Ce mercredi 6 mai 2015, devant la communauté juive d’Anvers, le président de la N-VA, Bart De Wever, a condamné pour la première fois de façon catégorique la Collaboration du mouvement nationaliste flamand avec le régime nazi.
Il avait toujours émis quelques réserves dans ses condamnations de la Collaboration, il y a un an encore, lorsque le ministre de l’Intérieur Jan Jambon estimait que si la Collaboration était une faute, certains avaient probablement leurs raisons. Bart De Wever, le président de la N-VA, vient d’effacer toute ambiguïté ce mercredi soir, invité à prendre la parole par la communauté juive d’Anvers à la cérémonie du souvenir de la Shoah.
« Mon propre grand-père a été membre de la VNV (Vlaams Nationaal Verbond), le parti nationaliste flamand qui est entré dans la Collaboration. Je veux regarder le passé droit dans les yeux. Cette Collaboration était une erreur terrible à tout niveau. C’est une page noire de l’Histoire du nationalisme flamand et qui ne doit jamais être oubliée », a-t-il déclaré, sans détour. En insistant : « Le nazisme et la Shoah étaient des erreurs criminelles. Personne ne peut le nier. Cela ne nécessite même pas de nuances ». Un discours soigneusement préparé. Au bon moment, en plein période de commémorations des 70 ans de la libération des camps. Au bon endroit, devant la communauté juive de sa ville.
S’il a critiqué les collaborateurs du mouvement flamand, en revenant notamment sur le rôle de Leon Delwaide, alors bourgmestre d’Anvers, dans la déportation des Juifs, Bart De Wever a aussi tenu à honorer les nombreux policiers anversois qui ont choisi la Résistance. Face à ceux qui remettent en question le déploiement des forces militaires devant les instituions sensibles, le président de la NVA a enfin profité de l’occasion pour défendre les efforts de la Ville et du gouvernement fédéral visant à renforcer la sécurité de la communauté juive d’Anvers.
Un signal fort
Un discours qui aura retenu toute l’attention de la communauté juive de Belgique, mais aussi très probablement adressé aux ministres de son parti, la N-VA, à l’origine de plusieurs polémiques. Pour le président d’honneur du Forum der Joodse Organisaties, Elie Ringer, présent à la commémoration de ce mercredi, c’est un pas très important qui a été franchi. « Mieux vaut tard que jamais », réagit-il. « Le fait qu’une personne issue d’un milieu collaborationniste ait le courage de condamner la Collaboration et ceux qui ont collaboré avec l’occupant ne va certes pas nous ramener nos déportés, mais constitue une introspection dans l’histoire et un signal fort ». On se souvient qu’en 2007, Bart De Wever avait jugé « gratuites et déplacées » les excuses du bourgmestre d’alors, le socialiste Patrick Janssens, pour le comportement des policiers anversois durant la Seconde Guerre mondiale. « Bart De Wever avait demandé à rencontrer la communauté juive dès le lendemain se rendant compte de sa bêtise, mais il ne paraissait pas réaliser les méfaits de ses déclarations. Je pense qu’il a aujourd’hui un autre point de vue sur ce qui s’est passé. Je ne dirais pas que la page noire de la Collaboration à Anvers est tournée, mais la condamnation catégorique et courageuse qu’il a faite hier en son nom et au nom de son parti, la N-VA, est un grand pas en avant dont nous nous réjouissons. Son autorité en tant que président nous laisse espérer que son message donnera une certaine ligne à son parti comme à ses ministres ».
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