Nous célébrons cette année le centenaire de la Déclaration Balfour, du nom du ministre britannique des Affaires étrangères qui a informé le 2 novembre 1917 Lord Walter Rothschild que « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif (…) ».
Rarement une simple lettre aura eu des conséquences aussi importantes pour le destin du peuple juif. En effet, pour la première fois, une grande puissance reconnaît ses aspirations nationales. Cet anniversaire entre en résonnance avec d’autres dates clés de l’histoire d’Israël et du peuple juif, et étonnamment, elles se terminent toutes par le chiffre « 7 ».
Ainsi, il y a 120 ans, le 29 août 1897, s’est ouvert à Bâle le premier congrès du Mouvement sioniste. Orchestré par Theodor Herzl, l’objectif est de créer « un foyer pour le peuple juif ». Le terme « Etat » est soigneusement évité afin de ménager les puissances de l’époque, mais c’est bien de cela qu’il est question. Ses détracteurs ont beau le railler que tout cela se passe dans la salle de concert du casino d’une petite ville suisse, Herzl a réussi à inscrire le sionisme dans le débat public.
Dans son journal intime, Theodor Herzl a noté un propos prophétique à bien des égards : « A Bâle, j’ai créé l’Etat juif. Si je disais cela aujourd’hui publiquement, tout le monde me rirait au nez. Dans cinq ans peut-être, dans cinquante sûrement, tout le monde le verra ». Il ne s’est pas trompé. Le 29 novembre 1947, il y a 70 ans, le foyer national juif est reconnu par la Communauté internationale suite à l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies du plan de partage de la Palestine en deux Etats souverains. Six mois plus tard, l’Etat d’Israël est proclamé à Tel-Aviv alors que les combats font rage.
Une autre année pivot de cette chronique juive est 1967, lorsqu’Israël livre et remporte la plus brève et la plus éclatante de ses guerres. Ce 5 juin 2017, nous serons amenés à commémorer le 50e anniversaire de la guerre des Six Jours. Incontestablement, il y a bel et bien un « avant » et un « après » 1967. Pour la première fois, les Juifs de Belgique se sont exprimés publiquement en tant que Juifs, et ce en faveur d’Israël. On a assisté à des manifestations de soutien à Israël dans les rues de Bruxelles où des milliers de Juifs ont scandé « Israël vivra ». A l’initiative du CCLJ, un puissant mouvement de solidarité pour Israël est lancé. Des collectes d’argent et de sang sont organisées et des volontaires et du matériel médical sont envoyés en Israël. C’est dans les semaines angoissantes précédant le déclenchement de cette guerre que les Juifs de diaspora ont pris la mesure de la
signification d’Israël. Comme si à travers ce pays, c’est à nous, Juifs, qu’on en voulait. La solidarité a été immédiate et spontanée. L’attachement à Israël est devenu depuis lors un pilier identitaire puissant pour une écrasante majorité des Juifs de diaspora.
Il y a aussi un « avant » et un « après » 1967 dans l’affirmation nationale palestinienne, et le cinquantenaire de la guerre des Six Jours est aussi celui de l’occupation des territoires palestiniens par Israël. D’aucuns nous diront que ces territoires sont contestés. Il n’empêche, les Palestiniens qui y vivent sont occupés par Israël et les conséquences politiques, éthiques et démographiques de cette occupation sont désastreuses pour les Israéliens : l’isolement d’Israël sur la scène internationale, la corruption morale de la société israélienne, la remise en cause de ses fondements démocratiques et la transformation, à terme, de cet Etat juif en un Etat binational, où les Juifs deviendront minoritaires. Bref, la fin du rêve sioniste.
C’est aussi à partir de 1967 que la formule « paix contre territoire » apparaît pour la première fois. C’est ce qui nous mène à 1977, lorsqu’il y a 40 ans, le président égyptien Anouar El-Sadate se rend à Jérusalem pour proposer la paix à Israël sur base de cette formule. Ce voyage spectaculaire précède de quelques mois les accords de Camp David aboutissant en mars 1979 à la signature d’un traité de paix toujours en vigueur. Dans son combat pour la reconnaissance et pour la paix, Israël a remporté une bataille décisive que nous devons commémorer. C’est aussi dans le sillage de ces
accords que des négociations secrètes entre Israéliens et Palestiniens sont engagées, souvent avec le concours de dirigeants juifs européens comme David Susskind.
L’année 2017 sera donc riche en événements que le CCLJ organisera pour marquer chacune de ces dates et auxquelles Regards consacrera également des dossiers spéciaux. Autant d’occasions pour réaffirmer notre attachement à Israël : un Etat juif et démocratique vivant en paix avec ses voisins arabes et ne dominant par la force aucun autre peuple.
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