Benjamin Netanyahou, tel qu’en lui même

Le Premier ministre israélien était au meilleur de sa forme lors du discours qu’il a prononcé hier devant le Congrès américain. Le fond, hélas, n’était pas à la hauteur de ses envolées oratoires.

A l’applaudimètre, le chef du gouvernement israélien a fait un triomphe. Rarement a-t-on vu députés et sénateurs des Etats-Unis se dresser aussi souvent pour acclamer quelqu’un, fut-ce leur propre Président.

Benjamin Netanyahou s’est aussi montré, et c’est également tout à son honneur, en parfaite cohérence avec son idéologie. C’est néanmoins là que le bât blesse. Si bien présenté soit-il, son discours n’a pas fait avancer d’un pouce un processus de paix pourtant vital pour Israël.

Passons sur sa vision des blocages et échecs précédents qui, à ses yeux, ont tous été causés par les seuls Palestiniens. C’est de bonne guerre et le camp d’en face ne se prive pas d’en faire autant.

Mais qu’en est-il de demain ? Là, il a assuré qu’Israël « serait attentif » aux intérêts palestiniens lors de l’établissement des futures frontières. Il a admis que toutes les « implantations » de Cisjordanie ne se retrouveraient pas en territoire israélien.

Enfin, il a déclaré que l’Etat juif serait le premier à reconnaître l’Etat de Palestine à l’Onu si « certaines conditions » étaient remplies. C’est alors, lorsqu’il en est venu à l’essentiel, qu’il a vidé de leur sens ses paroles précédentes

Certes, quelques-unes de ses exigences sont légitimes (la démilitarisation de l’Etat palestinien, l’impossibilité du retour de tous les réfugiés en Israël…). Mais, et le Premier Ministre en est parfaitement conscient, d’autres sont inacceptables, y compris pour le gouvernement des Etats-Unis et, à plus forte raison, pour les Palestiniens.

On pense au refus d’un retour aux lignes d’avant juin 67, à celui du partage de Jérusalem, à cet autre rejet de dirigeants que les Palestiniens se sont choisis. A la volonté d’entretenir une présence militaire dans la vallée du Jourdain.

Sans même évoquer cette étrange réclamation d’être reconnu comme Etat juif par les Palestiniens. Qui plus est, dans l’esprit de M. Netanyahou, il s’agit là de préalables non négociables qui doivent être acceptés avant même que les pourparlers de paix ne s’engagent.

En clair, derrière une rhétorique à l’usage de l’allié américain, les dirigeants israéliens actuels persistent à mener le seul Etat du peuple juif vers de nouvelles crises, de nouveaux dangers, de nouvelles guerres. Est-ce vraiment pour cela qu’ils ont été élus ?

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