Le Premier ministre belge a rencontré ce matin le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, avant de se rendre au Mémorial Yad Vashem et d’y déposer une couronne. Il a ensuite rencontré son homologue palestinien Rami Hamdallah, en terminant sa visite à Ramallah par le dépôt d’une gerbe devant le mausolée de l’ancien leader palestinien Yasser Arafat. L’occasion de réagir à la loi très controversée sur les colonies votée la veille par la Knesset.
Alors que le Président palestinien Mahmoud Abbas, en visite à Paris, dénonçait une « agression » contre son peuple, à laquelle il s’opposerait « dans les institutions internationales » et que le représentant de l’ONU pour la paix entre Israéliens et Palestiniens estimait qu’une nouvelle loi israélienne adoptée en faveur des colons franchissait une « ligne rouge très épaisse » sur la voie d’une annexion de la Cisjordanie occupée, le Premier ministre belge a tenu lui aussi à réagir après le vote de la Knesset intervenu pendant sa mission en Israël-Palestine.
« Nous condamnons politiquement cette infraction au droit international. Ce n’est certainement pas un pas dans la bonne direction, bien au contraire. A nos yeux, cette loi est un recul dans une relance du processus de paix », a-t-il déclaré après avoir déposé une gerbe au nom de la Belgique devant le mausolée du leader palestinien Yasser Arafat. « C’est difficile d’intervenir à un moment où cette loi est votée, même si ce sont les hasards du calendrier. J’ai veillé via le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders à ce que nous ayons une concertation avec nos collègues européens pour que le message de l’Union européenne soit un message d’une seule voix et renforce ainsi son poids politique. Etre ici comme Premier ministre belge, c’est aussi porter la voix d’une majorité de pays européens qui pensent effectivement que le droit international doit être respecté et qu’on doit encourager tous les efforts pour renouer un dialogue afin de pouvoir relancer un processus de paix », a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, Charles Michel s’était longuement entretenu avec Benjamin Netanyahou, lequel souhaitait notamment l’entendre après le Sommet européen de Malte sur l’évolution des relations entre l’Europe et les Etats-Unis. Une rencontre qui a commencé par une déclaration des deux Premiers belge et israélien, chose plutôt rare.
Benjamin Netanyahou a insisté à cette occasion sur l’importance de la coopération dans le domaine économique, en particulier technologique, et la lutte contre le terrorisme, avant d’aborder brièvement le processus de paix en rappelant que la reconnaissance de l’Etat d’Israël par les Palestiniens est une première étape préalable à toute discussion. De son côté, le Premier ministre belge a réitéré sa volonté d’un « échange de vues ouvert ».
« Je suis venu ici sans parti pris », affirmait-il après avoir rencontré également son homologue palestinien Rami Hamdallah, à Ramallah. « Un dialogue constructif est nécessaire pour pouvoir identifier les points d’accord possibles et de désaccord et envisager comment trouver des solutions. Nous sommes amis de la Palestine et d’Israël depuis très longtemps, nous sommes donc en position de force pour un dialogue franc ». Avant de poursuivre : « J’ai constaté une bonne coopération en matière de sécurité en dans la West Bank, ce qui est un point important et positif à souligner, mais ce n’est pas suffisant. Il faut faire des pas en avant. Nous appelons vraiment à un dialogue pour que des négociations puissent reprendre aussi vite que possible ».
En fin de journée, Charles Michel devait rencontrer des acteurs de la société civile palestinienne au Consulat de Jérusalem. Parmi eux, Sari Nusseibeh, ancien président de l’université Al-Quds, représentant de l’OLP à Jérusalem en 2001, et partisan de la solution à deux Etats.
]]>