Attaques israéliennes : infos et intox ?

Comment procédera Israël s’il décide d’attaquer l’Iran ? Selon de hauts gradés américains, il n’existerait que trois réelles possibilités, toutes difficiles à réaliser, surtout sans l’aide des Etats-Unis.  

A priori, c’est un excellent article* : il est écrit par Mark Perry, un des meilleurs experts américains en stratégie, affaires étrangères et contre-espionnage. Il est aussi empli d’informations précises et crédibles.

On peut donc le prendre tel quel et engranger nombre d’informations. D’autre part, rien n’interdit de faire preuve d’un peu de paranoïa : cet article passe-t-il vraiment en revue toutes les options ? Ne contient-il pas une part de désinformation ?

Et aussi : pourquoi parait-il en ce moment précis ? Et surtout à qui s’adresse-t-il vraiment ? On sait que les trois Etats -Israël, Iran, Etats-Unis- engagés dans un bras de fer redoutable, s’envoient des « messages » les uns aux autres par toutes sortes de canaux.

Ainsi, les autorités israéliennes ont-elles rendu publiques leurs menaces d’attaques contre l’Iran. Un avertissement sur le mode « Retenez-moi ou je fais un malheur ». Et adressé aussi bien à Téhéran qu’à Washington.

Les Iraniens ont répliqué au travers de menaces de leurs dirigeants cependant que des militaires expliquaient ce à dont ils étaient capables : s’en prendre aux Etats-Unis ou fermer le détroit d’Ormuz, indispensable à l’économie mondiale.

Ils ont aussi fait savoir qu’ils avaient des troupes en Syrie et rappellé le nombre de missiles du Hezbollah libanais. Ainsi que, au travers du drone abattu par Tsahal le 6 octobre dernier, leur capacité à espionner les zones les mieux dissimulées des Israéliens.

Là, le message serait : « Viens donc si tu l’oses, tu comprendras ta douleur ». Quant aux Américains, ils pourraient, au travers d’articles comme celui-ci, (entre autres) faire savoir aux Iraniens qu’Israël est sérieux et/ou aux Israéliens qu’ils connaissent leurs plans secrets.

Une façon de dire aux deux autres : « On se calme et on écoute les grandes personnes ». A moins  qu’en définitive, il ne s’agisse vraiment que d’un simple article… Quoi qu’il en soit, voici les principaux extraits de ce texte dont on trouvera l’intégralité sur le site Slate.fr.*

O.W.

Trois hypothèses pour une attaque             

Des bombardements intensifs : La première serait celle d’une campagne de bombardements ciblant les sites nucléaires stratégiques de l’Iran. Elle pourrait être précédée ou accompagnée d’une guerre électronique coordonnée.                             

Cependant, les têtes pensantes du comité des chefs d’états-majors interarmées et du Centcom ont conclu que, du fait des moyens militaires limités d’Israël, une campagne aérienne de cette envergure ne pourrait pas durer très longtemps.                   

Car si Israël possède 125 chasseurs bombardiers F-15I et F-16I très sophistiqués, seuls 25 F-15I  environ peuvent transporter le missile anti-bunker à guidage précis GBU-28 qui a le plus de chances de détruire les installations nucléaires de l’Iran.                

La force aérienne d’Israël, bien que meurtrière, demeure donc limitée. Les hauts gradés américains estiment qu’Israël ne ferait ainsi que retarder d’un ou deux ans maximum la capacité nucléaire de l’Iran. L’aviation israélienne ne serait pas en mesure de l’anéantir.                  

Un « Entebbe » iranien : Dans ce scénario, les Israéliens orchestreraient un raid commando à haut risque, mais extrêmement payant. Objectif : parachuter une unité d’élite à proximité du site d’enrichissement d’uranium de Fordow, près de Qom. 

Le commando israélien neutraliserait les gardes lourdement armés, pénètrerait dans le site, prendrait possession de l’uranium et le ramèneraient en Israël avec. Avant son départ, le commando détruirait le complexe.               

« C’est faisable et ils doivent réfléchir dans ces termes », a souligné un officier américain haut placé. « Les forces spéciales de Tsahal sont le meilleur atout d’Israël ». Le stratège américain qui m’a indiqué l’éventualité de cette opération a tout de même ajouté : « Selon les scénarios, les pertes israéliennes pourraient être très nombreuses en raison de la proximité des divisions des Gardiens de la révolution islamique. Cette opération risquerait d’être assez sanglante ».                 

Décapiter le régime : La troisième option est peut-être la plus dangereuse de toutes : se débarrasser des dirigeants iraniens dans le cadre d’une attaque aérienne ou d’un raid de commando.                    

L’inconvénient d’un anéantissement du régime, c’est qu’il ne mettrait pas fin au programme nucléaire de l’Iran. L’avantage, c’est qu’il déclencherait probablement une réponse iranienne qui viserait des cibles militaires américaines de la région.                   

Les officiers américains avec qui je me suis entretenu pensent que ce serait l’un des meilleurs moyens pour Israël de mêler les Etats-Unis à son offensive contre l’Iran : l’Amérique se retrouverait à intervenir dans un conflit qu’elle n’a pas provoqué.                      

Le problème, c’est le fossé que cela creuserait entre le gouvernement Netanyahou et les hauts gradés américains.« Notre engagement vis-à-vis d’Israël est très fort. (…) Mais cet engagement est là pour lui permettre de se défendre. Pas pour qu’il déclenche la troisième Guerre mondiale ! ».

*http://www.slate.fr/story/63265/iran-israel-guerre-etats-unis

]]>