C’est aussi cela le bilan de B. Netanyahou

Selon les sondages, l’actuel Premier ministre devrait conserver son poste. Il est donc certainement intéressant que les Israéliens se souviennent de ce qu’il a accompli pour savoir ce qui les attend. 

Le travail, c’est la pauvreté. D’après les chiffres, tout va bien : la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) d’Israël dépasse les 3%. Quant au chômage, il est à  6,7% (quasi la moitié de celui de l’Euro-zone).

Sauf que 25% des Israéliens (dont 830.000 enfants) vivent en état « d’insécurité alimentaire », le stade précédant la sous-alimentation. Certes, ce sont surtout des ultra-orthodoxes et des Arabes israéliens qui ne veulent pas ou ne peuvent pas travailler, mais pas seulement.

Dans 51%  des familles vivant sous le seuil de pauvreté, il y a au moins une personne qui a un emploi. Le souci, c’est qu’alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, il s’agit d’un travail précaire, de temps partiel non choisi ou payé au salaire minimum.

Cela donne (selon un exemple d’une organisation humanitaire) pour une famille avec 4 enfants – ce qui n’est pas rare en Israël : les parents travaillent tous deux, mais au salaire minimum : ils ne gagnent donc ensemble que 1.900 € (le salaire moyen tourne autour de 2.500 €).

Une fois le loyer, les charges et autres frais fixes décomptés, il leur reste moins de 200 € pour finir le mois… Ce phénomène des  « travailleurs pauvres » frappe d’ailleurs aussi de plus en plus les classes moyennes dont le niveau de vie ne cesse de baisser.

Et cela ne risque pas de s’améliorer en cas de réélection de B. Netanyahou : ce processus fait partie intégrante de sa politique ultra-libérale.

La paix, c’est la colonisation. Dans chacun de ses discours, le Premier ministre le répète: il est disposé à faire la paix avec les Palestiniens. Il est d’accord pour un Etat palestinien (cela, il ne l’a dit qu’une fois et très vite mais soit). Il suffit qu’ils viennent négocier.

Cependant, qu’ils viennent ou non, cela ne change rien à la situation sur le terrain : sous un prétexte ou un autre, la colonisation de la Cisjordanie se poursuit. Le ministère de la Défense a ainsi accepté la construction de 538 logements dans la colonie d’Itamar, près de Naplouse.

Raison invoquée : « régulariser la situation » en autorisant rétroactivement des habitations déjà construites… A Jérusalem-Est, à majorité arabe, c’est le ministre de l’Habitat qui a lancé un appel d’offres pour construire 1.200 logements.

Là, c’est le Premier ministre qui a rappelé sa position : tout Jérusalem est israélienne à jamais et nous construisons ce que nous voulons chez nous. Autre cas : ces deux « implantations sauvages » qui viennent d’être créées près de deux colonies existantes (Tzofim et Talmon).

Aujourd’hui, peut-être. Ou alors demain…

Bien qu’illégales, même aux yeux du gouvernement israélien, elles n’en ont pas moins été immédiatement reliées aux réseaux d’eau et d’électricité. Là, le ministère de la Défense s’est fâché.

Il a annoncé qu’un ordre de destruction avait été lancé contre les deux colonies sauvages. Par contre, il n’a pas précisé quand la décision sera mise en œuvre. Après les élections, peut-être. Ou plus tard. A moins qu’elles ne soient, elles aussi, régularisées rétroactivement…

On dira, non sans raison, que les « travailleurs pauvres » existent dans tous les pays occidentaux. Et que les Palestiniens ne veulent pas négocier… parce que les colonies ne cessent de grignoter le territoire de leur Etat potentiel.

Oui, oui. Sauf qu’on parle de l’Etat du peuple juif, là, et non de la première nation de boutiquiers venue. Un lieu de solidarité et de fraternité, pas un endroit où les survivants de la Shoah mendient dans les rues.

De même, Israël a été créé pour être le refuge et la patrie des Juifs persécutés, non une nation occupant un autre peuple. Mais bien sûr, il s’agissait seulement des rêveries des affreux gauchistes qui ont bâti le pays.

Ceci étant, qu’on ne nous fasse pas écrire ce que nous ne voudrions pas qu’on lise : il y a certainement des points très positifs dans le bilan de B. Netanyahou. Nous les cherchons avec ardeur. Et comme les élections n’ont lieu que dans deux mois, nous sommes presque certains d’en trouver d’ici là.

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