Breaking the Silence injustement accusée de divulguer des secrets militaires !

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a ordonné vendredi l’ouverture d’une enquête contre Breaking the Silence, une ONG dénonçant l’occupation des Territoires palestiniens soupçonnée d’avoir révélé des secrets militaires.

Breaking the Silence recueille des témoignages de soldats sur des exactions commises par des militaires en opération dans les Territoires palestiniens. Le travail de documentation de cette ONG israélienne est précieux, non pas d’un point d vue stratégique ni tactique, mais pour saisir la laide réalité de l’occupation israélienne en Territoires palestiniens ainsi que les conséquences terribles qu’elle engendre sur l’état d’esprit des soldats israéliens envoyés dans ces territoires pour se livrer à des opérations de police et non pas à la défense d’Israël.

Une réalité que le gouvernement actuel s’efforce de dissimuler par tous les moyens. « J’ai donné comme instruction à l’armée d’ouvrir une enquête pour déterminer si des soldats démobilisés ont transmis des informations classifiées », a indiqué Moshé Yaalon sur son compte Twitter.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou avait déjà annoncé jeudi que les accusations contre cette ONG allaient faire l’objet d’un examen.

« L’organisation Breaking the Silence a franchi une nouvelle ligne rouge », a affirmé le Premier ministre sur Twitter jeudi à la suite de la diffusion d’un reportage sur les activités de cette ONG par la chaîne de télévision privée Channel 2.

Ce reportage a montré des militants de l’ONG recueillant les témoignages de soldats démobilisés et leur demandant des précisions sur leurs équipements militaires et les méthodes utilisées lors de leurs opérations.

Yuli Novak, dirigeant de Breaking the Silence, a démenti que son organisation ait violé la loi. « Je peux dire sans la moindre équivoque que Breaking the Silence ne collecte pas de renseignements classifiés », a-t-il assuré vendredi à la radio publique. « Il s’agit d’une tentative d’intimidation visant à faire taire tous ceux qui critiquent le gouvernement ».

La ministre de la Justice Ayelet Shaked, membre du Foyer Juif, un parti religieux nationaliste favorable à la colonisation des Territoires palestiniens, a également dénoncé l’ONG en question. « Le fait qu’une organisation prenne la responsabilité de collecter des renseignements tactiques sur différentes unités militaires doit être considéré avec la plus extrême gravité », a affirmé la ministre.

Au début de l’année, le Parlement israélien a voté en première lecture un projet de loi controversé qui vise à contraindre les ONG, dont Breaking the Silence, à révéler leur financement par des gouvernements étrangers.

Les déclarations du Premier ministre et des autres membres du gouvernement s’inscrivent donc dans une campagne d’intimidation digne de la chasse aux sorcières des années 1950 aux Etats-Unis. L’objectif est clair : réduire au silence les organisations dénonçant l’occupation des Territoires palestiniens ainsi que la corruption morale que cette occupation génère au sein de l’armée et de la société israélienne. 

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