Juif de Varsovie, fils d’un éditeur de livres yiddish, Dawid Szymin étudie les techniques d’imprimerie à l’Académie de Leipzig, puis s’inscrit à la faculté des sciences de la Sorbonne. Contraint de gagner sa vie, Dawid devient photoreporter, signant ses images du pseudonyme « Chim », abréviation de la lecture phonétique polonaise de son nom de famille « Chimin ». Chim se lie d’amitié avec André Friedmann (alias Robert Capa) et Henri-Cartier Bresson. Devenu photographe attitré du magazine communiste Regards, il documente la vie des artisans, la condition ouvrière et la mobilisation antifasciste des années du Front populaire. Témoignant de la ferveur militante lors des grèves et occupations d’usines à Paris en 1936, ses photos engagées donnent un visage aux revendications et aux espoirs des masses populaires en lutte pour un monde meilleur.
Avec Robert Capa et Gerda Taro, Chim participe activement aux débuts de la Guerre d’Espagne, témoignant par ses images de la volonté de résistance du peuple espagnol. Image emblématique de la lutte pour la liberté et la démocratie, sa photographie la plus célèbre montre une mère allaitant son enfant dans un village d’Estrémadure, lors d’un meeting pour la réforme agraire. Chim nous livre une vision poignante et toujours actuelle des réalités humaines de la guerre, montrée sur le terrain, au quotidien : avec les ouvrières des usines d’armement de Barcelone; au Pays basque, parmi les combattants agenouillés écoutant la messe avant la bataille; avec les enfants, dans les abris souterrains de l’île de Minorque, sous les bombes de l’aviation fasciste. Concentré sur le sort des civils, le travail de Chim en Espagne documente les espoirs et les souffrances de tout un peuple, abandonné par les démocraties et condamné à périr dans un combat inégal, face au déferlement des armées franquistes.
Cofondateur de Magnum Photos
Après la défaite, Chim accompagne l’exode républicain au Mexique où il documente les réformes du gouvernement Cardenas, soucieux de réaliser les promesses de la révolution mexicaine. Surpris par l’invasion de la Pologne et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Chim reste à New York et crée un laboratoire photo. Devenu citoyen américain, il change de nom. Engagé dans l’armée américaine en 1942, David Seymour est interprète de photographies aériennes et contribue à la victoire alliée.
Dans Paris libéré, Chim retrouve Capa et Cartier-Bresson. La fin de la guerre est le moment de concrétiser leur vieux rêve : coopérative internationale de photographes, Magnum Photos naît en 1947. Co-fondateur de l’agence, Chim reprendsa carrière avec un reportage dans l’Allemagne en ruines. Les commandes se multiplient, parmi lesquelles son travail pour l’Unicef sur les conditions de vie des enfants en Pologne, Hongrie, Autriche, Italie et Grèce. Touché par la misère de ces victimes de la guerre, Chim saisit avec émotion la détresse de « Tereska », survivante d’un camp de concentration en Pologne et hantée par l’horreur d’un passé dont elle ne s’est pas libérée. Chim voyage beaucoup en Grèce et en Italie. Il publie un livre sur le Vatican, fait un reportage sur l’analphabétisme en Calabre, s’introduit dans le milieu artistique avec ses portraits de personnalités. A partir de 1951, il documente la construction d’une société nouvelle en Terre d’Israël.
Devenu président de Magnum après la mort de Capa en Indochine, Chim disparaît à son tour tragiquement à Port Saïd lors de « l’affaire de Suez », mitraillé par un soldat égyptien, le 10 novembre 1956, alors qu’il allait photographier un échange de prisonniers après la signature du cessez-le-feu.
Du 29 octobre 2010 au 27 février 2011 – Tous les jours sauf lundi 10h-17h
Musée Juif de Belgique, rue des Minimes 21, 1000 Bruxelles
Infos : 02/512.19.63
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Infos : 02/512.19.63