Fin mars, l’Université Hébraïque de Jérusalem remettait à l’homme d’affaires Patrick Drahi le prix Scopus, une distinction honorifique récompensant une personnalité engagée pour la promotion du progrès et du savoir. Pour l’occasion, on a demandé à BHL de prononcer un discours sur son compatriote, président-fondateur d’Altice. En voilà un extrait : « Français d’âme et de cœur et ressortissant suisse, citoyen israélien né à Casablanca, Citizen Drahi régnant sur ce territoire sans limite ni frontière que nous assignent les technologies dont vous êtes l’industriel, (…) vous êtes l’un de ces citoyens du monde impossibles à assigner à une “ souche ”, à enfermer dans une appartenance, à épuiser dans l’un de ces trois “ n ” (le natal, le national, le naturel) ».
Aux yeux de l’opinion, Drahi a deux torts : il est riche et juif. Cosmopolite, il fait le jeu du capitalisme. Ambitieux, couronné de succès, Drahi excite les (in)consciences et réveille les fantasmes. Il incarne quant à lui une seconde façon d’être juif, terrible, grâce à l’argent. Vieux poncif antisémite surgissant du fond des âges. Lévy, Drahi : deux Français et deux Juifs allégoriques. Nous en sommes toujours là en 2015…
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