Cessez-le-feu entre Israël et Gaza

Les leaders palestiniens à Gaza ont accepté un cessez-le-feu avec Israël tôt lundi après une escalade de violence ces deux derniers jours entre groupes armés palestiniens et Israël. Les tirs de roquette palestiniens ont tué 4 personnes côté israélien. La riposte israélienne aura fait 23 morts côté palestinien.

Suite à la médiation de l’Egypte, le cessez-le-feu est entré en vigueur à 4h30 (1h30 GMT), ont précisé un responsable du Hamas et un autre du groupe Djihad islamique, ayant requis l’anonymat. Un responsable égyptien a également confirmé l’information toujours sous couvert de l’anonymat, tandis qu’une porte-parole de l’armée israélienne n’a pas souhaité faire de commentaire.

Dans un signe d’accalmie, l’armée israélienne a annoncé la levée de toutes les restrictions imposées aux populations civiles israéliennes voisines de Gaza. Elle n’a pas fourni plus de précision, mais ces mesures comprennent généralement la fermeture des écoles ou des limites fixées aux rassemblements publics.

Cette nouvelle trêve, prononcée à quelques jours du début du Ramadan, intervient alors que les hostilités s’étaient intensifiées dimanche, au deuxième jour d’une escalade entre Israël et les groupes armés de la bande de Gaza.

Du côté israélien, quatre civils ont été tués par la salve de roquettes qui s’est abattue sur le pays et au moins un missile antichar, ont annoncé les autorités israéliennes.

Sur les 19 Palestiniens tués dimanche, au moins neuf ont été identifiés comme des combattants du Hamas et du Jihad islamique.

Ces violences remettent en cause une trêve fragile observée depuis fin mars entre Israël et le Hamas et ses alliés, qui se sont livré trois guerres dans l’enclave depuis 2008.

Quelque 250 roquettes ont été tirées samedi par des combattants palestiniens vers les localités du sud et du centre d’Israël, plusieurs dizaines de tirs étant interceptés par le système de défense anti-missiles.

Une Israélienne de 80 ans a été grièvement touchée par des éclats à Kyriat Gat, à 20 km de Gaza, et un Israélien de 50 ans a été blessé à Ashkelon, selon la police.

En soirée, les sirènes d’alarme ont continué de retentir dans les zones israéliennes limitrophes de Gaza, selon l’armée. La police a appelé les habitants à se rendre dans les abris à chaque alerte.

Le Jihad islamique, allié du Hamas à Gaza, a revendiqué le lancement d’une partie des roquettes et s’est dit prêt à poursuivre les tirs. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, la branche armée du groupe a menacé d’attaquer plusieurs sites israéliens stratégiques, notamment l’aéroport international Ben Gourion près de Tel-Aviv.

En représailles, l’aviation israélienne a ciblé 120 positions du Hamas et du Jihad islamique, dont de nombreuses bases et un tunnel du Jihad islamique destiné à mener des attaques en territoire israélien, selon des sources militaires.

L’armée israélienne a détruit deux bâtiments de plusieurs étages dans la ville de Gaza, ont indiqué des résidents. L’armée a indiqué que l’un d’entre eux abritait les services de renseignements militaires et les services de sécurité généraux du Hamas.

Des résidents du quartier ont affirmé que l’immeuble de plusieurs étages abritait les locaux de l’agence de presse étatique turque Anadolu, une information confirmée par la Turquie qui a « condamné fermement » le raid et dénoncé une « agressivité sans bornes ».

Selon Anadolu, le personnel de l’agence a évacué l’immeuble peu avant la frappe qui avait été précédée d’un tir d’avertissement. Aucun journaliste n’a été blessé.

Dans ce contexte d’escalade, Israël a annoncé la fermeture des points de passage avec Gaza et des zones de pêche de l’enclave palestinienne.

A Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a appelé à l’« arrêt immédiat » des tirs de roquettes palestiniennes, ajoutant soutenir « les efforts déployés par l’Egypte et l’ONU pour calmer la situation ». Et de « réaffirmer l’attachement fondamental de l’UE à la sécurité d’Israël ».

« Ces attaques provoquent des souffrances indicibles pour les Israéliens et ne servent que la cause d’une violence sans fin et d’un conflit sans fin », a écrit Mme Mogherini dans un communiqué. « Une nouvelle escalade risque également d’inverser le travail pour soulager les souffrances de la population de Gaza, qui paie déjà un lourd tribut avec de nombreuses victimes », a-t-elle souligné. Pour Mme Mogherini, cette escalade « met encore plus en danger les perspectives de solutions à long terme, qui exigeront le retour de l’Autorité palestinienne à Gaza et des garanties de sécurité crédibles pour Israël ».

L’émissaire de l’ONU chargé du conflit israélo-palestinien, Nickolay Mladenov a appelé « toutes les parties à calmer la situation et à revenir aux ententes de ces derniers mois ».

Washington a de son côté dit soutenir le « droit » d’Israël « à l’autodéfense ».

Avant l’escalade de violences de ces derniers jours, un cessez-le-feu, annoncé par le Hamas, avait été négocié fin mars sous l’égide de l’Egypte et de l’ONU, permettant un rétablissement du calme pendant les législatives israéliennes du 9 avril.

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