Avec Infinibike, roulez en toute sécurité !

Un disque en plastique fluo recyclable à fixer sur les roues de son vélo pour une plus grande visibilité, il suffisait d’y penser. Le produit imaginé et réalisé par un groupe d’amis est en vente depuis quelques jours, grâce au programme des mini-entreprises. Rencontre avec de jeunes entrepreneurs ultra-motivés.

C’est ce 20 décembre 2014 au marché de Noël de Woluwe que Camille, Sacha, Eliott et leurs camarades ont présenté pour la première fois au public ce qui occupait leurs journées et quelques nuits depuis plusieurs semaines. Avec un résultat non négligeable pour un premier lancement : 3 disques vendus et « de nombreuses cartes de visite distribuées », affirme Sacha, le directeur financier, visiblement satisfait. « Il n’y avait pas beaucoup de monde, mais les gens se sont montrés très intéressés ».

Si la Belgique francophone compte cette année quelque 262 mini-entreprises, ces dernières sont le plus souvent formées au sein même des écoles qui participent au projet. Infinibike fait plutôt figure d’exception en réunissant une bande d’amis. Bruxellois, âgés de 17 ans, scolarisés à l’école Decroly, Ganenou et Jean Absil, ils se sont mis à sept pour imaginer leur produit : un disque en plastique fluo, résistant, léger et recyclable qui, placé sur les roues du vélo, permet au cycliste d’être visible latéralement dans la circulation. Une vraie nouveauté, et un « plus », puisque l’équipe a même pensé à allier l’esthétique au fonctionnel en imprimant sur les disques des spirales qui donnent l’impression de prendre vie lorsque le vélo roule !

L’invention du groupe est née naturellement, en constatant le succès du vélo dans la capitale, mais aussi et surtout son manque de visibilité et le nombre croissant d’accidents – près de 44 par jour, dont une grande proportion d’accident mortels survenant de nuit. « Il existait déjà le casque et le gilet fluo, mais ce n’était pas suffisant », nous explique Eliott, administrateur-délégué et coordinateur. « Beaucoup de gens, dont les enfants, oublient d’ailleurs souvent l’un ou l’autre, parfois même volontairement… ». Le choix du nom sera vite arrêté : « Infinibike », illustrant par sa spirale à la fois les roues du vélo et le symbole de l’infini. Mais l’aspect technique s’avérera plus compliqué que prévu. « Il nous a fallu trouver un matériau résistant aux griffes et aux intempéries et trouver un moyen de fixer simplement les disques sur les roues, sans qu’ils soient pour autant trop faciles à enlever ! », relève Sacha, directeur financier. L’encre et les vis finalement sélectionnées seront elles aussi le fruit de discussions et de recherches, comme l’espace à prévoir pour laisser passer le cadenas et la pompe à vélo. « Nous avons trouvé aussi de belles opportunités », poursuit Eliott, évoquant leur rencontre avec l’artiste belge Jean-Luc Moerman, auteur d’œuvres abstraites et passionné de vélo, « qui a accepté de nous faire un modèle personnalisé ! ».

De l’expérience « made in JJL »

Constitué un peu plus tard que les autres, le groupe a dû fortement accéléré son rythme de travail pour rassembler les actionnaires et proposer son projet définitif dans le temps imparti. Pour être crédible, le programme des Jeunes entreprises (LJE) compte en effet sur la rigueur et le sérieux des participants qui se voient propulsés pour leur plus grand plaisir dans le monde professionnel. Imagination du produit, business plan, communication, marketing, production, commercialisation… chaque étape est cruciale et fait l’objet de débriefings hebdomadaires avec un coach attaché au groupe. « Pour une meilleure organisation, nous nous sommes aussi attribué des postes selon les responsabilités que nous souhaitions avoir et nos intérêts », souligne Camille, directrice des ressources humaines. « La plupart d’entre nous sont d’anciens madrihim de la JJL ! », sourit Eliott. « Cela nous a aidés dans nos rapport humains, mais aussi pour trouver des solutions, pour consacrer le temps nécessaire à ce travail. Les mahanot nous ont également habitués à la prise de parole et à l’animation pour faire passer notre message de la façon la plus efficace ».

Après avoir remporté le 1er prix du communiqué de presse, parmi les 73 participants au concours organisé par Le Soir, Infinibike a eu l’occasion de rendre compte à ses 90 actionnaires de l’avancée du projet lors d’une première assemblée générale qui s’est tenue à l’ULB fin novembre.

Fabriqués artisanalement par l’équipe, les premiers disques ont été réalisés il y a quelques jours et mis en vente au prix de 14,95€ le kit d’installation pour une roue (2 disques imprimés reliés par 10 vis, accompagnés d’un mode d’emploi). Les 31 janvier et 1er février prochains, Infinibike participera au grand week-end organisé par la LJE, avec un concours « 3 minutes pour convaincre », une nouvelle occasion de se démarquer parmi les candidats. Infinibike sera vendu jusqu’au mois de mars, en espérant faire grimper le cours de ses actions. D’ici là, le groupe, qui ambitionne les 200 exemplaires vendus, ne manque pas de projets : voyage de promotion à Delft, vente en ligne, création d’un fascicule de sécurité pour enfants, vente au bénéfice de l’UNICEF, mais aussi sur le plan technique, l’amélioration de sa machine de découpe du plastique ou encore l’adaptation des disques aux chaises roulantes… En fin d’année, un jury retiendra un grand gagnant qui aura la chance de participer au concours européen des mini-entreprises à Berlin. Le réel objectif de l’équipe Infinibike.

Plus d’infos : www.infinibike.be

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