Chantage à l’antisémitisme ! Encore… et toujours

Suite à la parution dans notre numéro de septembre 2012 (n°761) de l’humeur de Joël Kotek Un monde sans repères, ni valeurs, Pierre Piccinin nous demande de publier ce droit de réponse.

« Si Joël Kotek n’était pas obsédé par la seule manière de pourfendre tous ceux qu’il juge comme étant des ennemis d’Israël, il aurait fait l’effort intellectuel minimum d’objectiver non seulement la situation prévalant en Israël (…), mais aussi le parcours qui est le mien. »

Le prologue de ce droit de réponse à M. Kotek n’est pas de moi ; M. Kotek qui, dans le numéro de Regards de septembre 2012, me taxait d’antisémitisme et, extrayant du contexte de mes articles quelques segments de phrases, les remployait pour réécrire mon propos, suggérant des interprétations vers lesquelles mes textes ne tendaient pas.

Ces mots ont en effet presque dix ans déjà ; ils sont de Pierre Galand, président de l’Association belgo-palestinienne.

Mais c’est qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que les droits de réponse se succèdent et se ressemblent…

En effet, M. Kotek, comme tous ses pareils du « Lobby qui n’existe pas », emploie la bonne vieille recette qui, jusqu’à présent, a souvent fait mouche.

Au risque de lasser et d’attirer sur eux et leur communauté la haine que génère cette politique ignoble, ces gens-là pratiquent sans relâche un chantage à l’antisémitisme, au point de n’en plus être crédibles (sauf, bien sûr, dans le chef de ceux qui, voulant donner des gages de bonne vassalité, font mines, hypocrites, d’aboyer avec la meute).

Me qualifiant d’emblée de « pseudo-reporter » ( !?), M. Kotek prétend que, depuis des années, j’aurais « encensé toutes les dictatures arabo-musulmanes ».

Moi ? Qui ai toujours dénoncé la corruption de la monarchie marocaine, le totalitarisme de la famille royale d’Arabie saoudite et de l’émir du Qatar, les violences des régimes syrien et égyptien ?

Il poursuit par une équation qui, simplifiée, édifie elle aussi quant à l’honnêteté intellectuelle de l’honorable professeur de l’ULB : c’est « assurément », asserte-t-il, que Piccinin « partage » « la croyance antisémite qui fait des Juifs les maîtres exclusifs des médias », ce qui constitue bien « la preuve » de son antisémitisme.

Moi ? Qui, depuis des années, ai été publié dans La Libre Belgique, L’Echo, Le Soir, Le Monde, L’Orient-Le Jour, El Paìs, La Stampa, Afrique-Asie, Politis, L’Humanité, etc. ? Que voilà un intéressant paradoxe…

Et M. Kotek de renchérir : je serais « un obsédé du complot juif ». La preuve (une autre !) : « dans un article au titre évocateur » (que ne mentionne pas M. Kotek, et pour cause…), j’ai « dénoncé » la trahison de Serge Dassault et des ingénieurs juifs qui transmirent aux services secrets israéliens les plans du Mirage français. Le Mirage, que Charles de Gaulle avait refusé de vendre à l’État hébreux, et ce du fait de la violation du droit international que constituait (et constitue encore à ce jour) l’occupation des terres conquises en Palestine par la guerre de 1967 (deux détails que M. Kotek omet bien sûr de rappeler…).

Or, l’article en question ne comporte pas la moindre référence à cette thèse absurde du « complot juif » ; il portait sur l’inversion de la politique étrangère de la France sous Sarkozy, rapport à l’OTAN et, entre autre, à son rapprochement avec Israël et les États-Unis.

Le titre « évocateur » ? Nicolas Sarkozy ou le Gaullisme en miettes… Chacun jugera des procédés rhétoriques de M. Kotek.

Cela dit, cette affaire de trahison (qui impliquait Serge Dassault, que je ne confonds pas avec son père Marcel, contrairement à ce qu’asserte encore M. Kotek) est une réalité, qui ne devrait dès lors pas être inconnue de notre distingué historien.

Le 10 octobre 2007, cette affaire fut développée dans l’émission Droit d’Inventaire, présentée sur France 2 par Marie Drucker, de famille juive.

M. Kotek accusera-t-il Marie Drucker, elle aussi, d’être obsédée par le « complot juif » et, donc, « assurément », d’être antisémite ?

Enfin, M. Kotek compare mon article Pour que s’arrête la peur ! aux Protocoles des Sages de Sion (rien moins !), m’accusant de placer les institutions juives au cœur d’une vaste conspiration.

J’avais écrit ce texte pour dénoncer les terribles pressions subies, pour avoir critiqué la politique de Tel-Aviv lors de la fusillade du Marmara, qui s’était soldée par la mort de neuf civils et une cinquantaine d’autres blessés par balles, attaqués dans les eaux internationales par des commandos israéliens.

Des séries de courriers et d’e-mails avaient demandé ma tête à ma direction. Plusieurs de mes conférences avaient été déprogrammées. On avait même été jusqu’à m’adresser des menaces de morts…

Rien n’est inventé : les pièces ont été  enregistrées et déposées auprès du Procureur du Roi.

Quant aux institutions juives et à leur organigramme pyramidal, je constatais seulement que nombre d’entre elles, en Belgique, sont affiliées au Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, lui-même affilié au Congrès juif européen, lui-même affilié au Congrès juif mondial…

Mais, en fin de compte, face à tout cela, je m’interroge… Ne serais-je pas vraiment antisémite -sans en avoir moi-même conscience- puisque je critique Israël et ses crimes ?

Non, M. Kotek !

Critiquer la politique de l’État d’Israël qui, depuis plus d’un demi-siècle, viole le droit international et, régulièrement, massacre des civils en Palestine, ce n’est pas être antisémite.

Antisioniste ? Peut-être. Mais ni le Littré, ni le Larousse ou le Robert ne renvoie d’un terme à l’autre sous l’occurrence « synonyme » : l’antisionisme consiste à marquer son opposition à cette politique-là, que je viens d’évoquer. Et qui, en âme et conscience, pourrait-il soutenir une telle politique ?

N’est-il pas, d’ailleurs, que de nombreux Juifs eux-mêmes s’en indignent ? Mais « le Lobby qui n’existe pas » n’a pas hésité à les attaquer, eux aussi, voire à les accuser d’être des « antisémites ». Stéphane Hessel, par exemple ! Norman Finkelstein, Charles Enderlin, Olivia Zemor ou encore mes amis Eric Hazan et Jacob Cohen… Rien ne l’arrête, n’est-ce pas ?

Toujours cet amalgame, donc, par lequel ce « Lobby qui n’existe pas » essaie de faire taire, en collant l’hideuse étiquette de l’antisémitisme.

J’avais dénoncé cette pratique, en 2010, dans un article publié par L’Orient–Le Jour (Antisémitisme et antisionisme : les confusions et tabous de l’Occident). J’y dénonçais une fois de plus -et sans ambiguïté- l’antisémitisme et le racisme.

Mais, de cela, M. Kotek n’a pas fait état. Peut-être a-t-il estimé que le mentionner eût déforcé sa thèse à mon propos ?

Il n’est pas le premier à s’être essayé à cet exercice. D’autres avaient usé des mêmes amalgames, tel Manuel Abramowicz, dans Points Critiques, publication de l’Union des Progressistes juifs de Belgique, ou Claude Demelenne, ce journaliste islamophobe de l’hebdomadaire d’extrême-droite Ubu–Pan (M. Kotek est décidément en « bonne » compagnie !).

Et que dire des sites Philosémitisme et Juif.org, dont les propos haineux sont simplement incroyables ? Et dont je me suis souvent demandé comment leur référencement sur Google pouvait être aussi excellent… Que l’on entre dans un moteur de recherche le nom d’un de ceux qui y sont attaqués et ces sites apparaissent, arborant leurs titres suggestifs et infâmants, qui ruinent la réputation de leurs victimes.

Mais M. Kotek n’est pas au-dessus des lois qui, heureusement, protègent encore les honnêtes citoyens qu’il attaque. Et le voilà confronté à ce droit de réponse !

Mais attention : les années passant, l’opinion publique n’accepte plus ce terrorisme intellectuel. De plus en plus régulièrement –mais l’a-t-il seulement remarqué ?-, des voix s’élèvent, agacées, irritées, contre ces pressions.

Ainsi, par leur comportement, M. Kotek et ses pareils nous font courir à tous un terrible danger : s’ils n’y prennent garde, leur odieuse attitude pourrait bien nous mener à revivre cette haine tragique qui, en d’autres temps -et bien détestables-, a plongé nos sociétés européennes dans l’abjection la plus abominable.

Mais, cette fois, ce seraient eux –et eux seuls- qui en seraient comptables.

Pierre PICCININ

(« Pseudo-reporter » et, accessoirement, historien et politologue)

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Nous avons beaucoup hésité avant d’accepter un droit de réponse à Monsieur Piccinin. Notre courageux investigateur n’avait-il pas dévoilé Urbi et Orbi et ce, à la suite de Monsieur Dieudonné, notre formidable organisation à caractère pyramidal ?

C’est donc plein de doute et non sans appréhension que j’ai été amené à me rendre au Congrès annuel de nos Sages, réunis cette année-ci, à Pitchipoï. A ma grande surprise, une majorité des 14 Rabbins de la commission (contrôle) de la presse (mondiale) s’est dessinée en faveur du droit de réponse et ce, malgré l’opposition déclarée de ses membres francs-maçons, notamment du très distingué Maharal de Prague et de son élève Haïm Golemski, le célébrissime auteur du Triangle secret de Chelm.

Faute de place dans notre précédent éditorial, nous n’avons pu, en effet, évoquer le travail de sape anti-maçon de notre illustre confrère. On se rappellera, en effet, que dans la Libre Belgique du 22 juin 2010, dans une carte blanche au titre évocateur, « Qui veut la peau de l’Eglise ? », tout spécialement destinée à laver l’honneur de l’Eglise catholique belge bien injustement soupçonnée de vouloir couvrir des « cas de déviances sexuelles », notre courageux journaliste n’hésita pas à dénoncer les véritables commanditaires de la perquisition effectuée par le juge De Troy dans l’Archevêché Malines-Bruxelles : « Et ce n’est pas tout : selon certaines sources, le juge De Troy serait franc-maçon, membre de cette puissante association secrète qui ambitionnerait d’imposer ses propres valeurs au monde et aurait juré la perte de l’Eglise. Ceci expliquerait-il cela ? ». Notre valeureux Achéen, preux défenseur du Grand Occident, n’a décidément pas peur des Troyens.

Joël KOTEK

Directeur de publication de Regards

  

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