Depuis plus de trois ans, le Centre Communautaire Laïc Juif dénonce régulièrement auprès des autorités et de l’opinion publique l’accroissement des actes antisémites dans notre pays. Dernièrement encore, à Anvers, les agressions visant les Juifs se sont multipliées en prenant un caractère de plus en plus violent. Trois jours après l’agression au couteau d’un jeune de 16 ans qui sortait de l’école des hautes études talmudiques de Wilrijk, trois autres jeunes Juifs ont été pris pour cible à leur tour, alors qu’ils venaient de rendre visite à leur ami à la clinique Middelheim. Les agresseurs n’ont, heureusement, pas utilisé une arme à balles réelles. Le même soir, un jeune Juif de 13 ans fut passé à tabac par trois adolescents. Le lendemain, un jeune Juif se promenant dans la Meirstraat fut à son tour molesté par plusieurs allochtones qui ont pris la fuite.
Nous condamnons avec la plus grande vigueur ces actes barbares et réitérons notre appel à la plus grande fermeté. Un Etat de droit comme le nôtre ne peut tolérer les débordements auxquels nous assistons depuis de nombreux mois. Mais si la condamnation publique et officielle des agressions, sans faux-fuyants -comme on en a trop fréquemment vu par le passé-, est une condition nécessaire à la lutte contre l’antisémitisme, elle n’est cependant pas suffisante. Elle ne peut être efficace si la dénonciation de ces exactions n’est pas relayée par les représentants des associations musulmanes et par un travail de réflexion de fond au sein de leurs communautés. Elle doit également être appuyée par une démarche constante de vigilance, de dialogue, de concertation et de sensibilisation, réunissant les principaux acteurs sociaux, communautaires et institutionnels de notre pays pour attaquer le mal à la racine. L’opinion publique ne peut plus se voiler la face, elle a trop longtemps pratiqué la politique de l’autruche en considérant la résurgence de l’antisémitisme comme un micro-phénomène passager. Le monde politique et la société civile doivent-ils attendre qu’il y ait mort d’homme pour prendre les mesures que la gravité et l’urgence de la situation réclament ?
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