Charline et la sionicratie

L’une des caractéristiques de nos humoristes belges est de critiquer, non sans audace et brio, les hommes politiques… français. Il faut les entendre se moquer des socialistes français, de Hollande, de Macron et plus encore de Manuel Valls. On tremble littéralement à l’idée qu’ils en viennent un jour à critiquer un ministre PS belge. Nos gaillards excellent à ce point dans l’humour caustique que les Français se les ont appropriés.

Je songe évidemment au très talentueux Alex Vizorek (il est vraiment excellent !) et, à Charline Vanhoenacker qui, semaine après semaine, n’hésite pas à s’en prendre aux puissants de ce monde : à Sarkozy et à Trump évidemment, mais aussi au fauteur-de-guerres B-H-L. Rien ne lui échappe. Dans sa chronique du 14 novembre 2016 sur France-Inter, l’audacieuse chroniqueuse belge en vient même à dénoncer les infâmes projets sionistes des enfants de Donald Trump : « Les enfants de Trump doivent reprendre l’entreprise avec le conflit d’intérêts, ils pourront vendre des gratte-ciels au gouvernement israélien. Des immeubles luxueux à construire dans les territoires occupés, que le Président des Etats-Unis les aidera à occuper, et il leur enverra des Mexicains pour nettoyer les chiottes ».

 

Et vlan ! Quelle belle envolée scatologique que voilà. Et courageuse, qui plus est. Rares sont ceux, en effet, qui osent encore dénoncer le lobby sioniste. Sauf à Gaza, bien sûr, où un leader du Hamas, Mahmoud Al-Zahhar pour ne pas le nommer, s’est ingénié lui aussi, à dénoncer, le 9 novembre dernier, « la religion juive du Dollar », s’interrogeant même sur la judéité de Donald Trump. Sauf encore et évidemment à Moscou, où la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, une proche conseillère de Poutine, en vient, elle aussi, a suggérer, lors d’une émission-débat à la télévision, que c’était bien l’argent des Juifs qui avait joué un rôle-clé dans le triomphe de Trump, déclenchant des tonnerres d’applaudissements dans l’assistance. De Paris à Moscou, en passant par Gaza, le Roi sioniste-exploiteur-de-Mexicains est désormais bien nu.

De là, à craindre pour la sécurité de notre chroniqueuse, il n’y a qu’un pas qu’il faudrait sans doute franchir. La France de François Hollande n’offre pas, en effet, les mêmes garanties de sécurité que la Russie poutinienne ; demandez à Edward Snowden ce qu’il en pense. La dénonciation des manœuvres sionistes n’est pas sans péril. Il suffit de se rappeler du sort advenu, voilà près de 70 ans, à toute cette série de leaders européens qui s’étaient en leur temps ingéniés à dénoncer les manœuvres occultes et délétères des Sages de Sion. Certains ont été emprisonnés à vie, d’autres même pendus, sans oublier le suicide des uns, et non des moindres, et l’exil de bien d’autres, de l’Espagne à l’Argentine. Tout ne semble pas perdu pour autant, comme en témoignent les courriers de soutien adressés au médiateur de Radio France : « Je voudrais féliciter Charline Vanhoenacker pour son humour », écrit un certain Claude Denisse. « Je sais que le lobby raciste des soutiens français à Israël-Etat-colonial s’est bruyamment mobilisé contre un de ses billets. Les gens de ce lobby parviennent beaucoup trop à empêcher une information objective et une liberté d’expression essentielle à notre démocratie ». Voilà qui est dit.

Evidemment, des mauvaises langues rappelleront que les Juifs constituent le segment religieux le plus progressiste des Etats-Unis, qu’ils ont à nouveau majoritairement voté, à plus de 71%, pour le candidat démocrate. Et alors ? Tout le monde sait que les Juifs avancent précisément masqués ! D’autres objecteront encore que Trump s’est entouré de conseillers, osons-le mot, carrément antisémites. Et quand même ! Comment nier que la victoire des nazis aux élections de 1933 provoqua un incroyable boom immobilier à Tel-Aviv, sans apport mexicain, il est vrai !

Notre Charline serait-elle victime de préjugés d’un autre âge ? Que nenni si l’on en croit la réponse du Médiateur de Radio France, suite aux nombreuses demandes d’excuses : « Votre message », écrit Bruno Denaes, « évoquant une forme d’antisémitisme m’a étonné (…) A moins d’interpréter le fait que le mari d’une des filles Trump soit de religion juive, ce que j’ignorais, ainsi que Charline Vanhoenacker, comme (le) confirme l’explication que nous a donnée Patrick Cohen qui dirige le 7-9 : “Charline Vanhoenacker m’assure qu’elle s’est inspirée d’un long papier du Soir de Bruxelles ce week-end, qui montrait les accointances de Trump avec la droite israélienne et imaginait les conséquences géopolitiques de son élection“ ».

La lecture d’un journal aussi sérieux que Le Soir disculpe évidemment Mme Vanhoenacker de toute mauvaise intention. Bon sang ne saurait mentir. Mauvais sang aussi, comme en témoignent les amours contre nature des enfants Trump. C’est sûr qu’on ne pourrait imaginer les Clinton avoir un gendre juif, sans parler de Bernie Sanders, Woody Allen, Georges Soros, Kirk Douglas ou encore de Steven Spielberg, tous hostiles à Donald Trump. Les gendres juifs sont réservés aux promoteurs immobiliers véreux, bref aux Bad Guys. C’est sûr, si Adolf Hitler avait eu une fille, celle-ci aurait certainement épousé un Juif, promoteur immobilier et sioniste s’entend !  

]]>