venir. Après avoir réaffirmé que son peuple «continuerait la lutte», il est entré dans le vif du sujet, souhaitant assumer seul la responsabilité «des erreurs commises par l’Autorité» palestinienne dans le passé. «Ne blâmez personne d’autre que moi», a lancé Yasser Arafat devant les 88 députés présents. Afin de «corriger» ces erreurs, il a appelé de ses vœux «un réexamen de toutes nos forces de sécurité, ministérielles et administratives». C’est donc vers une refonte des structures de l’Autorité palestinienne que veut tendre Yasser Arafat, et dans ce but, il a annoncé la tenue «rapide» d’élections qui permettraient aux Palestiniens d’élire l’ensemble de leurs dirigeants. Arafat aurait précisé à Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne, qu’il envisage d’organiser le scrutin «fin été, début automne». Ce discours, prononcé à l’occasion de la «Nakba» (fête en souvenir des 700.000 Palestiniens déracinés lors des combats qui ont suivi la création de l’Etat d’Israël), sonne comme une réponse aux accusations portées la veille par le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, qui avait qualifié l’Autorité palestinienne de «régime dictatorial, corrompu et tyrannique». Le chef du gouvernement israélien avait exclu, devant les parlementaires de la Knesset, toute reprise des négociations de paix jusqu’à l’avènement d’une «autre Autorité palestinienne». Ce matin, le porte-parole du Premier ministre a estimé que le discours du chef de l’OLP n’apportait «rien de nouveau». Pour Washington, «les déclaration de Yasser Arafat sont positives», mais la Maison Blanche attend maintenant que les «actes» suivent. Mais le discours du dirigeant de l’OLP répond aussi, à une pression croissante de la rue palestinienne. Lorsqu’il était sorti de son QG à Ramallah, Arafat ne s’était pas rendu dans le camp de Jénine par peur, selon certains, de se faire conspuer par ses concitoyens (lire l’article). Une attitude qui avait provoqué une cascade de critiques à son égard. Son ministre du Plan avait même démissionné de son poste pour protester contre «l’immobilisme» du président, et d’autres membres du gouvernement avaient menacé de faire de même.

]]>