B. Netanyahou : « Il n’y a pas de repas gratuit »

Selon les dirigeants israéliens, c’était grâce à leur politique ultra-libérale que le pays jouissait d’une florissante santé économique. Sauf qu’il est à présent menacé d’une situation « à la grecque ». Mais pas de quoi s’inquiéter : les pauvres payeront.

La réussite économique du pays a longtemps fait la fierté de l’actuel gouvernement. Fini la gabegie bureaucratique de la gauche, place aux privatisations et à la diminution régulière des budgets consacrés à l’éducation, la santé et l’assistance sociale.

Certes, un quart de la population vivait sous le seuil de pauvreté, mais grâce à ces sages mesures, expliquait le Premier ministre, Israël avait évité les graves problèmes dont souffraient les Etats-Unis et plus encore l’Europe.

Changement de ton en juillet 2012 : tous comptes faits, l’Etat n’allait pas si bien que cela. Il avait un déficit de 5,6 milliards d’euros (4% du budget) et, si rien n’était fait, le pays risquait de se retrouver dans la situation de l’Espagne ou de la Grèce.

B. Netanyahou a alors ressorti son proverbe favori : « Il n’y a pas de repas gratuit ». Les Israéliens devaient donc passer une nouvelle fois à la caisse. Pas tous, cependant. Impossible par exemple, de taxer spécifiquement les riches : ce sont eux qui font tourner l’économie.

La Knesset a donc voté début août, un plan d’austérité qui frappait démocratiquement tout le monde. Quoique pas de la même façon. Ainsi, la TVA est-elle passée de 16 à 17% sur l’ensemble des produits, y compris les produits alimentaires et les médicaments.

Plus une hausse de 1% de l’impôt pour les particuliers (mais pas pour les entreprises). Pas de quoi gêner les plus favorisés. Par contre, les autres, dont la plus grande partie du salaire passe dans les dépenses quotidiennes, vont le sentir passer. Sans parler de quelques autres hausses

Comme le prix du pain qui a augmenté en aout de 6,5%. Idem pour l’essence dont le prix actuel  place Israël en 3èmeposition des pays les plus chers du monde, derrière la Turquie et la Norvège. Avec une nouvelle augmentation de 7% prévue mi-septembre…

Pourtant, de façon étonnante, le gouvernement israélien ne touche pas aux avantages consentis aux « yordim », les Israéliens qui vivent hors du pays : les colons de Cisjordanie continuent à bénéficier d’exonérations fiscales, d’aides pour se loger, pour leurs transports, etc.

En 2011, les fonds qui leur sont alloués ont même augmenté de 38% par rapport à 2010, soit un budget total de trois milliards de dollars par an. Sans compter les six milliards de dépenses consacrés à leur sécurité.

Comme on le voit, si les repas des Israéliens sont payants, certains ont droit à de copieux tickets-restaurant…

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