Laquelle n’aura aucun impact puisque les Etats-Unis opposeront de toute façon leur veto à une éventuelle acceptation. L’affaire se transfèrera alors à l’Assemblée générale, où une majorité est d’ores et déjà disposée à voter en faveur des Palestiniens.
Restera à définir sur quoi précisément. Comme disait le Président Harry S. Truman : « Les diplomates cherchent des problèmes aux solutions ». Enfin, le bon côté, c’est que pendant qu’on discute, on ne se bat pas. Sauf que si.
En termes militaires, on appellerait cela une « guéguerre de basse intensité » : fin octobre, il y avait eu, comme si souvent, une flambée de violence entre Israël et la Bande de Gaza. Douze Palestiniens et un Israélien tués.
S’en était suivi un cessez-le-feu aussi informel que destiné à ne pas durer : d’un côté, on se réservait le droit de réagir « aux agressions israéliennes » et de l’autre, celui de « faire payer cher toute attaque palestinienne ».
Eh bien, voilà : toute la semaine passée, des Palestiniens ont tenté d’attaquer ou de poser des explosifs le long de la frontière entre la Bande de Gaza et l’Etat juif. Et Tsahal a riposté. Hier, une roquette Qassam a été lancée et l’armée de l’air a bombardé un « site terroriste ».
On parlait diplomatie un peu plus haut. Voici une conversation qui ne l’est guère, même si elle a un côté rassurant : nos dirigeants sont comme nous. Quand ils sont entre eux, ils règlent quelques comptes et se lancent des piques.
Ils s’informent aussi de qui couche avec qui et lequel a rompu avec l’autre. Politiquement, bien sûr. Et pour finir, ils disent du mal des absents. C’est à peu près la conversation qu’ont eue, ce 3 novembre 2011, Barack Obama et Nicolas Sarkozy lors du sommet du G20 à Cannes*.
Ce menteur de Netanyahou
La discussion était censée être privée, mais une sombre histoire de boîtiers de traduction a fait que les journalistes ont entendu les deux hommes parler du Moyen-Orient : Barack a gentiment fait savoir à Nicolas que ce n’était pas bien de voter pour l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO sans en parler d’abord aux copains.
On imagine que Nico a haussé les épaules d’un air contrit et, pour se faire pardonner, il a promis au Grand de demander aux Palestiniens de se calmer un peu, question adhésion à l’ONU.
Puis, ils sont passés à un sujet plus consensuel : la pauvre opinion qu’ils ont de l’actuel Premier ministre israélien. « Je ne peux plus le voir », a lancé Sarkozy, « c’est un menteur ». Et Obama a répliqué : « Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec tous les jours ! ».
Faute d’avoir la bande-son, on ignore si le Président américain en remettait une couche approbatrice ou s’il expliquait au président français que Benjamin Netanyahou était incontournable et qu’il fallait donc « faire avec ».
En tout cas, l’affirmation de Nicolas Sarkozy n’a suscité ni étonnement ni indignation chez Barack Obama. B. Netanyahou devrait se méfier : à la fin de son premier mandat (1996-1999), ses homologues considéraient aussi qu’il était un homme incompétent et sans parole.
A force d’entendre les dirigeants du monde le dire, on va finir par le croire. Et ce n’est guère rassurant alors qu’une crise grave avec l’Iran semble proche.
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