Attentat au Musée juif de Belgique : Les politiques réagissent

Au lendemain de l’inqualifiable tuerie qui a fait quatre morts le samedi 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, en plein centre de Bruxelles, les politiques belges font part à la communauté juive de leur consternation. Entre effroi, colère et volonté d’aller de l’avant.

Il faut condamner cet acte terroriste antisémite commis dans une ville tolérante et ouverte comme Bruxelles. Les Bruxellois sont attachés à cette dimension d’ouverture sur l’Autre où le vivre-ensemble prend une signification toute particulière. Le lieu où cette tuerie a été commise n’est pas n’importe lequel. C’est le Musée juif de Belgique. Et ce musée est situé en plein cœur de Bruxelles, en lisière du quartier populaire des Marolles qui a accueilli beaucoup d’immigrés juifs. Dans ce musée, on peut mieux cerner la réalité bruxelloise en découvrant les petits métiers exercés par les Juifs de Bruxelles. En s’attaquant au Musée juif, on s’attaque aussi aux particularités de l’identité bruxelloise. Quand les Juifs sont attaqués, les Bruxellois le sont aussi. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de prendre des mesures pédagogiques en demandant à un philosophe de rédiger un texte sur la banalisation de la parole antisémite qui a été lu vendredi 30 mai 2014 à 11h30 dans toutes les écoles de la Ville de Bruxelles.

Yvan Mayeur

Bourgmestre de Bruxelles

Il n’y a pas qu’une seule communauté qui est affectée. Nous sommes tous touchés par cet acte, car il s’agit bel et bien d’une question de dignité humaine.

Au nom du Centre d’Action laïque, je tiens à avertir tous ces prétendants à la vérité et tous ces partisans de l’intégrisme de prendre garde. Il n’y a pas de discours qui n’ait d’effets. L’exclusion et l’éviction de l’Autre contenue dans les doctrines morbides a toujours produit des actes irréparables. Aujourd’hui, nous n’appartenons plus à aucune communauté, mais nous appartenons à la communauté humaine. Cette humanité qui se place délibérément du côté de l’humanisme, du progrès et de la reconnaissance de l’Autre pour se dresser contre le terrorisme, la violence et le déni de l’Autre. Je remercie tous ceux qui ont accepté de se réunir pour un moment de silence et de recueillement en hommage aux victimes et un moment de solidarité vis-à-vis de leurs familles.

Henri Bartholomeeusen

Président du Centre d’Action laïque (CAL)

Le hasard a voulu que je fus une des premières personnes à être sur les lieux du drame devant le Musée juif de Belgique en ce funeste samedi 24 mai, dans la rue des Minimes à Bruxelles. Je suis encore profondément  bouleversé par la vue des victimes inanimées, manifestation de la violence et de la brutalité de l’antisémitisme qui existe toujours dans nos sociétés. Mes pensées intimes vont aux familles des victimes, à la communauté juive de Belgique, au peuple d’Israël et de France et leurs autorités respectives.

Je veux aller au-delà de la colère, de la tristesse, de l’indignation et de l’incompréhension que j’ai ressenties. Je ne tolérerai pas que la communauté juive de Belgique vive dans la peur, que nos compatriotes juifs ne soient pas en sécurité dans leur propre pays. Par cet attentat contre le Musée juif de Belgique, ce sont tous les Belges qui sont attaqués, ce sont les valeurs européennes de démocratie, d’Etat de droit et de vouloir vivre ensemble qui sont visées au cœur de la capitale de l’Europe.

Comme responsable politique, je m’engage à redoubler notre détermination à combattre l’antisémitisme. Cela commence par ne pas laisser ce crime impuni.

Didier Reynders

Ministre des Affaires étrangères

Je ressens  avec effroi, colère et tristesse l’horrible fusillade du Musée juif de Bruxelles. Cela me bouleverse. Mes pensées vont d’abord aux familles décimées. Mes  pensées vont également à tous les membres de la communauté juive. Communauté touchée une fois de plus par des actes barbares d’autant plus bouleversants qu’ils font resurgir  les pages les plus sombres de notre histoire commune. Quand on s’attaque à la communauté juive, on s’attaque à nous tous.

Olivier Deleuze

Co-Président d’Ecolo

Les Fédéralistes démocrates francophones expriment leur vive émotion à la suite de l’attentat abject commis le samedi 24 mai, dans les locaux du Musée juif de Belgique. Ils expriment aux familles des victimes et aux membres de la communauté juive leur sentiment attristé et les assurent de leur pensée de solidarité en ces moments de profonde tristesse.

Plus que jamais, la lutte contre l’antisémitisme est la condition même de la sauvegarde des valeurs démocratiques. La protection due par l’Etat à la communauté juive est la protection due à tous les citoyens qui veulent préserver la cohésion de notre société dans le respect strict de l’Etat de droit.

Ils demandent que toutes les autorités du pays affirment une volonté sans faille pour tenir en échec la montée des fanatismes, des radicalismes et des extrémismes. Chacun perçoit que l’Europe est à un tournant de son histoire. Elle doit préserver les acquis du Siècle des Lumières qui sont le fondement même de son rayonnement dans le monde.

En solidarité sincère avec la communauté juive, les FDF s’engagent à refuser toute forme de banalisation de l’antisémitisme et à exiger une fermeté exemplaire contre les auteurs de tels actes.

Olivier Maingain

Président des FDF

La Belgique toute entière est sous le choc, profondément meurtrie par l’insupportable attentat survenu, ce samedi, au Musée juif de Belgique à Bruxelles. Je suis profondément indignée par cet acte barbare exécuté de sang-froid, révulsée par cette tuerie aveugle et j’entends dénoncer avec la plus grande fermeté ce triple assassinat et tentative d’assassinat terroristes dont la portée antisémite semble évidente.

Mes pensées vont, tout d’abord, aux victimes, à leurs familles brisées, à leurs amis anéantis, mais également à tous les membres de la communauté juive dont je mesure la douleur et la crainte.

Ce drame heurte notre démocratie, nos valeurs et notre dignité. Quelques minutes après le drame, je me suis rendue sur place et j’ai aussitôt décidé, par précaution, sur la base d’un rapport de l’OCAM, d’augmenter le niveau de menace au niveau 4 et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la communauté juive en lien permanent avec des organisations représentatives.

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme devra figurer parmi les toutes premières priorités de la prochaine législature et se traduire par la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre l’antisémitisme, le racisme et la xénophobie. En effet, nous devons encore augmenter notre vigilance et intensifier le combat face aux discours et actes de haine qui se multiplient ces derniers temps. Des avancées législatives, judiciaires et policières doivent impérativement être réalisées dans ces domaines. La Belgique ne peut baisser les bras face à la barbarie.

Joëlle Milquet

Vice-Première ministre,

Ministre de l’Intérieur et de l’Egalité des chances

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