Se basant sur un rapport de l’Adva Center*, le site YNet** a publié un rapport dans lequel on découvre –sans étonnement- que depuis 20 ans, les gouvernements israéliens ont systématiquement attribué davantage de fonds publics aux colonies de Cisjordanie qu’aux villes situées en Israël.
Il faut savoir que les cités israéliennes se répartissent en trois catégories :
-Les villes du « Forum 15 », 15 cités (Tel-Aviv, Haïfa, Holon, Ra’anana…) où vit et/ou travaille la majorité des classes moyennes.
-Les « villes de développement » (27), installées dans des zones stratégiques pour être la « ceinture de défense » du pays et qui ont surtout accueilli les nouveaux immigrants, et d’abord ceux des pays arabes.
-Les agglomérations arabes, qui, après avoir longtemps été négligées, ont vu leurs subventions tripler ces deux dernières décennies.
Ce qui donne le classement suivant : Les habitants qui reçoivent le moins de subvention par an sont ceux des villes du « Forum 15 » : 360 € (chiffres de 2012). Suivent ceux des villes «de développement », les seules dont les subventions ont diminué en 20 ans : 403 €
Viennent ensuite les agglomérations arabes : 490 €. Qui reçoivent donc un peu plus du tiers de ce que l’Etat offre aux champions toutes catégories : les colonies de Cisjordanie : 1373 €. En creusant un peu, on notera encore que certains colons sont plus égaux que d’autres.
Les colonies ultra-orthodoxes reçoivent en effet 2,4 fois moins que les autres. Ce qui s’explique (en partie) par le fait que l’argent destiné à l’enseignement est directement versé aux différents réseaux haredi.
Autres chiffres du rapport : en deux décennies, la population d’Israël en général a augmenté de 60 %. Mais celle des colonies a crû, elle de 240 %…. Et, là encore, si on sépare les implantions ultra-orthodoxes des autres, on trouve un chiffre interpellant :
La population des colonies non-orthodoxes n’a augmenté que de 80 % mais celle des haredim de… 376 %. Tant qu’on est dans la démographie, notre ami Jacques Bendelac signale dans IsraelValley*** une petite guerre des chiffres entre le ministère de l’Intérieur israélien et le Bureau des Statistiques de Jérusalem.
En effet, voici deux jours, le 1er annonçait que la population israélienne s’élevait à 8.904.000 personnes. Autant dire qu’Israël dépasserait les 9 millions d’habitants en en 2015. Sauf que, au même moment, l’Institut de la Statistique en recensait 681.600 de moins.
Du coup la population de l’Etat juif n’était plus que de 8.223.000 personnes et n’atteindrait les 9 millions qu’en 2020. Explication : le Bureau des Statistiques ne compte que les résidents israéliens.
Par contre, le ministère de l’Intérieur comptabilise tous les citoyens israéliens, y compris ceux qui résident à l’étranger, soit 8% de la population… Une différence de calcul qui s’explique assez aisément si on se rappelle la stratégie des dirigeants actuels en Cisjordanie
Le gouvernement recense le plus grand nombre possible de citoyens juifs dans la perspective de l’Etat binational auquel mène sa politique de colonisation. Près de 700.00 personnes de plus, ce n’est pas rien Certes, ils ne sont pas là mais rien ne prouve qu’ils ne reviendront pas…
*Adva Center : organisation non partisane d’analyse politique basée à Tel Aviv dont l’objectif est d’étudier et venir en aide aux groupes défavorisés d’Israël.
**http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4568999,00.html
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